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Egypte: les pro-Morsi toujours mobilisés, Abdallah II au Caire

Le roi de Jordanie a effectué samedi une visite éclair au Caire pour apporter son soutien aux autorités mises en place après le renversement par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, dont les partisans restent mobilisés.

Le monarque, premier chef d'État étranger à se rendre en Egypte depuis la chute de M. Morsi le 3 juillet, a rencontré le président par intérim Adly Mansour et son vice-président pour les relations internationales Mohamed ElBaradei.

Il leur a fait part "de son soutien pour que l'Égypte puisse faire face aux circonstances actuelles et qu'elle renforce sa stabilité et sa sécurité", selon un communiqué de la présidence égyptienne.

La Jordanie avait félicité les nouvelles autorités égyptiennes dès la chute de M. Morsi, estimant qu'après des manifestations de grande ampleur contre l'ex-président, elles répondaient "à la volonté et au choix du peuple égyptien".

Les Frères musulmans jordaniens, proches du mouvement islamiste dont est issu M. Morsi, avaient en revanche dénoncé ce renversement.

Cette visite est en outre survenue dans un contexte d'intenses efforts américains pour relancer des discussions israélo-palestiniennes, un dossier dans lequel Amman et Le Caire sont traditionnellement actifs.

Les principales visites au Caire depuis la chute de M. Morsi ont été celles du secrétaire d'État adjoint américain William Burns et de la représentante diplomatique de l'Union européenne Catherine Ashton. Les Émirats arabes unis ont également envoyé une délégation gouvernementale de haut niveau.

Les arrestations de nombreux dirigeants des Frères musulmans, la mise au secret par l'armée de M. Morsi, la mort de plus d'une centaine de personnes dans des violences depuis la chute de ce dernier et les incertitudes du calendrier politique à venir provoquent de nombreuses inquiétudes à l'étranger. 

L'Union africaine a notamment suspendu l'Égypte de ses travaux.

Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement transitoire, Nabil Fahmy, a affirmé que la priorité de son action irait à "expliquer clairement et honnêtement" la situation qui prévaut en Egypte.

Au Caire, des milliers de pro-Morsi étaient quant à eux toujours présents samedi sur deux sites occupés depuis trois semaines.

"La volonté du peuple contre la force militaire" proclamait une banderole déployée aux abords de la mosquée Rabaa al-Adawiya, où les portraits de M. Morsi étaient omniprésents avec la mention "notre président" ou "président légitime".

L'ambiance était calme dans le village de tentes installé sur place, de nombreux manifestants restant allongés en attendant par une chaleur torride le coucher du soleil, qui marque la rupture du jeûne durant le mois de ramadan.

D'autres faisaient le tour du campement en scandant "islamique, islamique!", en référence au gouvernement qu'ils réclament.

Des manifestations pro-Morsi vendredi ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes. Le président Mansour ainsi que l'armée avaient mis en garde contre toute violence.

Les Frères musulmans ne reconnaissent aucune légitimité au nouveau pouvoir qu'ils accusent d'être issu d'un coup d'État militaire, et font valoir que M. Morsi a été démocratiquement élu.

Des rassemblements des adversaires de M. Morsi se sont également tenus vendredi soir, mais avec moins de monde et dans une ambiance festive, place Tahrir et aux abords du palais présidentiel.

Les anti-Morsi l'accusent d'avoir gouverné au seul profit de son clan, et estiment que sa légitimité a disparu avec les manifestations monstres du 30 juin réclamant son départ.

Aucun incident grave n'a été signalé dans la capitale vendredi, mais trois femmes ont été tuées et sept autres personnes blessées dans la soirée à Mansoura, dans le delta du Nil (nord), lors d'affrontements entre partisans de l'ancien président et opposants, a indiqué le ministère de la Santé. Les Frères musulmans affirment qu'elles étaient des sympathisantes islamistes.

Le pouvoir est également confronté à une nette détérioration de la sécurité dans la péninsule du Sinaï (est), où sont implantés des groupes islamistes radicaux.

Depuis le 3 juillet, 13 policiers et deux soldats y ont été tués, ainsi que sept civils, selon un décompte de l'AFP.

L'agence Mena a également indiqué jeudi que dix jihadistes avaient été tués en deux jours lors d'une opération de l'armée dans cette région.

AFP

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