mis à jour le

Burkina-Sénégal : Macky Sall en visite amicale chez Blaise Compaoré

Il était 17h20mn ce 20 juillet 2013, lorsque l'avion du président Sénégalais atterrissait sur le tarmac de l'aéroport international de Ouagadougou. A sa descente, Macky Sall a été accueilli par le Président du Faso « himself ».

La mobilisation fut grande tant du côté de la diaspora sénégalaise au Burkina que de celle des autorités avec à leur tête le président du Faso, Blaise Compaoré.

Accolades, remise de fleur d'accueil, hymnes nationales entonnées, les deux chefs d'Etat ont ensuite salué aussi bien les autorités que les populations sénégalaises. Et à l'issue d'un petit tête-à-tête dans le salon d'honneur, les présidents Macky Sall et Blaise Compaoré ont accordé une interview à la presse qui s'est fortement mobilisée pour la circonstance.

Ce que Macky Sall vient chercher au Burkina

Pour le président Sall, la visite du jour est le résultat d'une volonté manifestée depuis son accession au pouvoir. Malheureusement, « lorsque j'ai été élu, il y a eu des crises majeures qui ont frappé la sous-région ; le Mali, la Guinée-Bissau ». Et de préciser, « nous nous sommes engagés très fortement avec le président Blaise Compaoré pour qui j'ai le plus grand respect, la plus grande considération pour le rôle éminent qu'il joue dans la sous-région et en Afrique dans la recherche permanente de la paix ».

L'occasion est celle, selon le président sénégalais, de partage d'expériences, de connaissances dans les « domaines particuliers de l'hydraulique, de la maîtrise de l'eau, de l'agriculture ». Il a précisé être venu avec une délégation pour travailler, pour exprimer la fierté et l'amitié du Sénégal pour le Burkina Faso.

De son côté, le président du Faso dit voir dans « cette visite amicale », la confirmation de la qualité des relations entre le Burkina Faso et le Sénégal et entre leurs peuples respectifs.

Blaise Compaoré a relevé qu'il est « très heureux » de recevoir le Président Macky Sall qui, « depuis maintenant quelques mois, abat un travail gigantesque de réformes, de redressement que nous apprécions beaucoup ». Et d'ajouter, « nous avons beaucoup d'estime pour lui, pour ce qu'il fait, et pour la mobilisation de l'ensemble des Sénégalais à ses côtés ».

Cette visite sera mise à profit, à en croire le président du Faso, « pour voir comment donner plus de vigueur aux relations bilatérales entre les deux pays ». En effet, précise Blaise Compoaré, « nous pensons que ce sont de bons moments pour nous permettre de voir sur le plan bilatéral quels sont les espaces possibles où nous pouvons tous deux, pour nos pays, intervenir pour faire en sorte que le Sénégal et le Burkina Faso puissent participer solidairement à leur propre développement ».

La paix et la stabilité au centre de l'agenda international

Le Sénégal et le Burkina Faso ont « depuis des décennies, joué un rôle dans la construction de l'Afrique de l'ouest sur tous les chantiers intégrateurs de la région ». Toujours dans cette dynamique, annonce le président du Faso, « nous échangerons certainement sur la question de la paix, de la stabilité, mais aussi sur comment accélérer l'intégration économique, culturelle, scientifique, pour nos pays ».

Cette dynamique se fonde, selon le président Sall, sur la conviction selon laquelle « il ne peut pas y avoir de développement sans paix ». Malheureusement, relève-t-il, la région sahélo-saharienne est encore frappée par divers phénomènes dont le terrorisme, le trafic de drogue.

« Il y a beaucoup de vulnérabilité » en Afrique de l'Ouest et face auxquelles Blaise Compaoré a su jouer un rôle de stabilisation, a précisé le président sénégalais. Toute chose qui, selon lui, « méritait qu'à mon élection, je vienne le voir ». Présidentielle au Mali : le retrait d'un candidat ne doit pas remettre en cause le processus

Relativement au Mali, le président sénégalais a confié avoir beaucoup de choses sur les quelles « échanger avec le président Compaoré puisque la crise malienne ne se limite pas au territoire malien, les implications vont au-delà ». En effet, précise Macky Sall, « tous les pays de la sous-région subissent d'une manière ou d'une autre, les conséquences de cette crise ».

