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Ramadan et été, un duo qui désavantage l’économie

Le mois de Ramadan est  la période de l'année où la consommation des ménages atteint un pic important. Les tables des Marocains, toutes catégories confondues, sont très garnies. On achète les produits de première nécessité, mais également les produits accessoires. Les habitudes alimentaires des Marocains ont évolué : le ftour classique avec Hrira, dattes, lait et chbakia, c'est révolu. Aujourd'hui, on trouve une très grande variété de mets (sucrés et salés). Viennoiseries, briouates salées et sucrées, baghrir, ½ufs, poissons, jus de fruits… cette abondance de la consommation, augmentant la demande, a pour conséquence directe l'augmentation des prix. Cela pèse sur les bourses des ménages, lesquels n'hésitent pas à s'endetter durant ce mois pour satisfaire à des besoins alimentaires qui relèvent souvent de l'accessoire (voir encadré).

Surconsommation= hausse des prix

Une étude réalisée par le HCP (Haut-Commissariat au Plan) fait montre d'une incidence assez importante du mois sacré sur l'économie. Les prix des produits à la consommation sont les plus concernés. L'analyse du HCP montre cette augmentation n'est pas seulement due au mois de Ramadan, mais également à la saison estivale. Ce sont des facteurs combinés qui seraient à l'origine de la hausse des prix, une thèse qui n'est pas tout à fait valable pour tous les produits et les secteurs. « L'effet de ramadan représenterait près de 0,7% du prix des produits alimentaires, et l'effet de la saison, lié au mois de juillet, atteindrait près de -1,3%», lit-on dans le rapport du HCP. Ainsi, c'est le même scénario qui revient chaque année : dès que le mois de ramadan pointe son nez, on assiste à une hausse des prix.  Les produits alimentaires les plus touchés sont les poissons et les légumes frais. «Les prix des poissons devraient, en effet, s'inscrire en hausse de 6% durant le mois de juillet. Cette augmentation serait amplifiée par un effet saisonnier positif, puisque les prix de ces denrées s'apprécient régulièrement durant ce mois». Là encore, ce n'est pas plus l'effet de la saison que celui du Ramadan qui amplifie les prix. Tous les mois de Ramadan, la ruée vers le poisson fait que ses prix flambent, si encore on parvient à en trouver. Les rares variétés auxquelles le consommateur marocain peut encore prétendre, se raréfient en ce mois sacré.  Pour ne citer que deux ou trois variétés habituellement accessibles, il faut compter 100 Dhs pour un kilo de soles ou de merlans. La crevette a atteint ce weekend un prix record de 150 Dhs/kg, contre 100 à 120 Dhs le weekend précédent. Le prix de la sardine est passé à 25 Dhs/kg.

L'impact du mois de ramadan sur les prix des légumes frais atteindrait 2,2%, mais serait annulé, contrairement aux poissons, par une dépréciation saisonnière importante (-13,6%). S'il est vrai que sur le terrain, on ne constate pas d'augmentation particulière au niveau des fruits, qui sont déjà assez chers, on ne peut pas non plus parler d'une véritable baisse des prix. D'ailleurs, si l'on ne s'intéresse qu'aux fruits accessibles à tous, on assiste à une augmentation assez importante. C'est le cas de la banane, dont le prix est passé de 10 Dhs/kg à 14 dhs/kg. Il en est de même pour les oranges, très consommées en cette période (là, on peut effectivement parler de la combinaison de ces deux facteurs : ramadan et chaleur). Elles sont ainsi passées de 4 Dhs/kg à 8 Dhs actuellement.

En ce qui concerne les légumes, certains ont tout de même subi une hausse : c'est surtout le cas des légumes en fin de saison ou en début de saison (ce qui n'est pas directement lié à Ramadan). Il s'agit des artichauts, du fenouil, du lkim (coing), du mloukhia (gombo)...

Les fruits secs, ainsi que les produits laitiers, ne sont pas en reste : le mois de ramadan génèrerait un supplément de près de 1% durant le mois de juillet (ce supplément avoisinerait 0,2% le mois suivant).

