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Syndicat-partis politiques : Tolé entre les lignes

C'était l'un des temps forts de la manifestation organisée par la coalition contre la vie chère, la CCVC, le 20 juillet 2013 à la place de la nation. A savoir le discours prononcé par son président, Tolé Sagnon. Moins d'une semaine après, les commentaires continuent d'affluer autour de cette sortie médiatique.

Le front syndical burkinabè serait-il divisé sur la question de l'alternance et plus spécifiquement concernant la mise en place du Sénat au Burkina ? Officiellement, la réponse est non, si l'on s'en tient à la trentaine de noms et de sigles qui ont signé la déclaration lue par le président de la CCVC, le samedi 20 juillet 2013 à la place de la nation.

Et c'est tant mieux pour l'unité syndicale burkinabè, devrait-on dire. Même si, comme le soulignait un responsable syndical un peu plus tard, une marche eut été selon lui, plus appropriée dans le contexte actuel.

Reste à présent à convaincre une partie de l'opinion quant aux mots choisis pour s'adresser à eux.

Volée de bois verts

On le sait désormais, Tolé Sagnon n'a pas été tendre avec les leaders de l'opposition dans son discours de meeting.

Car en dépit du fait que ces derniers avaient ouvertement appelé leurs militants à sortir pour renforcer la mobilisation du 20 juillet 2013, le patron de la CCVC leur a adressé une salve de formules qui n'ont rien d'amicales.

Fustigeant au passage aussi bien ceux-là qui, dit-il, découvrent les zones rouges de la capitale alors même qu'elles existent depuis longtemps, il n'a pas non plus épargné les dirigeants actuels du pays. « Eux qui découvrent les vertus de la marche, eux qui regardaient avec mépris les marches que nous organisions et qui nous conseillaient de marcher et même de courir » ajoutera-t-il, manifestement remonté.

Encore le Sénat

Sur le Sénat, il n'a donné à aucun moment de son intervention, l'impression de soutenir l'opposition dans son bras de fer avec le pouvoir : « C'est pourquoi dira-t-il, camarades, le processus actuel de mise en place du sénat, les velléités de révision de l'article 37 malgré leur actualité et leur importance, ne doivent pas figer toute l'attention du peuple burkinabè ! La plus grande vigilance doit être observée ». D'où cette invite à ne pas s'en tenir à des questions de personnes à tête du pays.

Pour cet autre militant rencontré, les ranc½urs du passé n'y seraient pas étrangères. Car mal digérées. Et bien de gens ont, semble-t-il, encore en mémoire les trahisons qui ont fini par mettre le « Collectif » sur cale, aux lendemains de l'assassinat du journaliste Norbert Zongo.

En renvoyant dos-à-dos pouvoir et opposition, le président de la CCVC cherche sans aucun doute à rester à équidistance des chapelles politiques. A Et au besoin à conserver sa marge de man½uvre par rapport aux différents courants actuels. A défaut sans doute de ne pouvoir obtenir l'acceptation des candidatures indépendantes aux élections municipales et législatives comme ils le souhaitent.

Mais jusqu'où pourra-t-il tenir une telle position, à un moment où des leaders syndicaux auraient, dit-on, donné leur accord pour siéger dans le futur Sénat ? Difficile assurément...

Juvénal Somé

Lefaso.net

Le Faso

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