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MBDHP France : « L'espoir est permis, mais le pire n'est pas loin »

Organisation de défense des droits de l'homme, la section France du MBHDP entend jouer son rôle dans la défense des droits des Burkinabè vivant en France, mais aussi contribuer à apaiser le climat socio-politique de plus en plus délétère au pays natal

Au-delà des divergences idéologiques, politiques et philosophiques des uns et des autres, n'est-il pas possible de se retrouver autour d'un socle commun pour mener des actions allant dans le sens du renforcement de la démocratie et du respect des droits de l'homme dans notre pays ? C'est en substance, la question à laquelle le Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples (MBDHP), Section France, avait convié ses militants et sympathisants au cours d'une Journée de réflexion organisée le 13 juillet dernier à Paris.

Prévue à 10h, c'est finalement avec plus d'une heure de retard que la réunion a commencé, les Parisiens ayant réussi l'exploit d'arriver bien après les provinciaux, venus de Bordeaux, Nancy et Tours.

Ouvrant les débats, le président de la section France, Didier Ouédraogo a décliné les objectifs de la rencontre qui n'est pas, précise t-il, « une assemblée générale », avant de faire le point sur les activités de la section. Il a rappelé que le MBDHP dont le siège est à Ouagadougou, est présent dans les 45 provinces du pays et dispose de trois sections à l'étranger, Côte d'Ivoire, Sénégal et France. Sa vision, a-t-il insisté, traduite dans ses statuts et ses programmes d'action, se décline dans des activités de formation, d'interpellation, de dénonciation et de coopération visant à promouvoir et défendre les droits humains au Burkina, en Afrique et dans le monde.

En tant qu'organisation de la société civile, son rôle est de mobiliser ses membres et toutes les bonnes volontés ½uvrant au respect des principes démocratiques et des droits politiques et civiques.

Grâce au soutien financier du MBDHP Burkina, la section France a pu participer à des séances de travaux au pays, « occasion pour nous de faire connaitre la situation des droits de l'homme en France et au sein de la communauté burkinabè de France, notamment sur les questions migratoires et de xénophobie ». A sa suite, le président du Comité d'Aquitaine du MBDHP, Dragoss Ouédraogo a brossé les actions menées dans la région. « Pour plus d'efficacité, nous faisons partie d'un réseau d'associations, à l'image du Collectif de solidarité internationale sur l'Afrique », a t-il expliqué. Le 1er mai dernier, le MBDHP a ainsi participé, aux côtés d'autres associations, à des manifestations et débats sur les problématiques migratoires, les législations européennes sur l'immigration de plus en plus draconiennes, la surexploitation économiques des sans-papiers et ces milliers de jeunes africains désespérés qui meurent dans l'Océan à la recherche d'un meilleur avenir. A l'occasion de ces manifestations, la parole a été donnée aux Anciens pour qu'ils racontent leur parcours et apportent des témoignages sur leur récit de vie. « Souvent, leurs propres enfants ignorent les combats qu'ils ont menés pour trouver leur place dans la société » explique Dragoss Ouédraogo. Edifié par la richesse des témoignages, il a décidé d'en faire un film. Dans la région Aquitaine, le Comité MBDHP est aussi régulièrement sollicité pour animer des conférences sur des sujets d'actualité, comme le cas du Mali actuellement.

Les débats qui se sont déroulés toute la journée ont porté pour l'essentiel sur le climat socio-politique de plus en plus délétère au Burkina. Quelle peut être la contribution des Burkinabè de France pour éviter que notre pays ne bascule dans la violence d'ici 2015 et que « nos compatriotes ne se retrouvent avec des baluchons sur les routes comme ce qu'on a connu récemment dans les pays voisins ? », interroge, inquiet, un participant. Dans un contexte où les passions risquent d'emporter sur la raison, l'horizon 2015 est un tournant qui peut être bon ou mauvais, et chacun doit assumer ouvertement ses responsabilités, les silences étant aussi une prise de position.

Mais régulièrement suspecté d'être le Cheval de Troie d'un parti clandestin, le Parti communiste révolutionnaire voltaïque (PCRV) pour ne pas le nommer, le MBDHP peut-il jouer le rôle de rassembleur dans la quête du socle commun, ce qui nous unit au-delà de nos différences ? « Les militants du MBDHP ne sont pas une bande à part comme certains nous décrivent ; le mouvement reste constant dans la défense des droits de l'homme et c'est ce qui dérange », répond Ardiouma Sirima, secrétaire général de la section France. Il a rappelé qu'en 89-90, le MBDHP a contribué, par le biais de ses représentants comme Halidou Ouédraogo ou le regretté Aimé Nikièma, à la rédaction de la constitution de la quatrième république. « Nous l'avons fait aux côtés d'organisations et de partis politiques avec lesquels nous avons des divergences fondamentales, mais ensemble, nous avons fait campagne pour le oui au référendum de 1991 », a-t-il ajouté. « Aujourd'hui, nous sommes dans le même cas de figure qu'en 89-90, et il s'agit d'agir ensemble pour éviter que le pire n'arrive. L'enjeu actuel n'est pas de s'aligner derrière un camp, mais de chercher à sauver à tout prix ce qui permet aux Burkinabè de continuer à vivre ensemble autour d'intérêts supérieurs communs. Il ne faut pas se voiler la face. Pour 2015, l'espoir est permis, mais le pire n'est pas loin », a-t-il poursuivi

A la fin de la Journée de réflexion, les participants ont fait le serment de s'opposer à ceux qui travaillent à faire des Burkinabè une foule et non un peuple, prête à commettre le pire au profit des intérêts de parti ou clan, au détriment de ses propres intérêts fondamentaux. Ils ont réaffirmés leur attachement au respect strict de la loi fondamentale et affiché leur détermination à faire en sorte que les Burkinabè de France puissent exercer leur droit de vote à la prochaine présidentielle.

Avant de ses séparer, ils ont esquissé, à l'attention de la communauté burkinabè de France, trois axes de travail visant à :

- Agir pour une citoyenneté pleine et entière des Burkinabè de France. Dans cette optique, le droit de vote sera inscrit dans une démarche globale visant à faire reconnaitre et prendre en compte par les autorités, les diverses contributions des Burkinabè de France à la vie politique, économique, sociale, culturelle et intellectuelle du pays
- Agir pour un nouveau contrat de gestion des flux migratoires entre la France et le Burkina. Le MBDHP entend s'impliquer davantage sur l'épineux dossier des Sans-papiers, mais aussi sur la gestion scandaleuse des visas d'entrée en France, l'abandon par l'Etat burkinabè et français des étudiants en fin d'études et les promesses toujours attendues d'une véritable politique de co-développement
- Agir pour raffermir le sentiment patriotique des Burkinabè de France et faire grandir auprès des amis l'amour du Burkina Faso.

Autour d'un verre de l'amitié, les participants ont pris l'engament de se retrouver bientôt pour donner une suite aux conclusions de leur rencontre.

Joachim Vokouma, Lefaso.net (France)

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