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Déclaration : Le PA.RE.N dénonce la danse de scalpe autour de l'article 37.

Le mardi 18 juin 1940 à 22h, suite à la percée militaire des forces hitlériennes jusqu'au c½ur de Paris et face à la demande d'armistice du nouveau chef du gouvernement, le Général de Gaulles prononce à Broadcasting House un discours sur les ondes de la BBC appelant la France a ne pas cesser le combat.

Aujourd'hui, l'appel du 18 juin constitue pour la France, le symbole de la résistance, l'acte fondateur de la France libre s'inscrivant dans l'histoire des valeurs républicaines.

Le Burkina n'est pas la France mais les causes semblent les mêmes. Autant que la France sous les assauts de l'Allemagne aux appétits gargantuesques, le Pays des Hommes Intègres est menacé sérieusement dans ses valeurs et son avenir. Si les évêques dans leur lettre épiscopale du 15 juillet ont dénoncé sans fioritures « la fracture sociale..., les mimétismes démocratiques ou des despotismes juridiques, des majorités fictives, des clanismes, des clientélismes et des corruptions financières », c'est que l'heure est grave. Force est de reconnaitre que de gros nuages s'amoncellent dans le ciel de notre pays depuis que nos élites dirigeantes ont décidé de s'encastrer dans un entêtement suicidaire de trahisons des valeurs cardinales qui fondent notre Faso en impliquant la chefferie coutumière et religieuse dans des instances comme le Senat pour les rendre comptables de leur gestion chaotique.

Les masques se sont lourdement écroulés au soir du 06 juillet 2013, lorsque le frère du président du Faso, a décidé de laisser parler son c½ur en s'attaquant non seulement frontalement à un article de la Constitution qui selon lui, « bloque quelqu'un » mais aussi en réaffirmant le maintien d'une institution qu'est le Senat contre la volonté du peuple conscient et responsable. On sait que la voix de Francois COMPAORE n'est pas loin de celle de son maitre surtout lorsque le maitre lui-même a laissé entendre sur les ondes de la TNB au lendemain du forum sur l'alternance, le 05 mai 2008 que « le débat sur l'alternance n'a pas une grande valeur pour lui ».

Cette chute du masque laisse apparaitre dans toute sa laideur les sinistres desseins d'une meute de prédateurs de la république aux habitudes indécrottables qui ont juré de mettre à mort la clause limitative du mandat présidentiel pour s'en nourrir indéfiniment. Or, c'est une évidence, dans le contexte démocratique actuel du Burkina, sauter le verrou de la limitation du mandat serait une prime absolue à la monarchisation du pouvoir. On s'échine à nous faire croire que l'arbitrage du peuple est le meilleur recours pour trancher la question, oubliant que ce même peuple, à l'exception de la première république, a toujours porté son choix sur la limitation du mandat présidentiel.

Si la voix du peuple était aussi sacrée, le Burkina n'allait pas être le premier pays de la sous région à assassiner la clause limitative du mandat présidentiel le 27 janvier 1997 par voie législative, soit cinq ans et quelque mois à peine après le referendum de juin 1991 consacrant le mandat limité.

Ce qui parait choquant, c'est la volonté de rompre un consensus politique après la mise en ½uvre des recommandations du collège des sages appelé en sapeur-pompier quand le régime vacillait tel un rônier sous l'effet de l'ouragan de la révolte du peuple consécutif au crime crapuleux de Sapouy de décembre 1998.Vouloir trahir un pacte sacré au gré de ses intérêts égoïstes, c'est se rendre indigne d'être dépositaire de l'Etat surtout quand on sait qu'un Etat fonctionne sur la base d'un consensus minimum sur les règles fondamentales du pays. Le conseiller Francois COMPAORE en débutant officiellement une danse de scalpe autour de l'article 37 qu'il accuse de bloquer quelqu'un qui n'est rien d'autres que son frère, fait un grave procès à l'Etat de droit fondé sur le respect de la règle de droit qui est censée être édictée de façon générale et impersonnelle. Si ce sont ces genres de conseils qui sont débités au palais de Kossyan, il ne serait pas provocateur de dire que notre pays est plongé dans l'obscurité.

Considérant que l'élite dirigeante a décidé délibérément de se tromper sur la marche de l'histoire de notre pays à travers une marche forcée vers la monarchisation du pouvoir ;

Considérant l'entêtement du régime à dilapider les maigres ressources du pays pour servir la cause des amis politiques en crise de légitimité au sein d'une institution abusivement appelée Senat ;

Le PAREN, en s'associant avec l'ensemble des partis politiques membres du Chef de File de l'Opposition, appelle le peuple à se mobiliser le 28 juillet 2013 à 8h à la place de la nation de Ouagadougou pour exprimer publiquement et de façon républicaine son refus à cette aventure périlleuse. Quand un Homme refuse, il doit dire non haut et fort. L'heure de la résistance a sonné et « quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas » pour paraphraser De Gaulle.

Tahirou BARRY
Président du PAREN.

Le Faso

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