Selon l'étude du HCP, l'impact inflationniste du mois de Ramadan serait contenu. L'inflation additionnelle, due au mois sacré, serait de l'ordre de 0,4 point pour les produits alimentaires au mois de juillet, et serait totalement annulée le mois suivant.

ramadan

C'est la troisième année consécutive que le mois de Ramadan coïncide avec l'été. Cela n'est pas sans impact sur l'économie ; le secteur du tourisme semble être le plus affecté. Une étude réalisée par le HCP fait montre d'une incidence assez importante du mois sacré sur notre économie.

Tourisme, des nuitées en moins

L'autre secteur le plus impacté par le Ramadan est incontestablement le tourisme. C'est la troisième année consécutive que le mois de Ramadan coïncide avec l'été, ce qui a pour effet d'influer les habitudes de voyage des marocains, qui vont programmer leurs congés annuels après Ramadan. Cela risque d'accentuer la concentration sur le mois d'août (un quart des nuitées globales et un tiers de celles des résidents sont en moyenne réalisés pendant ces deux mois seulement).

Cela va donc se traduire par une régression du chiffre des hôteliers, sachant que le tourisme national occupe  le second rang après le marché français, avec 26,6 % du chiffre global.

Selon l'analyse du HCP, cet impact se traduirait par -44% pour les nuitées globales et -59% pour celles des résidents. «Ces deux impacts antinomiques seront, en définitive, à l'origine d'une perte de près de 10% au mois de juillet (22% pour les nuitées des résidents), soit l'équivalent de près 160 000 nuitées (115 000 pour les nationaux).» Les sept (ou huit) jours de jeûne que l'on observerait durant ce mois ne vont occasionner qu'une baisse de 6,5% des nuitées (-16% pour celles des nationaux).

Enfin, le transport ferroviaire est également touché par ce trend baissier. Le supplément saisonnier positif, afférent au mois de juillet et correspondant à 25% de l'activité des trains, serait largement annulé par la venue de Ramadan durant ce mois. Celui-ci serait, en effet, à l'origine d'une baisse de régime de l'ordre de 52%.

Enfin, les ménages devraient penser à consommer raisonnablement pour limiter les  effets de la surconsommation liée à ce mois sacré. Parce qu'au cas où certains l'auraient oublié, Ramadan est avant tout un mois de spiritualité.

Leila Ouazry

 

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Ramadan et été, un duo qui désavantage l'économie

 

Le mois de Ramadan est  la période de l'année où la consommation des ménages atteint un pic important. Les tables des Marocains, toutes catégories confondues, sont très garnies. On achète les produits de première nécessité, mais également les produits accessoires. Les habitudes alimentaires des Marocains ont évolué : le ftour classique avec Hrira, dattes, lait et chbakia, c'est révolu. Aujourd'hui, on trouve une très grande variété de mets (sucrés et salés). Viennoiseries, briouates salées et sucrées, baghrir, ½ufs, poissons, jus de fruits… cette abondance de la consommation, augmentant la demande, a pour conséquence directe l'augmentation des prix. Cela pèse sur les bourses des ménages, lesquels n'hésitent pas à s'endetter durant ce mois pour satisfaire à des besoins alimentaires qui relèvent souvent de l'accessoire (voir encadré).

