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Amina Sboui n’a pas peur de la justice nahdhaouie

La jeune militante Femen , Amina Sboui a comparu ce lundi devant la justice pour outrage et diffamation de fonctionnaire, après avoir dénoncé des mauvais traitements dans la prison de Messadine où elle est incarcérée depuis deux mois.
L’audience a débuté peu avant 10 H00 au tribunal cantonal de M’saken (150 km au sud de Tunis) à la suite d’une plainte déposée par quatre gardiennes de prison à l’encontre d’Amina  et une autre détenue, Rabiaâ, poursuivie pour les mêmes faits.

Alors que Rabiaâ est apparue drapée, comme le veut la coutume pour les femmes jugées en Tunisie, du sefsari, le voile traditionnel blanc, Amina est apparue sereine en T-shirt rose transparent exhibant un tatouage sur le bras.

La défense a demandé l’acquittement et l’annulation des poursuites pour graves vices de procédure dans cette affaire montée à la suite des révélations faites par Amina et relayées par son avocate Radia Nasraoui ( présidente de l’association tunisienne contre la torture ) sur des cas de torture et de mauvais traitements à l’égard de prisonnières. Selon la défense  Amina était victime d’une « affaire montée », destinée à dissimuler les cas de torture et de mauvais traitements à l’égard des prisonnières.

Pour son avocat Me Mrabet, il ne fait aucun doute que ce procès « démontrera au peuple tunisien et à toute la planète qu’on est dans un système judiciaire injuste ». Son confrère, Me Souheib Bahri a lui aussi remis en cause « l’indépendance de la magistrature » tunisienne.

Peu après l’ouverture du procès d’Amina, le tribunal a informé qu’il rendrait son jugement le 29 juillet prochain. Selon l’un des avocats de la défense Me Ghazi Mrabet, Amina risque jusqu’à un an de prison pour outrage à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions et six mois de prison pour diffamation.

Séquence de la scène d’audience : Me Nasraoui parle

Dans l’attente du verdict, Amina a été reconduite dans sa cellule. Elle reste dans l’attente d’un éventuel autre procès, pour avoir, le 19 mai dernier, peint sur le muret d’un cimetière à Kairouan ( centre tunisien ) le mot « Femen », en signe de protestation contre une manifestation islamiste salafiste d’Ansar Achariâa lié à Al-Qaïda . Dans l’attente d’une potentielle inculpation pour profanation de sépulture et atteinte aux bonnes m½urs, Amina sera maintenue en détention. Elle risque entre six mois et deux ans de prison.

Je suis jugée parce que j’ai dénoncé la torture et la violence exercées à l’égard des détenues a déclaré Amina à la presse en prenant place sur le banc des accusés.

S’adressant ensuite au juge elle a déclaré que les tortionnaires doivent être poursuivis et condamnés, avant de lancer sous les applaudissements de ses sympathisants en quittant la salle d’audience: la Tunisie est un Etat civil et ses femmes sont libres.

« Je ne suis pas folle, je suis libre »

Samedi 20 juillet, depuis la cellule où elle est retenue prisonnière, Amina a expliqué attendre son procès avec sérénité et « ne pas avoir peur » de la justice tunisienne sous la houlette des islamistes nahdhaouis. « Que je sois gardée en prison pour longtemps cela ne m’importe pas. Je ne suis pas folle, je suis libre. Je suis derrière les barreaux mais je me sens plus libre que beaucoup de gens qui sont à l’extérieur. » La jeune Amina ,sure d’elle , a également dénoncé la « dictature religieuse qui s’empare de la Tunisie », concluant qu’« être derrière les barreaux [n'était] pas plus dur que d’être à l’extérieur ».

 En attendant, le feuilleton Amina continue. Condamnée au versement d'une amende pour possession illégale d'aérosol d'autodéfense, elle est maintenue en détention le temps que la justice décide d'une éventuelle inculpation pour profanation de sépulture et atteinte aux bonnes m½urs.

