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Le Sénégal sous Macky Sall : La descente aux enfers (Par Pape SAMB)

Quand, au soir de l'élimination des Lions du Sénégal par les Scorpions de la Gambie, privant aux 1/4 de finalistes du Mondial 2002 une qualification au second tour des éliminatoires combinées à la Can et à la Coupe du monde 2010, Monsieur Maodo Malick Mbaye, leader de «Généra­tion consciente/Gëm sa bopp» avait réclamé à cor et à cri la tête du Président Abdoulaye Wade, il ne s'imaginait pas à un juste retour des choses, trois années après, au détriment de son «bienfaiteur», le Prési­dent Macky Sall, qui l'a «récompensé» en le portant à la tête de la fantomatique et inutile agence du nom de «Anamo».

Pour rappel, ayant intervenu sur les ondes d'une radio privée après le match pour donner son avis sur la rencontre, l'inénarrable Mbayène, comme un mauvais élève, avait fait hors sujet.
En effet, attendu pour faire une analyse technico-tactique du match, M. Mbaye a estimé que, plus que l'Equipe nationale de l'époque, qui avait, à l'occasion de ce match décisif, fait appel aux «vieillards» Khalilou Fadiga et Salif Diao, lesquels se sont essoufflés au bout de... 15 minutes de jeu seulement face à de jeunes et virevoltants gambiens, le mal était... au sommet de l'Etat.
Aussi, avait-il tout simplement appelé à changer l'équipe à la tête du pays, à commencer par le Président Abdoulaye Wade. Motus et bouche cousue sur la prestation des Lions du football.

Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Aujourd'hui, ce n'est pas à une Coupe d'Afrique des Nations ou à une Coupe de Monde que le Sénégal est éliminé, mais bien à... un Championnat d'Afrique des Nations. La cour des petits quoi ! Qui plus est, par... la Mauritanie (170ème au classement Fifa là où le Sénégal pointe au 72ème rang) qui a toujours baissé pavillon face aux Lions.
Question à Maodo Malick Mbaye : «Devra-t-on changer aujourd'hui aussi l'équipe à la tête du pays, à commencer par le Président Macky Sall ?»

Toujours est-il que l'Histoire retiendra que, pour la première fois dans l'histoire du football, la Mau­ritanie se qualifie à une phase finale d'une compétition majeure. Pour la première fois dans l'histoire du football, une sélection mauritanienne bat le Sénégal.

Retenons qu'il a fallu que le Président Macky Sall arrive au pouvoir pour que tout cela se produise.
Ce qui fait le plus mal dans cette sortie peu honorable et par la petite porte de la compétition, c'est que les Lions n'ont pas seulement été dominés dans tous les compartiments du jeu, battus et éliminés par plus forts qu'eux. Ils ont aussi été humiliés et tournés en bourrique pendant tout le match. Quelle honte !

Pourtant, à y voir de plus près, cela n'est guère surprenant si l'on en juge par le contexte général qui entoure la prestation de cette Equipe nationale du Sénégal.

Cette contre-performance est à l'image du pays, depuis l'avènement du Président Macky Sall, plus préoccupé à s'acharner sur l'ancien régime et à promouvoir ses proches (la dynastie des Sall-Faye) qu'à s'occuper sérieusement des problèmes du Sénégal.

Quand l'acharnement et le harcèlement contre le Président Abdou­laye Wade se poursuivent jusque chez Marianne, à travers la demande de fermeture de ses comptes bancaires ainsi que ceux de sa famille et de l'ex-Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, par la Société générale et la Bnp, le Président Macky Sall n'honore pas son rang, plus soucieux qu'il est de solder de vieux comptes politiques que de servir le Sénégal.

C'est trop facile maintenant, après avoir accompli son forfait, de revenir feindre la compassion et la consternation en essayant de faire gober aux Sénégalais le mensonge éhonté d'«instructions présidentielles» pour diligenter l'affaire en vue de la réouverture des comptes de Wade & Cie alors que c'est lui, Macky Sall, revanchard à souhait, qui a tout manigancé. C'est lui qui est à l'origine de, et derrière tout ce charivari qui ne grandit point l'autorité qu'il est sensé représenter, incarner et symboliser : la 1ère institution de l'Etat du Sénégal.

Comme dirait la sagesse populaire wolof : «Rayla ba noppi jaale la» (Te présenter ses condoléances après t'avoir tué). En matière de cynisme, c'est difficile de faire mieux. Pour­tant, au regard de son statut d'ancien chef de l'Etat, le Président Wade aurait dû bénéficier d'un traitement spécial et digne de son rang, conformément à la loi.