Surconsommation= hausse des prix

Une étude réalisée par le HCP (Haut-Commissariat au Plan) fait montre d'une incidence assez importante du mois sacré sur l'économie. Les prix des produits à la consommation sont les plus concernés. L'analyse du HCP montre cette augmentation n'est pas seulement due au mois de Ramadan, mais également à la saison estivale. Ce sont des facteurs combinés qui seraient à l'origine de la hausse des prix, une thèse qui n'est pas tout à fait valable pour tous les produits et les secteurs. « L'effet de ramadan représenterait près de 0,7% du prix des produits alimentaires, et l'effet de la saison, lié au mois de juillet, atteindrait près de -1,3%», lit-on dans le rapport du HCP. Ainsi, c'est le même scénario qui revient chaque année : dès que le mois de ramadan pointe son nez, on assiste à une hausse des prix.  Les produits alimentaires les plus touchés sont les poissons et les légumes frais. «Les prix des poissons devraient, en effet, s'inscrire en hausse de 6% durant le mois de juillet. Cette augmentation serait amplifiée par un effet saisonnier positif, puisque les prix de ces denrées s'apprécient régulièrement durant ce mois». Là encore, ce n'est pas plus l'effet de la saison que celui du Ramadan qui amplifie les prix. Tous les mois de Ramadan, la ruée vers le poisson fait que ses prix flambent, si encore on parvient à en trouver. Les rares variétés auxquelles le consommateur marocain peut encore prétendre, se raréfient en ce mois sacré.  Pour ne citer que deux ou trois variétés habituellement accessibles, il faut compter 100 Dhs pour un kilo de soles ou de merlans. La crevette a atteint ce weekend un prix record de 150 Dhs/kg, contre 100 à 120 Dhs le weekend précédent. Le prix de la sardine est passé à 25 Dhs/kg.

L'impact du mois de ramadan sur les prix des légumes frais atteindrait 2,2%, mais serait annulé, contrairement aux poissons, par une dépréciation saisonnière importante (-13,6%). S'il est vrai que sur le terrain, on ne constate pas d'augmentation particulière au niveau des fruits, qui sont déjà assez chers, on ne peut pas non plus parler d'une véritable baisse des prix. D'ailleurs, si l'on ne s'intéresse qu'aux fruits accessibles à tous, on assiste à une augmentation assez importante. C'est le cas de la banane, dont le prix est passé de 10 Dhs/kg à 14 dhs/kg. Il en est de même pour les oranges, très consommées en cette période (là, on peut effectivement parler de la combinaison de ces deux facteurs : ramadan et chaleur). Elles sont ainsi passées de 4 Dhs/kg à 8 Dhs actuellement.

En ce qui concerne les légumes, certains ont tout de même subi une hausse : c'est surtout le cas des légumes en fin de saison ou en début de saison (ce qui n'est pas directement lié à Ramadan). Il s'agit des artichauts, du fenouil, du lkim (coing), du mloukhia (gombo)...

Les fruits secs, ainsi que les produits laitiers, ne sont pas en reste : le mois de ramadan génèrerait un supplément de près de 1% durant le mois de juillet (ce supplément avoisinerait 0,2% le mois suivant).

Selon l'étude du HCP, l'impact inflationniste du mois de Ramadan serait contenu. L'inflation additionnelle, due au mois sacré, serait de l'ordre de 0,4 point pour les produits alimentaires au mois de juillet, et serait totalement annulée le mois suivant.

 

C'est la troisième année consécutive que le mois de Ramadan coïncide avec l'été. Cela n'est pas sans impact sur l'économie ; le secteur du tourisme semble être le plus affecté. Une étude réalisée par le HCP fait montre d'une incidence assez importante du mois sacré sur notre économie.

Tourisme, des nuitées en moins

L'autre secteur le plus impacté par le Ramadan est incontestablement le tourisme. C'est la troisième année consécutive que le mois de Ramadan coïncide avec l'été, ce qui a pour effet d'influer les habitudes de voyage des marocains, qui vont programmer leurs congés annuels après Ramadan. Cela risque d'accentuer la concentration sur le mois d'août (un quart des nuitées globales et un tiers de celles des résidents sont en moyenne réalisés pendant ces deux mois seulement).

Cela va donc se traduire par une régression du chiffre des hôteliers, sachant que le tourisme national occupe  le second rang après le marché français, avec 26,6 % du chiffre global.

Selon l'analyse du HCP, cet impact se traduirait par -44% pour les nuitées globales et -59% pour celles des résidents. «Ces deux impacts antinomiques seront, en définitive, à l'origine d'une perte de près de 10% au mois de juillet (22% pour les nuitées des résidents), soit l'équivalent de près 160 000 nuitées (115 000 pour les nationaux).» Les sept (ou huit) jours de jeûne que l'on observerait durant ce mois ne vont occasionner qu'une baisse de 6,5% des nuitées (-16% pour celles des nationaux).

