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Electorat féminin : LE TEMPS DES INNOVATIONS

Les femmes sont décidées à ne plus servir de marche-pied pour se hisser au pouvoir

La vieille ficelle des manifestations folkloriques et des petits cadeaux, ne suffit plus pour mobiliser les femmes. Les staffs de campagne sont contraints de faire preuve d'imagination

La campagne électorale pour le premier tour de l'élection présidentielle bat son plein. Les partis politiques redoublent d'efforts pour mobiliser les électrices déjà munies de la carte NINA. La campagne électorale est une période propice à l'organisation d'activités récréatives. En principe les manifestations folkloriques devraient être à l'honneur. Mais mois de carême oblige. Les partis adoptent d'autres techniques  pour  mobiliser et convaincre les femmes. Le constat dans les différents QG de campagne, est que les partis politiques ont pris bonne note du message des femmes  à leur intention. Désormais,  l'époque des gadgets comme les tee-shirts, les pagnes semble révolue. Les femmes ne veulent plus servir de marchepied pour les politiques. Elles refusent de devenir des laissés-pour-compte après avoir porté au pouvoir des politiciens sans parole.

Signe de ce changement, plus personne ne veut servir de bétail électoral. A titre d'illustration, une responsable dans un grand parti a vécu, il y a quelques jours, une scène peu habituelle dans un village dans la circonscription de Toukoto. Cette femme politique était allée à la rencontre des habitants du village de Bakaribougouda, situé à 18 Km de Toukoto dans la région de Kayes. Tous les villageois rassemblés autour de leur chef ont fait savoir qu'ils voteront pour le candidat qui s'engagera contre l'honneur à construire des classes nouvelles pour leurs enfants. Aujourd'hui, ont-ils signifié à la visiteuse, notre préoccupation principale est la scolarisation des enfants.

Ce village ne dispose que de trois classes délabrées. Ces locaux insalubres reçoivent par rotation  les élèves de la 1ère année à la 6e  année. N'est-ce pas que les vrais électeurs sont les ruraux du Mali profond ? Le chef de village et ses subordonnés ont tenu la rencontre politique dans la cour de leur école aux trois classes dégradées. Cette scène dont témoigne notre responsable politique féminin, qui a voulu garder l'anonymat, prouve à suffisance que les femmes, les époux, les enfants en âge de voter se sont lassés des fausses promesses des politiciens.

 

AVERTIS. Les partis sont avertis. En connaissance de cause ils rivalisent d'ardeur pour rallier les populations rurales considérées à juste raison comme le plus fort potentiel électoral. Cependant à « situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles ». Malgré les contraintes du mois béni de ramadan les partis politiques ont su s'adapter à la morosité ambiante.

Mme Touré Dédeou Touré est militante du parti Yelema (le changement) qui a pour candidat Moussa Mara. Elle est catégorique. Son parti se prête au jeu du changement et refuse les pratiques classiques d'autrefois, fondées sur la distribution à tous vents de gadgets. Depuis l'invasion des régions du nord du Mali en janvier 2012 par les hordes djihadistes, une crise de confiance est née entre les Maliens et la classe politique. Le Mali revient de loin à cause du laxisme et la cécité des dirigeants. Les hommes politiques peinent à remonter la pente et à occuper le terrain perdu dans la confiance des populations du pays profond. C'est pour ces raisons  que selon Mme Touré Dédeou Touré, le parti « Yélema » joue en ce moment la carte des conférences de presse, des meetings pour vulgariser ses messages et son projet de société.

En ce qui concerne les contraintes liées au Ramadan, Mme Touré, élue en commune IV du district de Bamako, estime que la situation de crise a rendu difficile la mobilisation des femmes. C'est pourquoi le parti « Yélema » a privilégié trois options pour attirer l'électorat féminin. La première est l'organisation des lectures coraniques à l'intention des femmes musulmanes. « En cette période de ferveur religieuse quoi de plus normal, d'autant plus que les femmes se rassemblent généralement dans les lieux de cultes. « Cette opportunité est saisie pour faire passer nos messages de campagne »,  explique  Mme Touré.

Le parti offre des plats aux fidèles des mosquées de quartiers pour la rupture du jeûne. Par ailleurs, des jeunes filles dévouées et compétentes font du porte-à-porte pour faire passer le message de leur candidat Moussa Mara.

L'Union pour la République et la Démocratie (URD) favorise plutôt la sensibilisation à la base pour convaincre l'électorat féminin. Mme Sarra Haby Diallo est la secrétaire générale du mouvement des femmes de l'URD. Elle révèle que des rencontres sont initiées avec les groupements de femmes pour exposer le projet du candidat Soumaila Cissé. Les électrices sont considérées par l'URD comme le noyau central du corps électoral malien. Notre interlocutrice raconte : « Nous modulons nos actions en fonction de la réalité du terrain ». Le mode opératoire des responsables du parti URD  dans la capitale et ses environs diffère de celui des autres villes et villages du pays.

 

HIVERNAGE ET CARÊME. En effet, il faut faire face à une double contrainte. L'hivernage est une période sensible en milieu rural. Et le mois de carême ralentit considérablement toutes les activités. Compte tenu de l'enjeu et des difficultés, l'URD a préféré aller au devant des populations pour mieux faire passer son message, explique Mme Adiawiakoye Ramatou Koné secrétaire politique du parti de la poignée de mains. « Cette démarche citoyenne allie efficacité et gain de temps pour des électeurs dont les préoccupations sont multiples en cette période de crise », commente notre interlocutrice. Elle conclut que son parti met tout en ½uvre pour réussir un vote massif des femmes en faveur du candidat de l'URD, Soumaïla Cissé. Tous les moyens humains et matériels seront mis en ½uvre pour atteindre ces objectifs.