Mais les organisations internationales de défense des Droits de l'Homme se mobilisent. Ainsi, l’organisation Human Rights Watch ( HRW ) , considère qu’Amina est accusée politiquement et que « le ministère public a l'air d'accumuler contre Amina Sboui une masse d'accusations qui ne semblent pas avoir grand-chose à voir avec ce qu'elle a pu faire (...) les graves accusations contre Amina semblent davantage motivées par un désir de punir son activisme provocateur que par l'existence de réelles preuves d'actions répréhensibles».

Rassemblement en soutien à Amina le mardi 13 août 2013 à 18h 30 !

En cette date symbolique, celle de la promulgation du Code du Statut Personnel( CSP ) le 13 août 1956, nous lançons un appel pour sauver Amina SBOUI et la libérer des griffes du cerbère nahdhaoui, qui ne cesse de s'acharner sur elle et de lui coller « acte d'accusation sur acte d'accusation »!
Nous, associations démocratiques et voix libres, appelons à mobiliser nos forces et à unir nos efforts, pour sensibiliser l’opinion publique au cas Amina SBOUI et pour faire pression sur le gouvernement Ali Laarayedh.
Amina n’a que dix-neuf ans, cela ne l’empêche pas de croupir dans les geôles post-révolutionnaires.
Amina, c’est un peu l’Antigone tunisienne, qui a osé défié l’ordre de Créon: « Cachée, tu vivras et tes protubérances, tu dissimuleras! » Son « Polynice » à elle, ce sont ses seins, qu’elle a dévoilés au grand jour, posant torse nu, une cigarette aux lèvres. Le cliché se propagea, telle une traînée de poudre, sur la toile et les réseaux sociaux. Les menaces s'abattirent sur elle et elle fut obligée de quitter le lycée où elle était scolarisée.
Elle est l’invitée d’une chaîne de télévision (Attounssiya) et tente d’expliquer son geste et affirme haut et fort son affiliation au groupe féministe FEMEN.
Amina est devenue l’ennemi à abattre, la femme à massacrer et à lapider. Tous condamnent son acte, des plus conservateurs aux plus progressistes, prétextant l’immuabilité de notre irréfragable sacro-saint identité « arabo-musulmane ».
Et voilà que les salafistes décident, le 19 mai, de tenir leur congrès à Kairouan, interdit par les autorités tunisiennes. Amina, dans un courage et une témérité exemplaires, brave encore une fois le carcan patriarcal et décide d’aller à Kairouan, à la rencontre de ceux qui veulent réduire la femme tunisienne au silence. Sur un muret, elle tague le mot « FEMMEN », comme une ultime signature. Elle est interceptée par la police, qui heureusement, ne la livre pas à la vindicte populaire.
Commence alors, une descente aux enfers: Incarcération, jugement, avec des lois de Ben Ali à la rescousse, pour déguiser les prisonniers d’opinion en truands de bas étage, en prisonniers de droit commun.
Et comble de la dégradation, des policières couvrent Amina du traditionnel sefsari (drap blanc), lors de son procès, comme s’il fallait coûte que coûte, cacher la vermine et soustraire aux regards des bien pensants, cette incarnation de la débauche, alors que ce traitement était réservé jadis, aux condamnées pour outrage aux bonnes m½urs.
Mais Amina est une femme libre, qui sous une théocratie, a osé dire « NON »! Amina c’est Didon la Carthaginoise, Amina c’est Kehna la berbère, Amina c’est Jezia Al Hilaliyya, une femme qui résiste et qui affirme que la liberté de disposer de son corps est un droit inaliénable, c’est une femme qui dénonce une société sexiste, où « le sexe faible », n’a pas son mot à dire.
Amina paye aujourd’hui, son combat, son acte solitaire, dans ce monde arabe où l’enjeu c’est le corps de la femme, qu’on voile et qu’on « assigne à résidence ».
Amina, c'est la femme qui, dans son malheur, n'oublie celui pas des autres et n'hésite pas à dénoncer deux cas de torture à l'une de ses avocates, Me DEBBA, et qui, de ce fait, reçoit encore une fois la foudre des sous-fifres nahadhaouis !
Alors, soyons aux côtés d’Amina, faisons entendre notre voix, pour que soit libérée cette jeune femme qui a cru que la Révolution, c’était aussi, la révolution des mentalités!

Vive Amina!
Vive la femme tunisienne libre!

Signataires : AIDDA- Collectif 3C

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