mis à jour le

Baisse de vigilance meurtrière

L'hécatombe. Depuis le début du Ramadhan, 98 personnes ont trouvé la mort, dans 138 accidents de la circulation, qui ont aussi fait plus de 1600 blessés. Soit en seulement 13 jours, du 10 au 22 juillet, selon la Protection civile. Si la route tue tout au long de l'année, elle redouble de «dangerosité» durant le mois sacré. «Statistiquement, il y a effectivement une augmentation significative des accidents de la route durant le mois de Ramadhan. Et cette tendance s'exprime aussi bien dans le nombre que dans la gravité des dommages», explique le commandant Farouk Achour, directeur de l'information au sein de la direction générale de la Protection civile. La journée la plus meurtrière du Ramadhan de cette année a été le deuxième jour de jeûne, avec un bilan de 18 morts. «On enregistre généralement le plus de sinistres durant les dix premiers jours de jeûne, pour assister à une certaine accalmie par la suite», commente le commandant Achour. Si le nombre d'accidents mortels est de 138, le bilan total fait état de quelque 1300 accrochages «mineurs». De même, il a été constaté, à l'intérieur des agglomérations, une recrudescence du nombre de personnes heurtées par des véhicules. «Les accidents les plus graves sont majoritairement des collisions frontales. De même, on a constaté qu'il y a une répartition horaire assez significative : ils sont arrivés le plus souvent juste avant ou après l'heure du f'tour», analyse-t-il. Et si, en temps normal, les Algériens sont considérés comme des «fous du volant», durant le carême, c'est la «débandade». «Tout le monde va vite et prend des risques pour ne pas rater le f'tour, ce qui induit une diminution de la maîtrise du véhicule, surtout lorsque l'on est fatigué», insiste le commandant. «Mais il y a une conjugaison de plusieurs facteurs. Les longues heures de jeûne et le manque de sommeil affectent les conducteurs, qui n'ont plus la même lucidité, la même concentration et la même efficacité dans leurs réflexes ou leur temps de réaction», souligne le commandant. Quand la fatigue équivaut à l'ébriété «En dehors du Ramadhan, 30% des accidents sur les autoroutes sont dus à la somnolence au volant. Durant le mois du carême, on veille et accumule un manque de sommeil plus important, qui a donc un impact plus que significatif sur leur conduite», expose l'expert Mohamed Lazouni. Il a ainsi été calculé qu'une personne qui cumule 17 heures de veille et qui prend le volant, conduit dans un état proche de l'ébriété, qui équivaudrait à avoir 0,50 g d'alcool dans le sang. «Il y a aussi la monotonie des autoroutes qui provoque une somnolence. Conjugué à, par exemple, l'horloge biologique de l'organisme, qui sécrète de la mélatonine, cela provoque des micro-sommeil, de quelques secondes», explique M. Lazouni. Un endormissement d'une seconde ne semble pas «énorme». Seulement, il faut savoir qu'une voiture lancée à 120 km/h parcourt, en l'espace d'une seconde, près de 36 mètres. Ce qui est suffisant pour perdre le contrôle de son véhicule et provoquer une catastrophe. «Si j'ai un conseil à donner aux citoyens, c'est, après deux heures de route, ou quand ils sont engourdis, de descendre de leur voiture et faire quelques pas. De même, s'arranger pour ne pas être seuls, pour discuter et éviter les somnolences. Seulement, l'accompagnateur doit se taire lorsque le conducteur doit se concentrer quand il double par exemple», énumère-t-il. Mais la chose la plus importante, selon lui, est de réduire sa vitesse et être plus prudent, quand on se sait fatigué. M. Lazouni de conclure : «Il est préférable d'arriver en retard à table que de ne pas arriver du tout.»

El Watan

Ses derniers articles: Programme AADL 2 : les résultats communiqués  Tizi Ouzou : Les retraités de l‘ANP s’organisent  Sellal : Les visites de terrain n'ont rien