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Smokey et Sam's K Le Jah veulent passer « le coup de balai dont le Faso a tant besoin »

Les deux artistes sont à l'origine d'un nouveau mouvement de contestation, « Le Balai Citoyen ». Né au vu du contexte social actuel, en parallèle aux diverses manifestations qui continuent d'avoir lieu au Faso contre -entre autres - la mise en place du Sénat, il répond selon eux à « l'aspiration du peuple ». Ce jeudi 18 juillet 2013, Smokey et Sam's K Le Jah sont venus à la rencontre des journalistes au Centre de presse de Ouagadougou afin de présenter ce mouvement de « citoyens balayeurs », dits les « CiBals ».

« Balayer ce qui ne va pas dans la société » : telle est la philosophie du « CiBalisme », annonce Smokey. Le message ne peut être plus clair. Armés de balais - et de micros - l'ex-animateur de Ouaga FM et le chanteur Smokey sont venus exprimer, ce jeudi 18 juillet, leur ras-le-bol face à la situation socio-politique actuelle, demandant un « grand nettoyage » au niveau des institutions qui nous dirigent.

Comme nombreuses autres voix qui se sont élevées dernièrement, Sam's K Le Jah martèle : « le Sénat, on n'en veut pas ». Mais aussi, entre autres : « On veut qu'à partir de 2015, on nous parle d'un nouveau nom - plus de Compaoré ». Comme pour justifier leurs doléances, Smokey déclare de son côté que « le pouvoir de la 4e République est rongé par la corruption ; il ne se passe pas une semaine sans quelque chose de sale ». Et d'estimer : « On va vers une implosion qui commence à inquiéter les gens. Je crois qu'il est temps d'agir ».

D'où la naissance, donc, du « Balai Citoyen ». « L'engagement est là depuis longtemps », précise Sam's K Le Jah. « Smokey était dans son coin, moi j'étais dans mon coin... A l'occasion du festival Ciné Droits Libres, on a échangé, et on a décidé de se mettre au-devant des choses, de passer à une autre vitesse dans notre militantisme ». L'idée des « citoyens balayeurs » - aka les « CiBals » et les « CiBelles » pour ces dames - est alors apparue.

« Le Balais Citoyen est un mouvement non-lucratif, qui n'a pas d'ambition de pouvoir politique »

précisément, c'est à la suite de la marche du 29 juin, organisée contre la mise en place du Sénat et à laquelle ont participé les deux artistes, que le mouvement a vu le jour. Notant une certaine « guerre de clans dans l'opposition » et souhaitant voir naître un mouvement pacifique - sans la violence et la répression dans lesquelles s'est terminée (malgré elle) la marche de l'opposition -, Smokey et Sam's K Le Jah ont décidé qu'il était temps d'unir leurs forces pour agir.

« Le Balais Citoyen est un mouvement non-lucratif, qui n'a pas d'ambition de pouvoir politique [...] Le but est de créer une dynamique, une synergie qui rassemble », avance le premier. « On refuse de s'inscrire dans la dynamique d'artistes qui font des concerts pour la paix, mais qui ne travaillent pas en amont pour ½uvrer pour la paix [...] On a chanté ; aujourd'hui, il faut descendre sur le terrain », affirme le second.

« Le terrain, déjà, c'est faire partir la peur de s'engager », poursuit le chanteur, estimant que souvent « les gens ne s'engagent pas parce qu'ils ont peur ». Or, « nous voyons bien que le pouvoir met toujours en place toutes sortes de manigances pour cacher la vérité, et il se nourrit de notre silence. C'est pourquoi il faut l'ouvrir en grand », enchérit Smokey.

« Tout ce que l'on pourra faire, on le fera »

Les deux artistes considèrent ainsi qu'il est leur rôle, en tant que personnalités publiques, de montrer l'exemple. « Dans une certaine mesure, 'Smokey' et 'Sam's K' sont des noms qui comptent au Burkina, et on a senti le besoin de jouer notre partition dans l'orchestre », affirme effectivement le chanteur burkinabè - qui a d'ailleurs profité de cette conférence de presse pour présenter son nouveau maxi, Cash cash, lequel comporte notamment un morceau intitulé « Non au Sénat ».

Et c'est nul doute grâce à leur notoriété que le mouvement « Balai Citoyen » a su, en moins d'une semaine, réunir quelque 1500 membres sur les réseaux sociaux. A ce propos, « le mouvement est présent sur Facebook et Twitter car il faut se servir de tous les outils », explique Smockey. Soulignant par ailleurs : « Tout ce que l'on pourra faire - débats, concerts, rencontres, etc. - on le fera ».

En échange, les deux artistes en appellent à « la participation de toute la société burkinabè, car cela nous concerne tous », souligne Sam's K Le Jah. « Avec la volonté de tout un chacun, on peut arriver à faire de grandes choses » estime-t-il. Rappelant, en outre, le slogan du mouvement des « CiBals » : « Notre nombre est notre force ».

Jessica Rat

Lefaso.net

Le Faso

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