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Des organisations internationales appellent à la libération immédiate et inconditionnelle d’Amina

Après  les condamnations de l’organisation Human Rights Watch publiées le 17 juillet courant  ,voici  l’'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’’Homme, programme conjoint de l’’Organisation Mondiale Contre la Torture ( OMCT ) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’’Homme ( FIDH ), qui dénoncent le harcèlement judiciaire dont fait l’’objet la militante féministe Amina Sboui et appellent  à sa libération immédiate et inconditionnelle.

Alors qu'’Amina Sboui est détenue depuis le 19 mai 2013 et que sa condamnation à une amende de 300 dinars tunisiens pour détention d’’un aérosol lacrymogène a été confirmée en appel le 11 juillet courant, elle pourrait, selon les informations reçues, être amenée à répondre d’’une nouvelle accusation abusive pour outrage à un fonctionnaire dans l’’exercice de ses fonctions, punissable d’’un an d’’emprisonnement. Une telle accusation serait survenue suite à l'audience du 4 juillet 2013 devant la Cour d’’appel de Sousse et au cours de laquelle certains de ses avocats ont mentionné le fait qu’’Amina Sboui leur aurait révélé des cas de torture dans la prison de Messaadine, à Sousse, où elle est incarcérée.

L'’Observatoire rappelle qu’'Amina Sboui est notamment poursuivie pour « association de malfaiteurs » (article 131 du Code pénal), « violations de sépulture » (article 167) et « outrage public à la pudeur » (article 226) pour avoir inscrit le mot « FEMEN» sur un mur à côté d’un cimetière de Kairouan (centre tunisien ) , où elle se trouvait pour protester contre la tenue du congrès du mouvement islamiste radical Ansar al-charia, finalement interdit par les autorités. Elle encourt jusqu'à neuf ans et demi de prison ferme.

Tandis que le dossier du juge d'instruction ne contient aucune preuve à charge, la jeune militante reste à ce jour en détention, en attente de jugement, en contradiction avec l’’article 85 du Code de procédure pénale qui stipule que la détention doit être une mesure exceptionnelle. L’’enquête étant toujours en cours sur ces faits, aucune date n’a encore été fixée pour le procès concernant ces accusations. Amina Sboui pourrait rester détenue préventivement 14 mois.

« Nous dénonçons le harcèlement judiciaire à l’'encontre d'’Amina Sboui, prise pour cible en raison de ses opinions sur les droits des femmes, et la disproportion flagrante entre la réalité des faits et les chefs d’accusation à son encontre » a déclaré aujourd’'hui Gerald Staberock, Secrétaire général de l’'OMCT. « C’est pourquoi nous appelons les autorités tunisiennes à la libérer immédiatement et de façon inconditionnelle », a-t-il ajouté.

« Condamner Amina Sboui à une peine de prison pour avoir exercé son droit à la liberté d’’expression et d'opinion serait une violation des obligations internationales de la Tunisie en faveur du respect des droits de l’Homme », a également déclaré Karim Lahidji, Président de la FIDH.

L'Observatoire a décidé de mandater Fatimata M'Baye, avocate au barreau de Nouakchott (Mauritanie), et Martin Pradel, avocat au barreau de Paris, aux fins de participer à la défense d'Amina Sboui aux cotés de ses avocats tunisiens.

Communiqué Genève-Paris, le 18 juillet 2013

Historique

Arrêtée depuis dimanche 19 mai 2013 Amina Sboui sera jugée lundi 22 juillet pour outrage et diffamation de fonctionnaire après un incident survenu dans la prison où elle est incarcérée depuis deux mois, ont indiqué son avocat et des proches qui dénoncent un « acharnement » contre la jeune femme.

« Amina Sboui comparaîtra lundi devant le tribunal cantonal de M’saken [à 140 km de Tunis, NDLR] pour répondre de l’accusation d’outrage à un fonctionnaire dans l’exercice de son travail et de diffamation », accusations passibles respectivement d’un an et six mois de prison ferme, a indiqué son avocat Ghazi Mrabet jeudi 18 juillet. « Cette autre affaire relève de l’acharnement contre une enfant », a-t-il déclaré, indiquant que les détails de l’incident n’avait pas été encore explicités.
Nouvelle inculpation

Amina, 19 ans, a été arrêtée le 19 mai pour avoir peint le mot « Femen » sur le muret d’un cimetière à Kairouan (centre) pour protester contre un rassemblement de salafistes dans cette ville.

Condamnée au versement d’une amende pour possession illégale d’aérosol d’autodéfense, elle avait été maintenue en détention le temps que la justice décide sur une éventuelle inculpation pour profanation de sépulture et atteinte aux bonnes moeurs, délits passibles respectivement de deux ans et de six mois de prison.

La nouvelle inculpation « serait survenue suite à sa dernière audience durant laquelle certains de ses avocats ont rapporté qu’Amina leur avait révélé des cas de torture » dans sa prison à Sousse (centre), a indiqué par ailleurs son comité de défense.

« Amina a entendu des cris mais n’a pris part à aucune querelle. Cette nouvelle affaire est fabriquée pour la laisser en prison », a dit de son côté son père, Mounir Sbouï.
« Acharnement »

La jeune femme avait fait scandale en mars en publiant sur internet des photos d’elle seins nus à la manière de Femen. Mercredi, Human Rights Watch (HRW) a estimé que la militante était détenue pour des « raisons politiques » et appelé à sa libération conditionnelle. Cet appel coïncidait avec une mobilisation du comité de soutien d’Amina.

« La situation devient de plus en plus critique pour Amina face à un acharnement féroce et injustifié » visant à « faire d’Amina un exemple pour toutes les femmes qui oseront faire face à l’islamisme » dans le pays, ont affirmé dans un communiqué les partisans de la Femen, en allusion aux islamistes au pouvoir en Tunisie.

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