On aura tout vu pendant les 16 mois de pouvoir du Président Macky Sall : un Premier ministre blanchisseur d'argent sale, un ministre renégat, un ministre-musicien qui fait du «khar matt» aux sons de «bégué», une fausse députée (la resquilleuse Aminata Guèye), un assassin autoproclamé qu'on fait sortir de prison pour l'investir et le faire élire député à l'Assemblée nationale, des cafouil­lages gouvernementaux à la pelle (pas moins de 4 communiqués pour un seul et même Conseil des ministres, cacophonie au sommet de l'Etat au sujet de la médiation pénale), etc. C'est la totale quoi !
Prônant la «gouvernance sobre et vertueuse», qui serait «encore théorique jusqu'à ce jour» (le Forum civil dixit), le Président Macky Sall a inauguré, le lundi 1er juillet 2013, l'ère des meetings... au Palais présidentiel qui, à l'occasion, a été transformé en marché Sandaga.

En matière de gabegie, il faut emprunter à Pape Diop, leader de la «Convergence démocratique Bokk guis-guis» la phrase qui résume tout : «Au sujet des emprunts obligataires, Macky en est à 6 en 18 mois contre 4 pour Wade en 12 ans.» Des emprunts obligataires qui sont en passe d'hypothéquer l'avenir des Sénégalais.

«Si ce n'est pas toi c'est donc ton frère !», disait le loup à l'agneau. Un Sall pouvant en cacher un autre, Macky Sall a fait des émules chez son «doomou baye», Khalifa Sall, maire de Dakar, en matière de gestion «gabegique» des deniers publics.

En effet, le 31 décembre 2012, l'édile de Dakar a flambé pas moins d'un demi-million de nos pauvres francs en feu d'artifice, dans un spectacle pyrotechnique «sons et lumière» d'une durée de quelques minutes seulement sur la corniche-est, pendant que les populations dakaroises ployaient sous le poids des ordures ménagères non enlevées et étaient plongées dans les ténèbres à cause des délestages intempestifs de la Senelec.

Pour corser l'addition, le constat fait par le mouvement «Arc-en-ciel» sur la situation du pays est implacable : «La structure économique du Sénégal avec la raréfaction des investissements privés, le ralentissement manifeste des investissements publics et l'accroissement du chômage à la suite des multiples contrecoups liés à la morosité du monde des affaires n'est pas enviable.»

A cela, il faudra ajouter les conditions désastreuses du démarrage de la campagne agricole : mauvaise qualité, mise en place tardive et cherté des semences et, last but not least, retard des pluies. Et les rares fois où le ciel ouvre ses vannes, Dakar et ses environs pataugent.

Allergique à la critique, le Prési­dent Macky Sall, de par ses ouailles, a menacé de ses foudres le responsable d'Amnesty international/­Séné­gal, Seydi Gassama, «coupable» d'avoir épinglé l'Etat du Sé­négal dans son dernier rapport, relativement aux violations des libertés individuelles et collectives.
Les tribulations autour de la dépénalisation de l'homosexualité au Sénégal ont secoué le régime de Macky Sall qui s'est montré très ambigu devant le Président Barack Obama. Aujourd'hui encore, le doute persiste encore chez beaucoup de Sénégalais sur les intentions réelles ou cachées du chef de l'Etat sur cette question qui fait corps avec le régime de Macky Sall.

Dans le conflit en Casamance, au moment de libérer les démineurs pris en otage par ses troupes, le commandant en chef du maquis, César Atoute Badiate, met en garde le Président Macky Sall contre toute tentative de franchissement de la ligne rouge par «l'ennemi sénégalais», alors qu'on est bien sur une portion du territoire national.

Dans cette affaire, le chef rebelle César Atoute Badiate semble tirer le chef de l'Etat par le bout du nez et (c'est le comble !) essuie des remerciements pour son «geste humaniste» (la libération des otages) alors qu'un Etat qui se respecte devrait le considérer comme un bandit à traquer, pourchasser, arrêter et juger.

Qui, mieux que Cheikh Tidiane Gadio peut-il dès lors décrire ce tableau apocalyptique du pays ? : «Il y a comme une chape de plomb qui s'est abattue sur le pays», s'alarme l'ancien chef de la diplomatie sénégalaise, pourtant membre de Benno bokk yaakaar, la coalition au pouvoir.

