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Le spleen du taxi…

S'il est des usagers de la route qui sont les plus exposés aux affres des embouteillages, et qui en pâtissent le plus, ce sont assurément ceux qui en ont fait leur pain quotidien, les chauffeurs de taxi, transporteurs et autres livreurs. «Les rues d'Alger sont devenues les premiers ennemis des chauffeurs de taxi», commente Hocine Aït Braham, représentant de la Fédération des taxis d'Alger. En moyenne, en une dizaine d'années, ces chauffeurs ont enregistré un manque à gagner de 50%. «Pour le trajet Audin-Salembier par exemple, un taxi pouvait effectuer 20 courses. Aujourd'hui, il n'en fait que 10 au maximum», calcule M. Aït Braham. Si les chauffeurs «à la course» peuvent «amortir» en choisissant les axes où la circulation est moins dense, ceux qui sont le plus durement touchés sont les taxis collectifs. «Ce sont des itinéraires fixes, et le prix des places est réglementairement fixé à 20 DA. Plus de bouchons il y a, moins de trajets ils effectuent, et moins d'argent ils gagnent. Raison pour laquelle nous plaidons régulièrement pour une révision des tarifs», explique-t-il. Même spleen du côté des transporteurs. «C'est une catastrophe pour notre santé et un fiasco pour nos recettes», déplore M. Zaïdi, représentant de la Fédération des transporteurs de personnes et marchandises. «Nous travaillons sur la base de rotations, et au vu de la situation, moins de voyages sont possibles, ce qui conduit à une stagnation, voire une baisse des recettes», explique-t-il. Pour la ligne Dergana-Boumaâti par exemple, axe rendu impraticable de par les nombreux travaux et barrages, le nombre de rotations possibles n'excède pas celui de trois voyages. «Alors qu'il y a encore 5 ans, on pouvait en faire jusqu'à 5», explique-t-il. D'ailleurs, après un boom conséquent aux aides octroyées pour cette branche de service, le nombre de transporteurs est en diminution, à en croire le syndicaliste. «C'est une activité ingrate. Un chauffeur quand il rentre le soir chez lui c'est un calcibronate et au lit !», ironise M. Zaïdi. Les problèmes sanitaires dus à cette activité sont ainsi nombreux, selon ces professionnels de la route. «Stress, angoisse, maladies chroniques tels l'hypertension et le diabète, l'hernie discale, la mauvaise circulation sanguine, dépression...».

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AFP

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