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Autant le dire… : Incivisme pêle-mêle, et on avance…

Malgré les récentes sorties conjuguées de la Police municipale (PM) et Compagnie de sécurité républicaine (CRS) pour mettre fin au transport des passagers par les taxi-motos ces derniers continuent de le faire. On a même l'impression que certains le font juste pour défier l'autorité.

. Ce qui est grave car, lorsque la police les arrêtera, ils seront les premiers à se plaindre alors qu'ils n'ont pas raison. La loi est dure, mais elle reste la loi. En attendant qu'une autre disposition autorise les taxi-motos à transporter des passagers dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, pour le moment, cela est interdit. Il faut donc se conformer à la loi pour éviter les désagréments. Pire, ils font du transport mixte : passagers et bagages. Ce qui est encore plus grave quand on sait que ces engins ne sont pas faits pour transporter au-delà d'un certain tonnage. Si bien qu'ils représentent ainsi un véritable danger dans les villes. Ce que la police fait est donc juste une question de sécurité publique.

Quand on quitte les taxi-motos pour aller voir du côté des taxis (les vrais ?) on n'est pas mieux rassuré. D'abord l'état de nombreux taxis dans nos villes (Bobo et Ouaga) laisse à désirer. En cette saison des pluies, certains d'entre eux sont si nauséabonds que lorsque vous avez un bon odorat, ne vous y aventurez pas. S'ils ne prennent pas l'eau et la boue par le bas, c'est par le toit ou les portières qu'ils prennent l'eau de pluie. Est-ce cela des taxis ? Sans doute que non, quand on constate qu'en plus, ils ne sont pas du tout en règle vis-à-vis des assurances et des visites techniques.

Pire, la plupart de ces taxis utilisent du gaz domestique comme source d'énergie, en lieu et place de l'essence ou du gasoil. Parce que ça coûté moins cher et leur permet ainsi de faire de bonnes affaires. Alors qu'ils savent pertinemment que l'utilisation du gaz est très dangereux pour eux d'abord, ensuite pour les passagers qu'ils transportent et enfin pour l'ensemble des usagers de la circulation. Malgré les sensibilisations et autres mises en garde, ils continuent de le faire. Le jour que les services de sécurité urbaine vont prendre leurs responsabilités, ils seront les premiers à se plaindre ; s'ils ne manifestent pas. Alors qu'ils savent pertinemment qu'ils ne respectent pas la loi. Sous le prétexte que « cherche notre manger ». Faut-il chercher son pain en mettant en danger la vie des autres ?

A un feu tricolore, un taxi-moto qui occupa la tête du peloton décroche son téléphone portable. Parce qu'au bout du fil, un potentiel client l'appelle pour qu'il vienne transporter des marchandises. Le conducteur prend tout son temps, oublie que le feu est passé au vert. Il a fallu les klaxons et les invectives des autres usagers pour qu'il démarre enfin son « affaire ». Pire que lui, un cycliste, le téléphone portable collé à l'oreille alors que l'autre main tenait le guidon de son « kilimandjaro » (ndlr : le vélo selon un artiste musicien) oublie que le feu est au rouge. Il traverse ainsi la voie alors que des deux côtés les usagers étaient engagés. Il a fallu de très peu pour qu'il ne commette pas d'accident de la circulation. Bien au courant de son impertinence, il se plaint tout de même, gesticule et professe des injures. Dans quel monde se trouve-t-on, s'est interrogé un usager.

A un autre feu, pourtant fonctionnel, aucun usager ne marque l'arrêt. Tous ceux qui arrivent continuent leur chemin, comme si de rien n'était. Y compris les véhicules et les taxi-motos. N'est-ce pas de l'incivisme ? Finalement, on est en droit de se demander à quoi servent alors les feux tricolores ? Quand il n'y en a pas on se plaint ; quand il y en a, on ne les respecte pas. Y compris les panneaux de stop. Il est 12 heures, heure de pointe. Sur une avenue à grande circulation, un camion remorque dans sa man½uvre bloque la circulation. Les usagers se plaignent. Qu'est-ce qu'il est venu chercher au centre-ville à une telle heure ? Ainsi va la vie...la circulation dans nos cités.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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