Enfin, le transport ferroviaire est également touché par ce trend baissier. Le supplément saisonnier positif, afférent au mois de juillet et correspondant à 25% de l'activité des trains, serait largement annulé par la venue de Ramadan durant ce mois. Celui-ci serait, en effet, à l'origine d'une baisse de régime de l'ordre de 52%.

Enfin, les ménages devraient penser à consommer raisonnablement pour limiter les  effets de la surconsommation liée à ce mois sacré. Parce qu'au cas où certains l'auraient oublié, Ramadan est avant tout un mois de spiritualité.

Leila Ouazry

Témoignages :

Pour Malika, femme de ménage de sa fonction, dont le mari est vendeur de fruit à Lahjajma, le ftour doit être aussi copieux que celui de ses voisins. «L'ambiance de Ramadan, c'est sa table du ftour. Autant pour le shour, ce n'est pas très important, le ftour doit tout avoir ». Alors, en quoi consiste le repas de ftour de Malika, son mari, sa fillette de 12 ans et son beau-frère ?

Hrira, thé, café, jus d'orange nature, lait, dates, figues sèches, figues de barbarie, sellou, chbakia, baghrir, msemen, poisson frit, cake (maison), viennoiseries... Pour le repas de shour, il faut un tagine, suivi du thé accompagné de baghrir ou de batbout, et enfin des fruits.

Ramadan et été, un duo qui désavantage l'économie

 

Le mois de Ramadan est  la période de l'année où la consommation des ménages atteint un pic important. Les tables des Marocains, toutes catégories confondues, sont très garnies. On achète les produits de première nécessité, mais également les produits accessoires. Les habitudes alimentaires des Marocains ont évolué : le ftour classique avec Hrira, dattes, lait et chbakia, c'est révolu. Aujourd'hui, on trouve une très grande variété de mets (sucrés et salés). Viennoiseries, briouates salées et sucrées, baghrir, ½ufs, poissons, jus de fruits… cette abondance de la consommation, augmentant la demande, a pour conséquence directe l'augmentation des prix. Cela pèse sur les bourses des ménages, lesquels n'hésitent pas à s'endetter durant ce mois pour satisfaire à des besoins alimentaires qui relèvent souvent de l'accessoire (voir encadré).

Surconsommation= hausse des prix

Une étude réalisée par le HCP (Haut-Commissariat au Plan) fait montre d'une incidence assez importante du mois sacré sur l'économie. Les prix des produits à la consommation sont les plus concernés. L'analyse du HCP montre cette augmentation n'est pas seulement due au mois de Ramadan, mais également à la saison estivale. Ce sont des facteurs combinés qui seraient à l'origine de la hausse des prix, une thèse qui n'est pas tout à fait valable pour tous les produits et les secteurs. « L'effet de ramadan représenterait près de 0,7% du prix des produits alimentaires, et l'effet de la saison, lié au mois de juillet, atteindrait près de -1,3%», lit-on dans le rapport du HCP. Ainsi, c'est le même scénario qui revient chaque année : dès que le mois de ramadan pointe son nez, on assiste à une hausse des prix.  Les produits alimentaires les plus touchés sont les poissons et les légumes frais. «Les prix des poissons devraient, en effet, s'inscrire en hausse de 6% durant le mois de juillet. Cette augmentation serait amplifiée par un effet saisonnier positif, puisque les prix de ces denrées s'apprécient régulièrement durant ce mois». Là encore, ce n'est pas plus l'effet de la saison que celui du Ramadan qui amplifie les prix. Tous les mois de Ramadan, la ruée vers le poisson fait que ses prix flambent, si encore on parvient à en trouver. Les rares variétés auxquelles le consommateur marocain peut encore prétendre, se raréfient en ce mois sacré.  Pour ne citer que deux ou trois variétés habituellement accessibles, il faut compter 100 Dhs pour un kilo de soles ou de merlans. La crevette a atteint ce weekend un prix record de 150 Dhs/kg, contre 100 à 120 Dhs le weekend précédent. Le prix de la sardine est passé à 25 Dhs/kg.

