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"Les présidentiables seront choisis sur la base de leur comportement à l’égard du parti"

Contesté par les pros et les anti-Belkhadem, Abderrahmane Belayat tente de régler la crise que traverse le parti sans perdre de vue ses ambitions personnelles.   - Le retour du président Bouteflika peut-il contribuer à la sortie de crise du parti ?   La sortie de crise est entre les mains des membres du comité central qui doivent mettre fin aux divergences superficielles, qui polluent l'ambiance du travail des militants. De plus, il est décemment impossible aujourd'hui de demander au Président de s'impliquer dans la crise actuelle du parti.     - Abdelaziz Bouteflika est-il toujours en mesure de gouverner  ?   Bien sûr que oui. Et puis, si le Président ne se sent pas en mesure de le faire, il le fera savoir. Il faut compter sur son sens des responsabilités. En outre, seuls les membres du Conseil constitutionnel peuvent trancher la question, à l'unanimité conformément à l'art. 88 de la Constitution. De plus, son retour ajoute un peu plus de sérénité au fonctionnement des institutions.   - Le FLN vit une nouvelle crise après la désignation de M'hamed Lebid comme président du groupe parlementaire à l'APN, alors qu'un consensus s'était dégagé sur la personne de Ahmed Kharchi...   Qui a dit qu'il y avait un consensus autour de Ahmed Kharchi ? Bien au contraire. Son nom n'était pas le plus plébiscité au sein du parti et il ne faisait pas l'unanimité. Le nom de M'hamed Lebid est rapidement apparu comme le mieux à même de représenter le plus dignement le parti. Il a l'ancienneté requise. Il est mouhafedh à Sidi Bel Abbès depuis près de vingt-deux ans et il a toujours fait montre de beaucoup d'abnégation et de courage pour sauver les institutions de l'Etat, quand elles étaient menacées par le terrorisme. En outre, il bénéficie du soutien de vingt-deux mouhafedhs et de quarante-quatre membres du comité central (CC) au sein de l'APN.     - Mais Lebid est contesté à Sidi Bel Abbès.   Il s'agit d'une affaire locale. Pour le moment, je n'ai reçu aucune contestation. D'ailleurs, même si contestation il y a, cela ne remettrait pas en cause ses compétences pour être à la tête du groupe.   - Pourquoi avoir préféré la désignation plutôt que l'élection  ?   L'élection aurait posé un véritable problème. Tahar Khaoua (ancien président du groupe FLN à l'APN, ndlr) avait fixé la date du 6 juin pour la tenue de l'élection, sans que je sois ni consulté ni informé. Dans le même temps, des députés ont demandé que cette élection soit différée, car des informations faisaient état de la mise en place de pratiques dangereuses et préjudiciables à la réputation du parti. Après consultation et accord de tous les membres du bureau politique (BP), à l'exception d'un seul, j'ai pris la décision de procéder à la désignation de Hadj Lebid. Par ailleurs, de hautes personnalités de l'Etat m'ont  demandé de tout faire pour clôturer la session dans le calme. Une tâche que j'ai menée, je pense, avec courage et abnégation. Je tiens par ailleurs à souligner la grande disponibilité et le sens des responsabilités de plusieurs membres du BP, en particulier les ministres Amar Tou, Rachid Harraoubia, le professeur Ziari, Abdelhafid Si Affif et Abdelkader Mechebek qui ne m'ont jamais soumis à des oukases ou à des rejets.   - Allez-vous prendre des mesures disciplinaires à l'encontre de Tahar Khaoua ?   Non, au regard de la situation du parti. Mais l'ancien président du groupe doit savoir que la situation actuelle peut rapidement changer...   - Des cadres du parti veulent mettre en place un directoire et nommer un coordinateur. Etes-vous favorable à cette initiative ?   Le poste que j'occupe actuellement ne me permet pas de me prononcer sur la question. Mais face aux divergences qui secouent le parti depuis trois ans, je m'interdis d'écarter toute proposition qui puisse permettre une sortie de crise. Il est impératif de trouver une solution en commençant par établir l'origine de ce malentendu. Nous ne pourrons pas faire l'impasse de cette discussion. Elle conditionne, à mon avis, le début d'une sortie de crise. Il faut également ne pas perdre de vue certaines réalités nées du score étriqué obtenu par les anti-Belkhadem, lors du retrait de confiance. On ne peut pas gérer le premier parti d'Algérie avec seulement 50% de voix recueillies. Malheureusement depuis six mois, aucune des deux tendances ne veut prendre en considération cette réalité. Elles ne sont obnubilées que par la convocation d'une réunion du comité central, qui ne peut déboucher que sur une situation pire que celle qui a prévalu. C'est pourquoi, pour ma part, je refuse de le faire, au regard de la situation actuelle.   - Si on vous le demande, accepteriez-vous le poste de secrétaire général du parti ?   La réponse à cette question risque de nuire aux activités du poste que j'occupe. Je tiens juste à préciser que je ne me préoccupe que de la sortie de crise du parti.   - Le FLN peut-il soutenir un candidat qui ne soit pas issu de ses rangs ?   Pour l'élection présidentielle, les choses sont claires : ou le Président accepte de se représenter et dans ces conditions le FLN soutiendra sa candidature, ou il refuse de le faire et dans ce cas nous réunirons le comité central pour débattre de la question. Le FLN dispose de plusieurs présidentiables de qualité. A supposer que nous n'ayons pas un candidat autre que le président de la République, le parti a assez d'expérience dans la gestion des affaires publiques et des institutions de l'Etat pour aller dans le bon sens.   - Ne craignez-vous pas l'implosion du parti lors de la présidentielle, avec les candidatures éventuelles de Hamrouche, Benflis et Belkhadem ?   Si on veut servir le parti et être à la hauteur de la fonction, il faut d'abord divorcer d'avec l'idée de pouvoir l'instrumentaliser, car le FLN n'est au service de personne. On doit mesurer les candidatures des personnalités que vous venez de citer, et d'autres, sur la base de leur comportement à l'égard du parti. De plus, tous ceux qui aspirent à se présenter à l'élection devront se rappeler de l'adage qui recommande de «ne jamais en parler, mais toujours y penser», avant l'officialisation de leur secrète et intime volonté de candidature.

El Watan

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