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Autoritarisme et ouverture contrôlée de l’audiovisuel

L'ONG basée au Danemark estime que la privatisation de l'audiovisuel va irrémédiablement changer le secteur des médias en Algérie et générer une sorte de pression sur le régime. L'Organisation non gouvernementale basée au Danemark, The International Media Support, a rendu public, la semaine écoulée, son rapport sur les médias en Algérie et la loi portant ouverture de l'audiovisuel. La conclusion de ce rapport est que la nature autoritaire du régime algérien persistera encore et les réformes engagées, y compris celle du secteur des médias, sont peu susceptibles de modifier les rapports de force en Algérie. Toutefois, ce même rapport indique que la privatisation du secteur de l'audiovisuel va irrémédiablement changer le secteur des médias en Algérie et générer une sorte de pression sur le régime. «L'incapacité de la presse écrite à contester fondamentalement les intérêts du régime en Algérie a été, en partie, liée à un manque d'audience. La télévision et la radio, en revanche, demeurent la plus importante source d'information, en dépit de la mauvaise qualité de la production, et la mauvaise couverture de l'actualité algérienne», note ledit rapport en précisant que la propriété privée des médias audiovisuels offre une occasion de créer des plateformes médias pouvant échapper au contrôle direct de l'Etat et s'adresser à un public plus large que celui d'un journal. Ceci et de prédire que les télévisions et radios privées peuvent facilement disqualifier l'audiovisuel public de qualité médiocre et peu crédible. Dans son analyse de la situation en Algérie, le rapport, rédigé en 2012 et rendu public en juillet 2013, indique en outre que la présidence de la République et la sécurité militaire demeurent les tenants des rapports de force et maintiennent le caractère autoritaire du régime, qui ne risque pas d'être changé par une ouverture de l'audiovisuel tout comme la levée de l'état d'urgence n'a pas eu un grand effet. Ledit rapport basé sur des consultations avec un certain nombre de professionnels algériens des médias, des universitaires, des activistes des médias sociaux et les défenseurs des droits de l'homme note que les dépenses dédiées aux aides sociales faites depuis janvier 2011 ont évité au régime de faire d'importantes concessions politiques. La présidence de Bouteflika critiquée De même, que le régime échappe à la pression et critique internationale du fait de son rapprochement avec Washington dans la lutte antiterroriste. «Par conséquent, aucune des initiatives de réforme prise par le régime ne sont de nature à modifier fondamentalement le mode autoritaire de gouvernance. Les lois adoptés sur les associations, les partis politiques et les médias réduisent les marges de man½uvre de la société civile.» Ceci et d'ajouter concernant la loi 12-05 sur l'information : «Qu'elle donne trop de place à l'Etat de s'immiscer dans la politique éditoriale, et son adoption s'est faite dans le mépris total des critiques de la société civile. Il y a donc peu de raisons de s'attendre à ce que la nouvelle loi sur l'audiovisuel soit plus qu'une tentative de bloquer et de contrôler l'ouverture du secteur à des acteurs capables de contester le régime.» Evoquant les chaînes privées lancées en Algérie mais diffusées à partir de satellites extérieurs, le rapport suggère qu'il s'agit d'une stratégie pour occuper le terrain avant une ouverture réelle du secteur. «Les deux chaînes tolérées par le gouvernement ont acquis une position relativement avantageuse pour dominer le marché de la télévision privée avant que la libération complète n'ait lieu.» Dans le même rapport, sont exposées les entraves principales qui bloquent une transition vers un Etat démocratique en Algérie. Les 14 années de la gouvernance de Bouteflika sont critiquées par le même rapport. Ce dernier note que «la présidence de Bouteflika n'a pas vu l'arrêt complet de la violence terroriste. Une quinzaine de jours ne passent pas sans que les médias algériens ne fassent cas d'attentats. In Amenas en est une preuve. Bouteflika n'a pas non plus réussi à diversifier l'économie qui demeure dépendante des hydrocarbures. La corruption et l'économie informelle ont augmenté au cours de la présidence de Bouteflika. Le renforcement de l'influence des services de sécurité dans la vie politique algérienne sous le régime Bouteflika est un autre obstacle pour la gouvernance démocratique. Et enfin, la présidence de Bouteflika a connu une érosion constante de la confiance du peuple dans son gouvernement».

El Watan

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