L'impact du mois de ramadan sur les prix des légumes frais atteindrait 2,2%, mais serait annulé, contrairement aux poissons, par une dépréciation saisonnière importante (-13,6%). S'il est vrai que sur le terrain, on ne constate pas d'augmentation particulière au niveau des fruits, qui sont déjà assez chers, on ne peut pas non plus parler d'une véritable baisse des prix. D'ailleurs, si l'on ne s'intéresse qu'aux fruits accessibles à tous, on assiste à une augmentation assez importante. C'est le cas de la banane, dont le prix est passé de 10 Dhs/kg à 14 dhs/kg. Il en est de même pour les oranges, très consommées en cette période (là, on peut effectivement parler de la combinaison de ces deux facteurs : ramadan et chaleur). Elles sont ainsi passées de 4 Dhs/kg à 8 Dhs actuellement.

En ce qui concerne les légumes, certains ont tout de même subi une hausse : c'est surtout le cas des légumes en fin de saison ou en début de saison (ce qui n'est pas directement lié à Ramadan). Il s'agit des artichauts, du fenouil, du lkim (coing), du mloukhia (gombo)...

Les fruits secs, ainsi que les produits laitiers, ne sont pas en reste : le mois de ramadan génèrerait un supplément de près de 1% durant le mois de juillet (ce supplément avoisinerait 0,2% le mois suivant).

Selon l'étude du HCP, l'impact inflationniste du mois de Ramadan serait contenu. L'inflation additionnelle, due au mois sacré, serait de l'ordre de 0,4 point pour les produits alimentaires au mois de juillet, et serait totalement annulée le mois suivant.

 

C'est la troisième année consécutive que le mois de Ramadan coïncide avec l'été. Cela n'est pas sans impact sur l'économie ; le secteur du tourisme semble être le plus affecté. Une étude réalisée par le HCP fait montre d'une incidence assez importante du mois sacré sur notre économie.

Tourisme, des nuitées en moins

L'autre secteur le plus impacté par le Ramadan est incontestablement le tourisme. C'est la troisième année consécutive que le mois de Ramadan coïncide avec l'été, ce qui a pour effet d'influer les habitudes de voyage des marocains, qui vont programmer leurs congés annuels après Ramadan. Cela risque d'accentuer la concentration sur le mois d'août (un quart des nuitées globales et un tiers de celles des résidents sont en moyenne réalisés pendant ces deux mois seulement).

Cela va donc se traduire par une régression du chiffre des hôteliers, sachant que le tourisme national occupe  le second rang après le marché français, avec 26,6 % du chiffre global.

Selon l'analyse du HCP, cet impact se traduirait par -44% pour les nuitées globales et -59% pour celles des résidents. «Ces deux impacts antinomiques seront, en définitive, à l'origine d'une perte de près de 10% au mois de juillet (22% pour les nuitées des résidents), soit l'équivalent de près 160 000 nuitées (115 000 pour les nationaux).» Les sept (ou huit) jours de jeûne que l'on observerait durant ce mois ne vont occasionner qu'une baisse de 6,5% des nuitées (-16% pour celles des nationaux).

Enfin, le transport ferroviaire est également touché par ce trend baissier. Le supplément saisonnier positif, afférent au mois de juillet et correspondant à 25% de l'activité des trains, serait largement annulé par la venue de Ramadan durant ce mois. Celui-ci serait, en effet, à l'origine d'une baisse de régime de l'ordre de 52%.

Enfin, les ménages devraient penser à consommer raisonnablement pour limiter les  effets de la surconsommation liée à ce mois sacré. Parce qu'au cas où certains l'auraient oublié, Ramadan est avant tout un mois de spiritualité.

Leila Ouazry

Témoignages :

Pour Malika, femme de ménage de sa fonction, dont le mari est vendeur de fruit à Lahjajma, le ftour doit être aussi copieux que celui de ses voisins. «L'ambiance de Ramadan, c'est sa table du ftour. Autant pour le shour, ce n'est pas très important, le ftour doit tout avoir ». Alors, en quoi consiste le repas de ftour de Malika, son mari, sa fillette de 12 ans et son beau-frère ?

