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Sept raisons justifiant l’insurrection « Tamarrod »

Texte original  rédigé   par Ouled Ahmed,  Poète .

Traduction Zakaria Bouker

« Dire qu'il est nécessaire de croire que tout est prédéterminé, dirigé par une main omnisciente, dire qu'un livre particulier, l'Evangile en l'occurrence, est à même d'assurer l'ultime quiétude qui découle de la prédestinée divine et la voix impénétrable ... dire cela dans un langage accessible, revient à chercher à masquer la vérité. Une vérité témoin d'une réalité toute contraire. Une réalité tristement pitoyable : la destinée humaine a été à ce jour entre les mains des pires gouvernants, des perdants, des roublards, des revanchards assoiffés de vengeance, des faux saints. Ceux-là même qui affabulent pour filouter l'homme et tromper sa vie.»

Frédérique Nietzsche ( Humain trop humain)

La Tunisie n'est pas arabo-musulmane, Ce sont l'arabe et l'islam qui sont Tunisiens.

Citation : Ouled Ahmed.

1/ L'islam n'est pas cette étendue géographique, délimitée par des frontières reconnues mondialement, traversée par des fleuves, parsemée de montagnes, habitée par la pierre, la faune et une espèce humaine.

La Tunisie n'est pas non plus une religion céleste, que le bon dieu a révélée au quarantenaire orphelin....Quelque part dans la péninsule arabique, mort depuis quatorze siècles.

Dès lors, il devient impératif de « localiser la Tunisie » dans ses dimensions géophysiques, topographiques même... pour que l'abstraction de l'image d'une superficie métaphysique ne s'installe pas dans les esprits de ses habitants. Une superficie visqueuse, informe, habitée par les anges et les diables à côté des démons de l'enfer et les vierges du paradis.

2/  Ni la paléontologie, ni l'histoire moderne ne nous apportent le moindre indice sûr et patent sur la prééminence de l'islam sur la genèse des peuples d'Afrique. Afrique centrée sur La Tunisie. Une Tunisie connue sous le nom de « Tarchish » à l'époque des premiers berbères, ceux-là mêmes qui sont les vrais autochtones à coté bien sur des phéniciens.

Mais la réécriture burlesque, hurluberluesque de l'histoire en minuscule à laquelle s'adonne l'Assemblée constituante au courant de l'été 2013 n'est que le fruit d'une euphorie jubilatoire d'une bande de malfrats dont le passage au pouvoir n'est que fortuit et chimérique.

Une Horde qui réduit l'Histoire de la Tunisie à une xième invasion des « sept Abdallah » dans ses années 640 JC, ou bien à la constitution par « Okba ibn Naafa » d'une junte à Kairouan une génération plus tard.

Comme si la constitution de Carthage, la civilisation de Carthage, pour ne citer que celles-là, n'avaient jamais existé. Comme si tout ce qui s'en était suivi d'apport culturel et de civilisation humaine n'a aucune valeur dans le parcours de la Tunisie moderne.

C'est une histoire réécrite par des envahisseurs et des occupants, et non par les patriotes qui sont la seule raison d'être de la nation elle-même.

Plus grave encore ! On veut que cette lecture de l'histoire, marquée au coin du faux et de l'infirmité intellectuelle, scelle la constitution pour les siècles à venir.

3/ Toutes les calamités qui frappent la Tunisie depuis l'avènement de la révolution du 17 décembre 2010 jusqu’à l'instant, depuis les affrontements et les basses man½uvres jusqu'au terrorisme et aux assassinats, en passant par le pillage, l'imposture, la traitrise, le jihad féroce et barbare, le mariage à l'heure avec les tâcheronnes du jihad sexuel, les revirements...se succèdent sans entracte.

Il est naturel d'imputer ces épouvantes à un dilemme qui se résume en deux visions contraires de la place de la Tunisie dans le giron solaire et le système cosmique infini:

a/ Une première vision qui inscrit la Tunisie dans la fatalité dictée par Gabriel. Une fatalité aux multiples interprétations et à plusieurs lectures, à la glose et la gnose orientales totalement éteintes, complètement périmées et sources de tous les désastres qui se sont abattus sur la Tunisie depuis bientôt deux ans.

b/ Une deuxième vision moins romantique et plus conventionnelle, qui indique la Tunisie sur une carte. Un pays sur la rive sud de la méditerranée entre l'Algérie et la Libye.

Bien évidemment, tous les tunisiens s'accordent à convenir de la deuxième définition, même si leur savoir ou leur ignorance ne changent strictement rien à la donne.

4/ Que faire ? Que faire pour sortir de ce labyrinthe, et pour atteindre la liberté et la dignité maitres mots de la révolution, et ce faisant, accéder à la vie au lieu d'agoniser ?