Le scandale du trafic de drogue au sommet de la Police nationale a éclaboussé la République et mis le feu dans «le Macky», qui se serait bien passé de cet autre et énième foyer de tension. Pire, il y a des risques plus graves encourus par le Sénégal qui est en passe d'être «blacklisté» par la Communauté internationale qui le considérerait comme une plaque tournante du narcotrafic. Invité, en sa qualité d'autorité de tutelle, à remettre de l'ordre dans les rangs de son département, le ministre de l'Intérieur, le général Pathé Seck, poussant le ponce-pilatisme à un niveau jamais atteint, s'est fendu d'un pathétique «Je ne me mêle pas de cette guerre fratricide».

Juges en dernière instance des états de service du Président qu'ils avaient élu, 16 mois auparavant, à hauteur de 65%, «les Sénégalais ont blâmé Macky Sall» (Cf. Wal Fadjri du 11 juillet 2013).
En effet, selon les résultats de l'enquête Afro-baromètre 2013, 70 à 80% des citoyens sénégalais réprouvent la gestion de plusieurs secteurs, notamment la santé, la création d'emplois, la sécurité alimentaire, la bonne gouvernance, etc.

Désastreux au plan national, les faits d'armes du Président Macky Sall sont plus qu'épouvantables au plan international. La belle vitrine du Sénégal, havre de paix, des droits humains et des libertés, s'est craquelée sous les coups de butoir d'un régime cristallisant beaucoup d'espoir à ses débuts, mais qui s'est dégonflé par la suite comme un ballon de baudruche.

Hormis la «gifle» de la Cour de justice de la Cedeao qui, dans son arrêt rendu le 22 février 2013, les revers essuyés par le Président Macky Sall sur l'international sont à profusion.

Récemment, le Sénégal a perdu un important poste au Comité exécutif du Cio à cause du plus proche collaborateur du Président Macky Sall : son Premier ministre Abdoul Mbaye. En effet, ce dernier, outrepassant la position du chef de l'Etat qui a parrainé et soutenu la candidature de Mamadou Diagna Ndiaye, a tout simplement torpillé celle-ci en lui glissant une peau de banane sous les pieds. Résultat : tous les deux candidats venus du Sénégal ont été proprement envoyés promener par l'instance mondiale de l'Olympisme.

A travers ses embardées dans la traque des biens supposés mal acquis, le Sénégal traîne un lourd contentieux judiciaire avec Dubaï port world. Un bras de fer qui ne sera pas sans conséquence pour notre pays qui ne sortira pas indemne de cette épreuve de force. Quoi qu'il en soit, l'image du Sénégal en sortira ternie, et de façon durable. Déjà que notre pays fait pâle figure au plan international.
Bourreau des droits humains, le régime de Macky Sall, pour faire plaisir aux dictateurs Yahya Jammeh et Idriss Deby, a expulsé vers la Gui­née Conakry et le Mali le Sé­négalo-gambien Kukoï Samba Sanyang et le blogueur tchadien Makaïla Nguebla.

Alors que Kukoï Samba Sanyang, très malade au moment de son expulsion, a finalement péri pendant son exil, Makaïla Nguebla a eu plus de chance en se voyant accorder un droit d'asile par la France. Une leçon et une preuve d'humanisme administrées par les descendants de «nos ancêtres les Gaulois», à travers les actes, et qui contribuent à restaurer la dignité d'un digne fils d'Afrique sacrifié sous l'autel d'un deal politique entre l'Etat du Sénégal et le Tchad.

Un autre fils d'Afrique, l'ex-chef de l'Etat tchadien Hissène Habré, quels que soient les crimes qu'il aurait pu commettre, a été kidnappé et emprisonné par Le Président Macky Sall, chose curieuse, au lendemain seulement du départ du Sénégal d'un Barack Obama qui a succédé à un George Bush qui coule des jours heureux dans son pays alors qu'il est l'un des plus grands criminels contre l'humanité aux côtés des dirigeants israéliens.

Ce qui installe un doute légitime chez tous les Africains jaloux de leur souveraineté face aux diktats des Nations développées, et crée une suspicion de collusion entre Macky Sall et les impérialistes.
Comme en atteste le tapis rouge déroulé aux Français et aux Yankees pour la ré(implantation) de bases militaires au Sénégal. N'en jetez plus, la coupe est pleine !

Aujourd'hui, le Sénégal de Macky Sall est la risée du monde, et il ne fait pas un jour sans qu'on nous apprenne qu'un de nos compatriotes a été froidement abattu dans un pays étranger. Signe d'un effilochement de la respectabilité et de la considération dont les ressortissants de notre pays jouissaient aux quatre coins du monde.

C'est le temps des regrets. Regrets d'avoir élu un Président par défaut, dépassé par les évènements et qui va plonger notre pays dans les profondeurs abyssales de l'enfer. Sombre perspective.
Puisse Le Bon Dieu sauver le Sénégal !

Pape SAMB
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