Le parti de la Convergence africaine pour le renouveau (CARE), privilégie l'approche avec le peuple. Mme Nafo Mariétou Diarra commente que le « Dantiguè ni Baro » (concertation et conversation)  consiste d'aller vers la population. « Lors de nos campagnes nous expliquons aux femmes et aux jeunes notre projet « Sambalagnon ». Ce projet a pour objectif de faciliter l'accès aux jeunes et aux femmes pour la création d'entreprise », souligne Mme Nafo qui indique que sa formation politique se donne tous les moyens pour faire face aux différentes contraintes liées à l'organisation de la présente élection présidentielle. Au cours des causeries le projet de société du parti est débattu. Les émissaires de CARE recensent les attentes et les préoccupations des femmes. Les solutions pouvant être apportées aux problèmes sont discutées ensemble.

La stratégie du staff de la campagne de Dramane Dembélé, le candidat de l'ADEMA-PASJ, privilégie les contacts directs pour mobiliser les femmes. Le directeur de campagne Harouna Cissé explique les trois raisons de ce choix. Primo, l'état actuel du pays ne se prête pas à la campagne tapageuse. Secundo, Harouna Cissé évoque l'empreinte de l'état d'urgence. La troisième contrainte est l'hivernage et le mois de Ramadan. Cependant le parti de l'abeille projette d'organiser des activités festives. Le gros de leur travail est orienté vers la sensibilisation de  l'électorat féminin.

Une place de choix est accordée à la sensibilisation pour le retrait de la carte NINA condition   sine qua non pour voter. « Je trouve que cela est beaucoup plus utile que l'organisation d'événements festifs », argumente le directeur de la campagne de l'ADEMA. Cette année, les femmes du parti ont choisi de mener une campagne sobre mais efficace.

Mme Maïga Sanaba Coulibaly, présidente des femmes de la commune III du MPR du candidat Choguel Kokala Maïga, estime que le mois de Ramadan n'affecte en rien la campagne de mobilisation autour des idéaux de leur candidat. Le MPR n'a jamais organisé une cérémonie récréative à l'intention des femmes. Leur stratégie consiste à travailler avec les femmes urbaines et rurales. Cependant le mois de Ramadan oblige les femmes du MPR à opter pour les rencontres nocturnes. L'approche consiste à réunir les femmes après la prière rituelle du Ramadan. Notre interlocutrice soutient que les femmes viennent soumettre leurs projets et attentes.

Certaines électrices potentielles jugent que les responsables politiques sont moins agressifs cette année.  D'autres estiment que la campagne pour l'élection présidentielle du 28 juillet est très timide. Néanmoins, toutes reconnaissent qu'il est préférable d'aller à des élections mêmes imparfaites, que de continuer à confier le pays à un pouvoir intérimaire.

Nous avons tenté en vain de faire parler les états-majors de campagne des autres candidats.

M. A. TRAORE

Mère et fille : L'AGE OU LEUR RELATION S'APAISE, C'EST...

Quoi de plus subtil, complexe et délicat que la relation qui unit une mère et sa fille ? Si les conflits vont et viennent, il est un âge où ils s'apaisent et où les deux protagonistes peuvent enfin profiter de ce lien particulier !

L'adolescence, une période difficile

Une étude britannique révélait récemment qu'au cours d'une année, une adolescente se dispute 183 fois avec sa mère, qu'elle claque la porte 164 fois, qu'elle pleure 123 fois à cause des garçons, qu'elle se chamaille 257 fois avec ses frères et soeurs et 127 fois avec ses amis. On le sait, l'adolescence est une période difficile, et il n'est pas rare que les tensions rejaillissent sur toute la famille, à commencer par la mère. Car celle-ci est au coeur des disputes les plus courantes...

Le temps de l'apaisement

Des chercheurs ont étudié les comportements de 2000 femmes pour mettre en lumière l'âge auquel une jeune fille peut enfin se retrouver en phase avec sa mère. Et c'est à l'âge de 23 ans que les situations semblent se délier naturellement... La raison est simple : beaucoup des sujets de querelle qui polluaient les rapports mère/fille s'estompent avec le temps, qu'il s'agisse du rangement de la chambre, des sorties entre copines, des mauvaises fréquentations ou des mauvaises manières, l'entrée dans l'âge adulte bouscule les habitudes...

L'âge tendre

Après les cris, la douceur... 23 ans serait donc l'âge auquel les jeunes femmes réalisent ce que leur mère a fait pour elles. Ainsi, 75% des femmes interrogées reconnaissent tous les efforts fournis par leurs mères pour leur fournir une bonne éducation, 76% expliquent que leur relation s'est grandement améliorée, 39% se décrivent même comme plus proches l'une de l'autre que jamais.

De quoi laisser bien des inquiétudes et des angoisses de côté, et se réjouir des bons moments à venir ! Mais ne tardez pas, car l'arrivée d'une belle-mère pourrait bien redistribuer les cartes...

Plurielles.fr

 

 

 

L'essor

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