mis à jour le

Les travailleurs de Tiguentourine crient à l’injustice

L'application de la circulaire Sellal favorise les locaux dans l'octroi des emplois. La circulaire Sellal sur le recrutement dans les zones du Sud des chômeurs de la région est une solution politicienne qui, dans les faits, provoque d'autres injustices. L'application de la circulaire Sellal fait faire aux entreprises des «tris régionaux» des nouvelles recrues. Certaines n'hésitent pas à se séparer des travailleurs du Nord pour recruter ceux du Sud, ce qui est une dangereuse entreprise qui tend à empêcher les Algériens de chercher du travail là où ils veulent dans leur propre pays. Comme si les travailleurs du Sud ne pouvaient pas prétendre à des emplois dans le Nord et ceux du Nord sont censés ne travailler que «chez eux». Un flagrant délit de régionalisme. La première compagnie nationale, Sonatrach, a pourtant usé de cette injustice. Pas moins de 97 travailleurs du site de Tiguentourine, à In Amenas, se sont retrouvés sans emploi le 1er juillet 2013, à la veille du mois sacré de Ramadhan, et leurs emplois ont été ouverts à des recrutements locaux. Ces travailleurs, exerçant au niveau de ce site depuis des années sous le régime d'agence de mise à disposition du personnel, qui devaient être intégrés conformément à une note émise par l'ancien PDG de la compagnie, Noureddine Cherouati, se retrouvent sans emploi suite au refus de l'actuel direction d'appliquer cette directive, sans l'annuler pourtant. «L'opération de transfert avait commencé normalement et a réussi à faire intégrer la grande majorité du personnel de 16 des 17 associations  qui activent dans l'industrie pétrolière et gazière en Algérie. Dans l'association Tiguentourine, une catégorie de travailleurs, non concernés par l'instruction d'intégration à Sonatrach, avait protesté contre son exclusion et a vu sa demande satisfaite. Pour notre part, qui sommes directement concernés par la note d'intégration, une partie (187 travailleurs) est restée sans intégration car M. Zerguine avait décidé de suspendre verbalement la directive de son prédécesseur», expliquent les travailleurs licenciés qui n'ont pas cessé de faire des actions de protestation pour réclamer justice. Jusqu'au jour où le site d'In Amenas fait l'objet d'une attaque terroriste, le 16 janvier 2013. «On nous a achevés» «La majorité des 187 travailleurs était sur place. Cette attaque bouleversa nos vies,  deux jours durant nous vivions une incertitude totale quant au lendemain. Beaucoup de nos collègues, qui ont échappé à une mort certaine, n'ont pas hésité à sauver des vies humaines en cachant des expatriés et en collaborant avec les forces spéciales. Juste après l'attaque, nous n'avons pas hésité à reprendre le travail et mettre de côté nos revendications pour remettre en marche l'usine», expliquent-ils. Toutefois, la décision d'intégration n'est pas venue. Le choc, l'abnégation, le sens élevé de la responsabilité n'ont pas suffi à convaincre la direction. Le personnel technique et administratif concerné rappelle ses revendications en organisant des sit-in et des grèves. Le 30 juin, le personnel technique est repêché et 97 travailleurs administratifs sont sacrifiés. «On nous a achevés», nous dit un des employés licenciés qui observent un sit-in chaque jour au niveau de la centrale syndicale. «Le terrorisme n'a pas pu nous ébranler et voyez comment on est traités par Sonatrach», tance un autre. «La plupart travaillent dans cette usine depuis sa création, ils sont hautement qualifiés et vont être remplacés par de nouvelles recrues juste pour satisfaire à l'instruction de Sellal. C'est une injustice», estiment les travailleurs lésés. «Le site a besoin de stabilité pour une meilleure remise en marche de l'usine ; nous sommes la solution et non pas le problème», indiquent nos interlocuteurs qui réclament justice. «Nos postes ont été proposés à l'ANEM d'Illizi, alors que même s'ils nous maintiennent, il restera encore des postes à pourvoir. Pourquoi donc nous sacrifier ? Veulent-ils créer des conflits entre les régions ? Sonatrach veut-elle créer une tension interrégionale ?», s'interrogent-ils. Une grande partie des 97 licenciés sont des pères de familles qui se retrouvent sans revenu en ce mois sacré de Ramadhan.  

El Watan

Ses derniers articles: Programme AADL 2 : les résultats communiqués  Tizi Ouzou : Les retraités de l‘ANP s’organisent  Sellal : Les visites de terrain n'ont rien 

travailleurs

AFP

Soudan du Sud: 6 travailleurs humanitaires tués dans une embuscade

Soudan du Sud: 6 travailleurs humanitaires tués dans une embuscade

AFP

Le Maroc pressé d'améliorer le sort de ses travailleurs domestiques

Le Maroc pressé d'améliorer le sort de ses travailleurs domestiques

AFP

Ethiopie: rapatriement massif de travailleurs illégaux en Arabie Saoudite

Ethiopie: rapatriement massif de travailleurs illégaux en Arabie Saoudite

Tiguentourine

La rédaction

Le spectre de Tiguentourine effraie encore les Américains

Le spectre de Tiguentourine effraie encore les Américains

Djamila Ould Khettab

Pas de mercenaires étrangers pour la sécurisation de Tiguentourine

Pas de mercenaires étrangers pour la sécurisation de Tiguentourine

La rédaction

Tiguentourine : les proches des victimes britanniques demandent des comptes

Tiguentourine : les proches des victimes britanniques demandent des comptes