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Papa Mamadou Coulibaly chante pour les orphelins

Originaire de Bobo-Dioulasso, le jeune chanteur de 26 ans s'est formé au Mali, aux côtés d'artistes tels qu'Alou Sam et Aboubacar Traoré. Il est aujourd'hui de retour au Pays des Hommes Intègres pour lancer son premier album, « Yatimè » - « Orphelin » en Bambara, sa langue maternelle. C'est à cette occasion que Papa Mamadou Coulibaly s'est entretenu avec Lefaso.net. Présentations.

Lefaso.net : En quelques mots, qui est Papa Mamadou Coulibaly ?

Papa Mamadou Coulibaly : Bonjour, c'est Papa Mamadou Coulibaly, un jeune de Bobo-Dioulasso. Je suis né en 1987. Après les études, je me suis rendu compte que ma passion était la musique. Je suis né dans un quartier de shows, un quartier de festivals et de carnavals, et c'est grâce à ce quartier que j'ai eu l'amour de la guitare. Donc je me suis lancé.

Après avoir appris la guitare pendant deux ans à Bobo-Dioulasso, j'ai pensé que pour pouvoir perfectionner ma voix et mes instruments il fallait que j'aille au Mali. Heureusement, j'ai rencontré un grand artiste malien, Alou Sam, qui m'a beaucoup encadré à Bamako. Je suis resté quatre ans à Bamako donc, et j'ai joué avec pas mal d'artistes maliens.

C'est grâce à tout cela que je peux dire aujourd'hui que je suis « Papa Mamadou Coulibaly » : je suis reparti à zéro, en fait, à Bamako. Et heureusement, aujourd'hui, j'ai un album sur le marché.

Vous interprétez la plupart de vos chansons en langue Bambara, pourquoi ce choix ?

Je suis Bambara, je suis Coulibaly. Je suis le père fondateur du royaume Bambara du Mali, puisque je suis un descendant de Biton Mamary Coulibaly. Donc le Bambara, c'est ma langue maternelle, voilà pourquoi j'ai choisi de chanter dans cette langue. Mais cela ne veut pas dire que je ne chante pas dans d'autres langues ; je chante également souvent en Peul et en Français.

Y a-t-il un message que vous souhaitez transmettre à travers votre musique ?

Déjà je voudrais dire qu'il faut soutenir les artistes. La musique, ce n'est pas facile. Mais quand on aime, quand on veut, on peut. Je voudrais passer un message, à tous mes frères artistes, à tous ceux qui aiment la musique, à tous ceux qui veulent que le monde change à travers la musique : il faut soutenir les artistes, parce que je suis convaincu à 100% qu'avec la musique on pourra changer le monde. Ça c'est très clair.

Quand tu te sens très mal, en écoutant la musique tu arrives à te contrôler un peu. Quand ça ne va pas avec ta femme, tu vas voir un concert et tu oublies tes soucis ! Selon moi, avec la musique on peut changer le monde, donc il faut vraiment soutenir les artistes. Surtout nous les jeunes, qui sommes en train de monter petit à petit, parce que l'on ne peut jamais devenir quelqu'un sans l'aide de quelqu'un.

Quant aux messages que je transmets à travers ma musique, dans mon album je parle de tout - des orphelins, des problèmes de famille, des problèmes sociaux... Les orphelins de la rue, par exemple, moi je n'ai rien pour eux, mais c'est à travers ma musique que j'essaie de les soulager, et que j'essaie de dire aux gens d'aider ces jeunes gamins qui n'ont rien, qui sont au bord de la route, au bord des fleuves, dans les marchés... Ces orphelins, vraiment, ont besoin de notre aide, donc je dis tout cela à travers ma musique, à travers ma mélodie, notamment ma chanson « Yatimè » (NDLR : « orphelin » en Bambara), qui est également le titre de mon album.

Parlez-nous un peu de votre album...

L'album, de 10 titres, a été enregistré pendant trois jours à Bamako, dans les studios Wanda Records de Salif Keïta. J'ai signé la sortie de mon album avec la maison de production Teriya Mali, que je tiens à remercier, et tout particulièrement le directeur Bertin Coulibaly, mon homo. Donc l'album « Yatimè » est aujourd'hui sur le marché, sur le plan national et international puisqu'il est vendu sur certains des plus grands sites comme Virgin Mega et Amazon. Puis il est également sorti en 1000 exemplaires CDs ; il est en train de faire son petit bonhomme de chemin. Avec le temps, l'album continuera à avoir du succès, Inch'Allah. On espère pouvoir dupliquer encore plus de CDs avant que le deuxième album ne soit près.

D'autres projets à venir ?

J'ai plein de projets, mais c'est avec le temps qu'on pourra réaliser ces projets. J'ai des projets avec les enfants, avec qui j'aimerais pouvoir chanter pour mon deuxième album. J'aimerais aussi créer un petit centre de formation pour les jeunes, futurs artistes qui veulent devenir comme nous demain. Et nous aussi, d'ailleurs, on espère devenir le prochain Salif Keïta, pourquoi pas même le dépasser ! Donc on aimerait aussi former les jeunes qui pourront vraiment faire la fierté de la musique africaine, comme nous on essaie de le faire. Donc les projets, il y en a pas mal. On espère qu'avec le temps on arrivera à les réaliser.

Et en termes de concerts, festivals... ?

Pour le moment je n'ai pas de festival ou de concert programmé, mais j'espère qu'avec le temps ça va venir, Inch'Allah.

Pouvez-vous nous expliquer ce que raconte votre titre « Yatimè », que vous allez interpréter pour Lefaso.net ?

Je dis qu'on a qu'à avoir pitié des orphelins, parce que quelqu'un qui n'a pas d'espoir ne pourra pas vivre sur la terre. Même le bon dieu dit d'aider les orphelins, les prophètes l'ont dit. Les jeunes orphelins n'ont pas choisi d'être en vie, donc puisqu'ils le sont, comme ils n'ont pas de parents, c'est à nous de les aider. Il y a plein de jeunes qui sont au bord de la rue, ils n'ont rien à faire, ils ont faim... Et souvent ça entraîne les enfants à devenir des malfaiteurs. Quand tu n'as rien dans le ventre, tu vas tout faire pour pouvoir manger, ça c'est clair. Quand on n'a rien dans le ventre on ne peut pas dormir. Un artiste qui a faim ne pourra jamais chanter. Donc il faut penser à ces jeunes, penser à veiller sur eux, car ils ont leur place aussi dans la société.

Moi je n'ai rien pour eux, mais j'ai eu l'honneur de leur dédier mon tout premier album. Je pense beaucoup à eux. Même si je n'ai rien d'autre que ma voix et mes mélodies à leur offrir. Dans la chanson « Yatimè », je dis qu'il faut les entretenir, les prendre en charge - que ceux qui en ont les moyens veillent à les prendre en charge. Il faut veiller à ce que ces enfants puissent manger à leur faim, dans les orphelinats, et un peu partout.

Retrouvez la vidéo de Yatimè, interprétée par Papa Mamadou Coulibaly pour Lefaso.net ici.

Propos recueillis par Jessica Rat - Lefaso.net

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