Hrira, thé, café, jus d'orange nature, lait, dates, figues sèches, figues de barbarie, sellou, chbakia, baghrir, msemen, poisson frit, cake (maison), viennoiseries... Pour le repas de shour, il faut un tagine, suivi du thé accompagné de baghrir ou de batbout, et enfin des fruits.

Ramadan et été, un duo qui désavantage l'économie

 

Le mois de Ramadan est  la période de l'année où la consommation des ménages atteint un pic important. Les tables des Marocains, toutes catégories confondues, sont très garnies. On achète les produits de première nécessité, mais également les produits accessoires. Les habitudes alimentaires des Marocains ont évolué : le ftour classique avec Hrira, dattes, lait et chbakia, c'est révolu. Aujourd'hui, on trouve une très grande variété de mets (sucrés et salés). Viennoiseries, briouates salées et sucrées, baghrir, ½ufs, poissons, jus de fruits… cette abondance de la consommation, augmentant la demande, a pour conséquence directe l'augmentation des prix. Cela pèse sur les bourses des ménages, lesquels n'hésitent pas à s'endetter durant ce mois pour satisfaire à des besoins alimentaires qui relèvent souvent de l'accessoire (voir encadré).

Surconsommation= hausse des prix

Une étude réalisée par le HCP (Haut-Commissariat au Plan) fait montre d'une incidence assez importante du mois sacré sur l'économie. Les prix des produits à la consommation sont les plus concernés. L'analyse du HCP montre cette augmentation n'est pas seulement due au mois de Ramadan, mais également à la saison estivale. Ce sont des facteurs combinés qui seraient à l'origine de la hausse des prix, une thèse qui n'est pas tout à fait valable pour tous les produits et les secteurs. « L'effet de ramadan représenterait près de 0,7% du prix des produits alimentaires, et l'effet de la saison, lié au mois de juillet, atteindrait près de -1,3%», lit-on dans le rapport du HCP. Ainsi, c'est le même scénario qui revient chaque année : dès que le mois de ramadan pointe son nez, on assiste à une hausse des prix.  Les produits alimentaires les plus touchés sont les poissons et les légumes frais. «Les prix des poissons devraient, en effet, s'inscrire en hausse de 6% durant le mois de juillet. Cette augmentation serait amplifiée par un effet saisonnier positif, puisque les prix de ces denrées s'apprécient régulièrement durant ce mois». Là encore, ce n'est pas plus l'effet de la saison que celui du Ramadan qui amplifie les prix. Tous les mois de Ramadan, la ruée vers le poisson fait que ses prix flambent, si encore on parvient à en trouver. Les rares variétés auxquelles le consommateur marocain peut encore prétendre, se raréfient en ce mois sacré.  Pour ne citer que deux ou trois variétés habituellement accessibles, il faut compter 100 Dhs pour un kilo de soles ou de merlans. La crevette a atteint ce weekend un prix record de 150 Dhs/kg, contre 100 à 120 Dhs le weekend précédent. Le prix de la sardine est passé à 25 Dhs/kg.

L'impact du mois de ramadan sur les prix des légumes frais atteindrait 2,2%, mais serait annulé, contrairement aux poissons, par une dépréciation saisonnière importante (-13,6%). S'il est vrai que sur le terrain, on ne constate pas d'augmentation particulière au niveau des fruits, qui sont déjà assez chers, on ne peut pas non plus parler d'une véritable baisse des prix. D'ailleurs, si l'on ne s'intéresse qu'aux fruits accessibles à tous, on assiste à une augmentation assez importante. C'est le cas de la banane, dont le prix est passé de 10 Dhs/kg à 14 dhs/kg. Il en est de même pour les oranges, très consommées en cette période (là, on peut effectivement parler de la combinaison de ces deux facteurs : ramadan et chaleur). Elles sont ainsi passées de 4 Dhs/kg à 8 Dhs actuellement.

En ce qui concerne les légumes, certains ont tout de même subi une hausse : c'est surtout le cas des légumes en fin de saison ou en début de saison (ce qui n'est pas directement lié à Ramadan). Il s'agit des artichauts, du fenouil, du lkim (coing), du mloukhia (gombo)...

