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Un mois sacré à multiples facettes

Vie transformée, horaires différents, restaurants fermés, une ville où tout fonctionne au ralenti… La fameuse période du Ramadan pose toujours question pour les touristes non-musulmans. Petit panorama des habitudes ramadanesques par une française qui a découvert le mot “f’tour” il y a deux semaines.

“Entre découverte de coutumes, d’un art de vivre, et la difficulté de trouver un endroit ouvert pour déjeuner le midi” : c’est la formule la plus récurrente que l’on trouve dans les guides touristiques, au chapitre “Voyager pendant le Ramadan”. Les forums regorgent d’impressions plus contradictoires les unes que les autres, certaines faisant état d’un véritable malaise à se trouver dans un pays musulman pendant le mois de jeûne, d’autres racontant cette période comme une expérience merveilleuse. Il y a une part de vérité dans chacun de ces avis : le premier mot avec lequel je pourrais qualifier le mois de Ramadan, c’est en effet “contradictoire”.

 

Entre modération et excès

En première position, le phénomène de “fièvre acheteuse” que l’on peut observer dans les marchés ou grandes surfaces détonne avec la modération dont il est bon de faire usage en ce mois sacré. Les caddies pleins à craquer donnent un aperçu des festins du soir, laissant apercevoir l’obligation tacite de faire dans le faste et l’abondance. La contradiction, c’est aussi voir les marocains observer méticuleusement le jeûne, sans voir personne déroger à la règle ; puis se rendre au McDonald’s et y constater l’abondance et l’excès de marocains qui ne jeûnent pas, d’européens et d’enfants que l’on amène ici pour se défouler. Le tourisme est lui aussi un facteur à prendre en compte. Si le nombre de visites diminue pendant le Ramadan, il est tout de même possible de voir des touristes se désaltérer en face de marocains, assis à des tables vide, cherchant un peu de fraîcheur sous les parasols en attendant l’heure du f’tour. Cet ensemble de situations cocasses est aussi nouveau pour moi que lorsqu’on me demande mon passeport pour pouvoir manger dans un fast-food.

 

La culpabilité est évidemment inévitable pour un non-musulman en voyant les marocains souffrir de privations alors que sur le principe, rien ne nous empêche, nous non-musulmans, de boire, manger ou fumer toute la journée. Cette culpabilité disparaît bien vite quand arrive l’heure du f’tour et les généreuses invitations à partager la table des voisins. “Quoiqu’il en soit, cette période, qui accueille beaucoup moins de touristes qu’en temps normal, est l’occasion de découvrir ou de mieux connaître la culture musulmane et pourquoi pas, d’y prendre part autour d’une grande tablée !”, conclut le Guide du Routard. Il n’a pas tort, c’est bien le moment de la journée que je préfère…

 

Marlène Alibert

sacré

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