Aucune solution. Aucune solution ne nous a réussi jusqu’à présent.

Aucune délivrance en perspective aussi lointaine soit-elle n'éclaire le devenir du peuple, pour le soustraire à ce tiraillement politique bicéphale : une tête céleste et une tête plus terre à terre.

5/ En ces temps de grands bouleversements sur fond révolutionnaire, la meilleure des solutions doit toujours marquer les ruptures :

Une rupture avec l'ancien système politique.

Une rupture avec les structures sociales stratifiées.

Une rupture avec le carcan de la culture du moment.

Il est vain et sans issue de ne pas admettre ces trois lemmes de la façon claire et tranchante.

Il est impératif qu'elles soient admises avec la conviction la plus profonde et la plus irrévocable.

Il y va du principe, quand bien même les potences seraient dressées et les étendards déployés.

C'est dans cette limpidité et cette solide conviction que le peuple révolté contre les temps, peut puiser sa quiétude et sa confiance quant à la marche de la révolution sur des bases saines et sa certitude que le premier pas sur le chemin des réalisations est franchi.

Nul besoin de corriger ses dérapages en l'allongeant sur le lit de Procuste ou de faire appel à un « Tamarrod Egyptien », même si la révolution égyptienne reste un précèdent singulier dans l'histoire des révolutions, qu'il convient de suivre surtout en Tunisie à l'heure actuelle.

6/ Pour réussir ces ruptures, il est nécessaire de mettre en quarantaine la mémoire, dans l'espoir que cet isolement force le rêve et le goût de l'aventure seule planche salutaire.

Il ne s'agit pas de n'importe quelle mémoire. Il s'agit de cette stratification titanesque de la tradition qui sacralise la coutume, subjugue les esprits et asservit les volontés pour ne faire de l'individu qu'une vague copie des prédécesseurs ensevelis.

A l'évidence, les adultes et les plus usés par l'âge de façon générale, ont perdu cette aptitude à se défaire de cette mémoire-là, et de leurs vestiges dont le poids ralentit leurs pas.

Plusieurs raisons les rendent si ankylosés, parfois elles relèvent de l'intérêt personnel, parfois de la condition sociale et parfois d'une certaine repentance et recueillement.

Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut s'affranchir de leurs pluri-compétences, de leur savoir ou de leur savoir-faire. Loin s'en faut.

En revanche c'est aux jeunes esprits qu'il convient de confier la cadence. C'est avec eux que tempo de la révolution est le moins lent et le moins coûteux en vies humaines.

N'ont-ils pas montré leurs maîtrises des outils de leur temps ? N'ont-ils pas démontré leur dextérité et leur intelligence ?

7/ Dès que vous parlez de jeunesse vous êtes de plain-pied au c½ur de la révolution et inversement. Et c'est là toute la question.

Alors qu'ils ont été sa flamme, son carburant et son âme, ils n'en ont pas récolté un seul fruit de ce que terre de leur rêve, fertilisée par leur sang, a fait fleurir.

En jetant un regard circulaire sur l'Histoire de la Tunisie, et plus particulièrement la plus proche de nous, nous mesurons l'importance de la jeunesse insoumise et rebelle.

Les prémices du mouvement national contre le colonialisme français, les balbutiements du mouvement de gauche, du nationalisme pan arabe opposé au despotisme de l'état fraîchement indépendant, en parfaite concordance avec le parti unique, tous ces mouvements révèlent la constance des premières prises de bec des jeunes avec une force disproportionnée. Invariablement des jeunes.

N'eussent été ces mouvements de jeunes, nous n'aurions jamais assisté à une révolution tunisienne, ni au mouvement Tamarrod Tunisie dont l'ampleur dépasse le million et demi de signataires en un temps record.

Ils sont en train de signer ni plus ni moins pour exprimer la nécessité de dissoudre l'Assemblée nationale constituante. Et toutes les institutions issues de cette Assemblée. Une exigence qui presse l'Assemblée d'obtempérer.

Et la « sagesse » des gens « mûrs » et gagnés par l'âge qu'ils soient dans les partis de l'opposition ou bien issus de la société civile consiste à laisser faire la jeunesse pour sauver le pays d'un trait, un seul.

Rien à voir avec leurs doses homéopathiques clairsemées, à intervalles irréguliers et espacés, que même un médecin désinvolte n'oserait pas conseiller à son malade.

C'est ici que réside la différence dans l'approche.

El le moment est tout indiqué pour cette force inaliénable qui oppose le rêve insensé à la démesure du gouvernant, pour s'emparer de la troïka au pouvoir et de l'opposition molle dans le même assaut pour délivrer la Tunisie.

Je remercie   l’auteur  Ouled Ahmed de m’avoir autorisé à traduire son texte

Tunisie Focus

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