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Mali: violences et tension à Kidal à 9 jours de la présidentielle

Des violences entre Touareg et d'autres communautés noires ont fait au moins un mort à Kidal, berceau des Touareg dans le nord-est du Mali, et la tension restait vive vendredi, à neuf jours du premier tour de la présidentielle du 28 juillet.

Les violences ont débuté jeudi soir dans le centre de Kidal à la suite d'une rumeur qui s'est rapidement répandue sur l'arrivée de renforts de l'armée malienne dont la présence depuis le 5 juillet de quelque 150 éléments a déjà provoqué des tensions entre leurs opposants touareg et les autres communautés.

"Il y a eu des coups de feu entre un groupe de Touareg accusés d'être du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad, rébellion) ou proches du MNLA, et des populations noires", a déclaré une source militaire africaine de la force de l'ONU au Mali, la Minusma, selon laquelle "il y a eu au moins un mort". Ces violences ont été confirmées par l'entourage du gouverneur de la ville.

Peu après, plusieurs personnes, "par peur" de ces violences, "se sont réfugiées au camp militaire de Kidal", a ajouté cette source africaine à la Minusma.

Jeudi soir, a affirmé cette source, "une rumeur selon laquelle un renfort de l'armée malienne" était arrivé à Kidal avait "vite fait le tour de la ville, certains affirmant avoir entendu des civils scander +Vive l'armée, Vive le Mali+, d'autres répliquant +Vive l'Azawad+ (nom donné au nord malien par les Touareg). Il y a eu des tirs et un civil a été tué".

Un proche du colonel Adama Kamissoko, gouverneur de Kidal revenu lundi dans cette ville pour préparer à la hâte la présidentielle, a confirmé "la mort d'un civil après des violences". "Des boutiques de personnes originaires de Gao (grande métropole du Nord à 300 km au sud de Kidal ont été saccagées" et "des dizaines de civils ont trouvé refuge au camp militaire". "Actuellement (vendredi matin) un calme précaire règne ici, toutes les boutiques des commerçants sont fermées", a-t-il ajouté.

Cette tension est même montée d'un cran dans le centre-ville où "un groupe de Touareg armés a mis le feu à une partie du marché de la ville", tandis qu'un autre groupe de Touareg, non armés, a "saccagé les domiciles privés, les boutiques", selon la source à la Minusma qui a ajouté: "Les rues sont vides et il y a au moins une quarantaine de blessés civils".

Interrogé par l'AFP à Bamako, le colonel Diarran (bien Diarran) Koné, du ministère de la Défense, a parlé, à propos des violences de la nuit de jeudi à vendredi, "de quatre morts et de beaucoup de blessés". Ces chiffres n'ont pas été confirmés par d'autres sources.

"Violation" de l'accord de paix

"Des éléments du MNLA sous la conduite de Moussa Yattara, déserteur de l'armée malienne, ont ciblé les maisons et les populations favorables" à l'unité du Mali, a-t-il accusé, et "il y a eu des morts et beaucoup de blessés parmi les populations concernées qui fuient pour se réfugier auprès du détachement militaire malien".

Il a appelé "la communauté internationale" à reconnaître "la violation" par le MNLA de l'accord de paix qu'il a signé le 18 juin à Ouagadougou avec le gouvernement malien de transition.

La ville de Kidal était occupée depuis février par les rebelles touareg du MNLA, jusqu'à leur cantonnement, qui s'est fait en parallèle à l'arrivée le 5 juillet de quelque 150 soldats maliens, conformément à l'accord de Ouagadougou.

Déjà mauvaises avant le début du conflit au Mali, dont tout le Nord a été occupé en 2012 par des jihadistes un temps alliés du MNLA, les relations entre communautés noires majoritaires au Mali et les "peaux rouges" (claires), membres notamment des communautés arabes et touareg, se sont, depuis, considérablement dégradées. Arabes et Touareg sont assimilés aux groupes jihadistes et à la rébellion, considérés comme les responsables des malheurs du pays.

Le premier tour de la présidentielle, censé amorcer la réconciliation et rétablir l'ordre constitutionnel interrompu par un coup d'Etat en mars 2012, doit se tenir à Kidal le 28 juillet comme dans le reste du Mali.

Mais ces violences et l'impréparation du scrutin dans la ville font craindre qu'il ne puisse avoir lieu comme prévu.

C'est la raison principale avancée jeudi par un des 28 candidats au scrutin, Tiébilé Dramé, artisan de l'accord de Ouagadougou au nom de Bamako, pour annoncer son retrait de la course.

M. Dramé a vivement critiqué la France qui intervient militairement au Mali depuis janvier contre les groupes jihadistes mais qui a exercé une forte pression sur Bamako pour que le scrutin ait lieu en juillet en sachant qu'il serait imparfait.

AFP

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