Appréciant l'accord de Ouagadougou signé le 18 juin dernier entre les autorités de Bamako et les groupes armés du Nord Mali le président Sall relève que cet accord « a permis d'aller de façon apaisée vers les élections ». Et de poursuivre, « maintenant, lorsqu'on sort d'une crise aussi grave que celle qu'a connue le Mali, il peut y avoir des soubresauts comme des candidats qui abandonnent ; mais cela ne doit pas remettre en cause le processus ».

Pour le président sénégalais, « il est logique que les candidats fassent leur campagne, que l'élection se passe, que les Maliens choisissent leur président et que ce nouveau président, avec l'appui de la CEDEAO, l'appui du médiateur de la CEDEAO, et l'appui de la communauté internationale, puisse attaquer les problèmes de fond ; les problèmes d'intégration, de développement et que le Mali puisse retrouver le concert des Nations ».

Au-delà des préoccupations de paix et de stabilité, il est important aujourd'hui, relève le président du Faso, que les initiatives de développement se situent « toujours dans l'espace de l'Afrique de l'Ouest ». Dans ce sens, confie Blaise Compaoré, « nous avons des responsabilités partagées que nous allons évaluer ce soir et demain ».

Fulbert Paré Lefaso.net


Quelques membres de la communauté sénégalaise présents à l'aéroport apprécient

Harouna Dia, président de la communauté sénégalaise au Burkina :
Le président aura une réunion avec la diaspora demain à 16h à l'hôtel Laïco. Nous avons un certain nombre de doléances spécifiques concernant la diaspora sénégalaise ; ces doléances seront soumises au président demain au cours d'une réunion.

Il s'agit de doléances multiformes, allant de l'éducation des enfants, à la réintégration au Sénégal au niveau de l'économie. On est autour de 3 000 sénégalais au Burkina. Et je pense que tous les sénégalais qui vivent ici, se sentent absolument chez eux.

Fatou Bâ :
Le président va recevoir toute la communauté sénégalaise. En tout cas, nous sommes très fiers de le voir ici au Burkina ; et on espère pouvoir échanger avec lui sur nos préoccupations et surtout lui témoigner notre gratitude et notre soutien pour tout ce qu'il fait pour les sénégalais de l'extérieur.

Les doléances tourneront autour de plusieurs points. Nous avons le point social ; vous savez que le Burkina est une plaque tournante, et nous avons beaucoup de sénégalais qui transitent ici. On a des cas sociaux, des cas de maladie, des décès, auxquels nous sommes confrontés.

Nous aurons aussi le volet éducation, c'est-à-dire des bourses d'études pour les sénégalais qui sont nés ici, en l'occurrence les étudiants et les élèves. Nous avons aussi des associations de femmes sénégalaises vivant au Burkina ; nous menons des activités commerciales et on aimerait être accompagné dans ce domaine. Je me plais vraiment au Burkina et nous remercions tous les citoyens burkinabè

Propos recueillis par Fulbert Paré Lefaso.net

visite

AFP

Christine Lagarde en visite au Bénin, prévoit une croissance de 6%

Christine Lagarde en visite au Bénin, prévoit une croissance de 6%

AFP

Visite d'Edouard Philippe au Maroc: objectif Afrique

Visite d'Edouard Philippe au Maroc: objectif Afrique

AFP

Burkina: le Conseil de sécurité boucle

Burkina: le Conseil de sécurité boucle

Compaoré

AFP

Journaliste tué au Burkina: François Compaoré laissé libre en France avant l'examen de son extradition

Journaliste tué au Burkina: François Compaoré laissé libre en France avant l'examen de son extradition

AFP

Journaliste tué au Burkina : le frère de Compaoré arrêté en France

Journaliste tué au Burkina : le frère de Compaoré arrêté en France

AFP

Burkina: mandat d’arrêt international contre François Compaoré dans l'affaire Zongo

Burkina: mandat d’arrêt international contre François Compaoré dans l'affaire Zongo