Les fruits secs, ainsi que les produits laitiers, ne sont pas en reste : le mois de ramadan génèrerait un supplément de près de 1% durant le mois de juillet (ce supplément avoisinerait 0,2% le mois suivant).

Selon l'étude du HCP, l'impact inflationniste du mois de Ramadan serait contenu. L'inflation additionnelle, due au mois sacré, serait de l'ordre de 0,4 point pour les produits alimentaires au mois de juillet, et serait totalement annulée le mois suivant.

 

C'est la troisième année consécutive que le mois de Ramadan coïncide avec l'été. Cela n'est pas sans impact sur l'économie ; le secteur du tourisme semble être le plus affecté. Une étude réalisée par le HCP fait montre d'une incidence assez importante du mois sacré sur notre économie.

Tourisme, des nuitées en moins

L'autre secteur le plus impacté par le Ramadan est incontestablement le tourisme. C'est la troisième année consécutive que le mois de Ramadan coïncide avec l'été, ce qui a pour effet d'influer les habitudes de voyage des marocains, qui vont programmer leurs congés annuels après Ramadan. Cela risque d'accentuer la concentration sur le mois d'août (un quart des nuitées globales et un tiers de celles des résidents sont en moyenne réalisés pendant ces deux mois seulement).

Cela va donc se traduire par une régression du chiffre des hôteliers, sachant que le tourisme national occupe  le second rang après le marché français, avec 26,6 % du chiffre global.

Selon l'analyse du HCP, cet impact se traduirait par -44% pour les nuitées globales et -59% pour celles des résidents. «Ces deux impacts antinomiques seront, en définitive, à l'origine d'une perte de près de 10% au mois de juillet (22% pour les nuitées des résidents), soit l'équivalent de près 160 000 nuitées (115 000 pour les nationaux).» Les sept (ou huit) jours de jeûne que l'on observerait durant ce mois ne vont occasionner qu'une baisse de 6,5% des nuitées (-16% pour celles des nationaux).

Enfin, le transport ferroviaire est également touché par ce trend baissier. Le supplément saisonnier positif, afférent au mois de juillet et correspondant à 25% de l'activité des trains, serait largement annulé par la venue de Ramadan durant ce mois. Celui-ci serait, en effet, à l'origine d'une baisse de régime de l'ordre de 52%.

Enfin, les ménages devraient penser à consommer raisonnablement pour limiter les  effets de la surconsommation liée à ce mois sacré. Parce qu'au cas où certains l'auraient oublié, Ramadan est avant tout un mois de spiritualité.

Leila Ouazry

 

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Témoignages : 

Pour Malika, femme de ménage de sa fonction, dont le mari est vendeur de fruit à Lahjajma, le ftour doit être aussi copieux que celui de ses voisins. «L'ambiance de Ramadan, c'est sa table du ftour. Autant pour le shour, ce n'est pas très important, le ftour doit tout avoir ». Alors, en quoi consiste le repas de ftour de Malika, son mari, sa fillette de 12 ans et son beau-frère ? 

Hrira, thé, café, jus d'orange nature, lait, dates, figues sèches, figues de barbarie, sellou, chbakia, baghrir, msemen, poisson frit, cake (maison), viennoiseries... Pour le repas de shour, il faut un tagine, suivi du thé accompagné de baghrir ou de batbout, et enfin des fruits.

Témoignages : 

Pour Malika, femme de ménage de sa fonction, dont le mari est vendeur de fruit à Lahjajma, le ftour doit être aussi copieux que celui de ses voisins. «L'ambiance de Ramadan, c'est sa table du ftour. Autant pour le shour, ce n'est pas très important, le ftour doit tout avoir ». Alors, en quoi consiste le repas de ftour de Malika, son mari, sa fillette de 12 ans et son beau-frère ? 

Hrira, thé, café, jus d'orange nature, lait, dates, figues sèches, figues de barbarie, sellou, chbakia, baghrir, msemen, poisson frit, cake (maison), viennoiseries... Pour le repas de shour, il faut un tagine, suivi du thé accompagné de baghrir ou de batbout, et enfin des fruits.

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