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Les quartiers de Constantine à sécuriser

Après la condamnation unanime du crime abject, l'approbation de la sentence prononcée contre les auteurs reconnus coupables de l'assassinat des enfants Haroun et Brahim est unanime. La peine capitale décidée dimanche par le tribunal criminel près la cour de Constantine est sans appel auprès de la population constantinoise qui se remet mal du séisme émotif provoqué en mars dernier par l'acte abominable. Le sujet, et malgré le secret entourant la date du procès (annoncé à peine 24 heures avant), s'est vite emparé de l'actualité locale, monopolisant toutes les discussions et (re) déchaînant les passions. Un avis partagé : la peine capitale retenue contre «Mamine» et «Catastrophe» est méritée. Soulagement partout. Le même «mais» revient cependant chez ceux que nous avons interrogés. «Ils méritent plus que ça. Ils devraient les pondre à la sortie du tribunal, en public», estime Aziz, propriétaire d'un kiosque de tabac-journaux à la cité Boussouf. «Mais malheureusement, l'Etat ne va pas jusqu'au bout. La peine n'est jamais exécutée et les condamnés restent en prison, ce qui n'est pas fait pour repousser les criminels», regrette Aziz qui cite un verset coranique louant les bienfaits dissuasifs du «qassas».  Sur l'application de la peine de mort, l'Algérien moyen a désormais une opinion grâce à cette affaire. Une opinion motivée par la passion plus que la raison. La loi du talion est la seule réponse contre les monstres qui s'attaquent aux enfants, pense-t-on. D'ailleurs, le regret est général chez la population qui a en tête le report du châtiment prononcé contre le tueur du jeune Yasser, un autre enfant assassiné quelques années auparavant au Khroub, dans les mêmes circonstances. «Le verdict n'a pas de sens s'il n'est pas appliqué», déclare Hacen R., un quadragénaire habitant la ville nouvelle Ali Mendjeli. «Ils auraient dû condamner le troisième inculpé à la peine capitale aussi au lieu de lui infliger 10 ans de prison seulement», renchérit Yacine Y. qui lui habite les tours de l'AADL. L'absence de répression à l'encontre des délinquants et des criminels constitue l'obsession publique n°1. D'où la revendication d'une exécution publique des deux criminels afin d'en faire un exemple dissuasif à l'adresse des milliers de «Mamine» et «Catastrophe» qui peuplent les cités et ont pris le pouvoir dans la rue. «Il ne faut pas que ça s'arrête là, pense Yacine, la loi qui condamne les criminels qui s'en prennent aux enfants doit être sévère, sinon le drame va se reproduire.» Depuis ces jours macabres du mois de mars, la vie est devenue encore plus angoissante, faite de méfiance et d'animosité. «Je ne fais confiance ni à l'Etat ni aux voisins», proclame Yacine. «On se bagarre ma femme et moi qui a toujours peur et refuse de laisser notre enfant de six ans sortir jouer avec ses amis», ajoute-t-il. Une ville déshumanisante La terreur est partagée par Hacen : «Nos enfants sont encore traumatisés par ce qui est arrivé à Haroun et Brahim. Ils ont du mal à oublier.» La mort atroce de Brahim et Haroun est venue souligner au rouge ce qu'était devenue la vie dans nos quartiers. Ali Mendjeli est un coupe-gorge métropolitain. Un laboratoire de la délinquance débridée. Un fiasco sidéral des politiques d'urbanisme, de construction et de peuplement, commis par les gouvernements successifs depuis 2000.  Deux commissariats pour une population qui dépasse largement les 100 000 habitants ! Faute de pouvoir mater les voyous, les policiers sont devenus leurs amis. «Rien n'a changé à la ville nouvelle si ce n'est l'éclairage public sur le boulevard principal et l'annonce de la création d'un commissariat dans le quartier. Le laisser- aller est total, l'Etat est toujours absent», nous apprend Yacine. Pour Hacen : «Ali Mendjeli est une catastrophe, la planification est au degré zéro. Elles [les autorités] ont créé des cités dans l'urgence et ensuite elles ont laissé les habitants se débrouiller entre eux. Mais entre les gens de la classe moyenne et ceux venus des bidonvilles, la régulation est presque impossible, les voyous ont pris le pouvoir et font la loi, impunément, la violence est banalisée.» Il a fallu plus de 10 ans pour que l'Etat se rende compte de son échec. Le ministre de la Ville, Amara Benyounes et après lui, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ont tous deux reconnu l'aberration que constitue Ali Mendjeli. La violence qui fait le quotidien de cette ville et le crime contre les deux enfants ne sont que la conséquence de cette incapacité à créer des lieux pour une vie conviviale, humaine. Nadia Loujratni, députée RND pour Constantine, approuve, elle aussi, le verdict et pense qu'à l'avenir, les criminels potentiels réfléchiront deux fois avant de commettre un tel forfait. Positivant la réaction du gouvernement, elle annonce qu'il y aura du nouveau pour les habitants de la nouvelle ville avec la création de plusieurs commissariats et d'espaces de jeux et de convivialité. Le ministre de l'Intérieur, lui a même promis, souligne Loujratni, qu'un décret est en préparation pour doter Ali Mendjeli d'un statut de commune pour lui permettre une meilleure gestion. Fallait-il attendre 15 ans et plusieurs morts pour se réveiller ?

El Watan

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