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Affaire Cahuzac : "Il est rare de voir un tueur en série diriger sa propre enquête"

Les parlementaires s'intéressent en particulier à une réunion à l'Elysée, le 16 janvier, entre François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac.

C'est de manière "extraordinairement précise" et "très sincèrement", selon ses propres mots, que Marion Bougeard, ancienne conseillère pour la communication au cabinet de l'ex-ministre du budget, passée par l'agence Euro RSCG, s'est présentée, ce mardi 23 juillet, devant la commission d'enquête parlementaire pour livrer sa vérité sur l'affaire Cahuzac.

Evitant soigneusement de prononcer le nom de "cet homme" tout au long de son audition, Mme Bougeard a expliqué pourquoi elle l'avait cru : "Nous avions l'impression d'avoir partagé des valeurs communes", auxquelles s'ajoutait une "admiration incroyable" pour "cet homme qui nous poussait plus loin".

Elle n'a pas pu imaginer qu'il ait menti devant la représentation nationale. "Ça a été très difficile, c'est très difficile, on ne se remet pas d'une trahison politique et amicale comme ça. Reconnaître qu'on a été abusé, c'est très difficile", a-t-elle expliqué. "J'ai quitté le cabinet le 20 mars sur les derniers mots de cet homme qui m'a dit : 'Ne te préoccupe pas de moi, mais de toi.' Des mots qui prennent toute leur saveur aujourd'hui."

"UNE HISTOIRE DE DINGUE"

Très vite, selon elle, ce sont les conseils juridiques de M. Cahuzac, qui ont pris les choses en main. Son rôle s'est limité à celui de messager - c'est elle qui informe M. Cahuzac des questions de Mediapart avant la parution de l'article - puis à lui proposer deux noms d'avocats qu'il ne retiendra pas et enfin de lui conseiller de "dormir" et de "travailler beaucoup".

Si elle a reconnu que l'affaire avait bien perturbé le fonctionnement du cabinet au quotidien, c'est uniquement parce que "l'homme pour lequel [elle] travaillai[t]" était moins disponible. "Mon travail au cabinet consistait à préparer les argumentaires en prévision des débats parlementaires. Je n'ai jamais eu à écrire quoi que ce soit sur cette affaire". Et si elle a répondu au journaliste du JDD, auteur d'un article assurant que les Suisses avaient blanchi le ministre, c'est parce qu'il l'a appelé : "Je lui ai dit que je n'avais aucune information à ce sujet. J'avais appris l'histoire de la demande d'entraide dans le Nouvel Observateur".

Les autres fois où elle a pu répondre à des journalistes pendant l'affaire, c'était pour donner des "éléments biographiques sur le ministre". Elle s'est en revanche montrée plus embarrassée quand il s'est agit de répondre au sujet de l'enquête qu'elle avait effectuée sur le père d'un journaliste de Mediapart. "Je me suis excusé depuis", a-t-elle dit.

Elle a affirmé ne pas avoir eu de contacts sur ce sujet avec ses homologues du cabinet de Pierre Moscovici, pas plus qu'elle n'avait été tenue au courant de la réunion qui s'est déroulée en la présence de M. Cahuzac le 16 janvier dans le bureau présidentiel en compagnie de MM. Hollande, Ayrault et Moscovici. "Je ne peux pas répondre sur ce que je ne sais pas", a-t-elle réagi à la question d'un parlementaire.

En résumé, a-t-elle dit, "le 3 décembre, je me suis retrouvée plongée dans une histoire de dingues avec des personnages rocambolesques (...) Dans cette histoire de dingue, je n'avais pas pensé que le plus dingue était assis à côté de moi. Il est rare de voir un tueur en série diriger sa propre enquête". Jérôme Cahuzac, doit être réentendu par la commission d'enquête parlementaire ce mardi à 17 h 15, notamment pour s'expliquer sur la réunion du 16 janvier dont il n'avait pas informé la commission lors de sa première audition

Le Monde.fr

Rewmi

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