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Mali: enlèvements près de Kidal à huit jours de la présidentielle

Six personnes, dont des agents électoraux et un élu local, ont été enlevées samedi par des hommes armés dans la région de Kidal (nord-est du Mali), aggravant encore les tensions sécuritaires à huit jours d'une élection présidentielle jugée cruciale.

Les rapts, commis "par des hommes armés" non encore identifiés, se sont déroulés dans la localité de Tessalit, à environ 200 km au nord de la ville de Kidal, chef-lieu de région, selon un responsable administratif et une source militaire africaine, tous deux joints au téléphone par l'AFP depuis Bamako.

Les premières informations faisaient état de l'enlèvement de "quatre agents électoraux et un élu" local, "tous de nationalité malienne". Mais "après enquête, ce ne sont plus quatre mais cinq agents électoraux et l'adjoint au maire de Kidal qui ont été enlevés", a indiqué le responsable administratif en poste au gouvernorat de Kidal.

Ils "étaient à la mairie de Tessalit pour organiser la distribution des cartes d'électeurs" en vue du premier tour de la présidentielle prévu le 28 juillet, a-t-il ajouté, en mettant en cause des membres du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg).

"Les enlèvements (...) ont été organisés par des éléments du MNLA. Nous sommes formels sur ce point", a soutenu ce responsable, sans plus de détails.

Auparavant, un fonctionnaire au ministère malien de la Sécurité déjà accusé la rébellion touareg, affirmant à l'AFP: "Tout porte à croire que c'est un coup du MNLA qui ne veut pas d'élection".

Le MNLA avait pris le contrôle de Kidal en février 2013, à la faveur de l'intervention de l'armée française en janvier 2013 qui avait permis de chasser ses anciens alliés jihadistes ayant occupé le nord du Mali pendant près de dix mois.

 

Patrouilles militaires dans Kidal

 

Les rebelles touareg ont longtemps refusé la présence de l'armée et de l'Administration maliennes à Kidal. Jusqu'à la signature, le 18 juin à Ouagadougou, d'un accord avec le gouvernement malien qui a permis le cantonnement dans la ville des hommes du MNLA en parallèle avec l'arrivée le 5 juillet de 150 soldats maliens, suivi d'un retour de l'Administration.

Ces enlèvements surviennent au lendemain de violences dans la ville de Kidal entre Touareg et Noirs ayant fait entre jeudi soir et vendredi quatre morts et plusieurs blessés, selon le gouvernement malien. Des boutiques ont été pillées et saccagées, le marché de la ville a été incendié.

Le calme était revenu samedi matin dans la ville, où peu d'habitants étaient cependant visibles dans les rues d'après des résidents.

Le retour au calme a été confirmé par une source militaire africaine au sein de la force de l'ONU au Mali, la Minusma, dont un contingent est déployé à Kidal. Un militaire malien a évoqué des patrouilles de soldats de l'ONU et de l'armée malienne dans la ville.
Ces violences font planer le doute sur la possibilité d'organiser le premier tour de l'élection présidentielle le 28 juillet à Kidal, d'où sont originaires de nombreux Touareg malien. Ce, alors que la campagne bat son plein dans le reste du pays, notamment dans la capitale Bamako, à 1.500 km de là, et les principales villes du sud du pays.

Un seul candidat, Ibrahima Boubacar Keïta dit IBK, parmi les favoris du scrutin, s'est rendu à Kidal le 15 juillet pour une visite de quelques heures.

Samedi matin, avant l'annonce des rapts, une source administrative malienne avait assuré à l'AFP qu'en dépit des violences, "tout sera mis en oeuvre pour que les élections se tiennent à Kidal" à la date prévue.

Le 17 juillet, un des candidats, Tiébilé Dramé, artisan de l'accord de paix entre Bamako et les groupes armés touareg, avait dénoncé les conditions de préparation du scrutin, particulièrement à Kidal, et annoncé pour protester son retrait de la course.

 

AFP

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