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Indice des prix : l’INS trompe l’opinion

Le Centre tunisien de veille et d’intelligence économique (CTVIE), relevant de l’IACE précise que «L’inflation reflétée par l’indice des prix à la consommation ( IPC ) , publié par l’Institut National de la Statistique ( INS ) , traduit mal l’inflation ressentie par les ménages tunisiens « 
En effet, fait-il valoir, « lorsque l’inflation porte sur les produits et services utilisés quotidiennement ou fréquemment par le consommateur (nourriture, tabac, éducation), celui-ci perçoit de façon trés nette son impact alors qu’elle sera trés faiblement traduite au niveau de l’indicateur agrégé de l’inflation ».
Selon une étude sur «l’inflation réelle, l’inflation perçue : où est le biais», réalisée par le CTVIE, « il semble que le problème en matière de l’inflation n’est pas un problème de régulation et de ciblage mais plutôt un problème de mesure.
L’indice des prix à la consommation (IPC) semble ne pas refléter la réalité de l’inflation ».

L’inflation touche tous les secteurs

Pour le CTVIE, «l’inflation a un impact non seulement sur le panier de la ménagère mais aussi sur l’entreprise, puisqu’elle l’affaiblit en leur donnant l’illusion de réaliser des profits, elle fausse l’estimation de leur valeur patrimoniale et elle nourri l’instabilité sociale».
Malgré les mesures entreprises par le gouvernement, a souligné le document, « la perception de l’inflation est une vérité et la poursuite des tensions inflationnistes mesurées par l’IPC reste probable pour les prochains mois».
«Les tunisiens ressentent de plus en plus le décalage entre l’évolution des prix annoncés et la réalité », a précisé le document, prônant de mettre en place un véritable indice du coût de la vie afin de parvenir à cerner et à cibler l’inflation.
Cet indice reposera sur une évaluation du coût moyen des dépenses de consommation des ménages, tout en incluant la variation des quantités consommées.
Il s’agit de prendre en considération, la composition de l’IPC et les changements comportementaux des consommateurs.

En fait, d’après l’étude, l’IPC présente plusieurs limites, notamment au niveau de sa construction qui ne prend pas en considération l’évolution de la qualité des biens, ni le changement des goûts des consommateurs ou les fluctuations du cours de change.

La hausse du taux de l’inflation en Tunisie (6,4% au mois de juin 2013), s’explique, d’après l’étude, par la multiplication des réseaux de la contrebande, le déséquilibre entre l’offre et la demande, l’absence de contrôle économique et l’inflation importée (causée principalement par la hausse des prix des biens importés).
«La dépréciation du dinar vis-à-vis du dollar et de l’euro a généré mécaniquement de l’inflation qui s’est accéléré suite à la baisse de nos réserves de change.
Cette dépréciation du taux de change affecte fortement la facture énergétique et alimentaire qui risque de peser sur le budget de l’état (directement par les dépenses de fonctionnement et indirectement aux travers de la caisse compensation)» a précisé le document.
Autre facteur engendrant l’inflation, le coût élevé de la production, qui entraîne l’augmentation des prix de vente de nombreux produits.
Partant, l’étude a recommandé de se référer à plusieurs indicateurs de prix à la consommation qui tiendraient compte des disparités régionales et des inégalités sociales. « Un IPC fondé sur le panier du consommateur moyen reflète mal l’inflation ressentie par la population.
Vu la forte disparité régionales et les inégalités sociales, on ne peut parler d’un indice de l’inflation mais de plusieurs indices d’inflation qui inclueraient : un indice de prix pour les ménages pauvres, un indice de prix par région et un indice du panier de la ménagère.
Par ailleurs, le CTVIE a appelé à prendre en considération les mutations que subissent les habitudes des consommateurs, ainsi que l’apparition de nouveaux produits et services, qui ne sont pas pris en considération par la méthode actuelle de calcul de l’IPC.
Finalement, l’IACE a annoncé, le lancement d’un simulateur d’inflation personnalisé sur son site web, lequel permettra à chacun en fonction de sa propre consommation, d’évaluer l’inflation qu’il subit.

l'Organisation de Défense du Consommateur partage la même analyse

Rappelons à ce sujet que l'Organisation de Défense du Consommateur ( ODC ) a émis, le 17 juillet , des réserves vis-à-vis des statistiques publiées, récemment, par l'Institut National de la Statistique  ( INS ), portant sur la hausse de la consommation du tunisien, au cours du mois de Ramadan, de certains produits alimentaires, tels que les viandes rouges et les dérivés du lait.

L'ODC a précisé, dans un communiqué publié mercredi 17 juin , que « ces statistiques ne reflètent pas la difficulté du vécu de la plupart des consommateurs, et particulièrement la classes moyenne et celle démunie, étant donné que le pouvoir d'achat a régressé de plus de 20%, en 2 ans et demi, à cause de l'accroissement de l'inflation et de l'indice général à la consommation familiale ».
D'après l'organisation, l'augmentation des prix et l'aggravation de l'inflation résultent de la défaillance des mécanismes du marché, plutôt que d'une frénesie d'achats.

Tunisie Focus

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