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Election présidentielle : SANS TIEBILE DRAME

Tiébilé Dramé a annoncé hier son retrait de la course lors d’une conférence de presse

Le candidat du PARENA s'est retiré de la course estimant que les conditions sont loin d'être réunies pour l'organisation d'un scrutin crédible à la date indiquée

C'est désormais officiel : Le candidat du Parti pour la renaissance nationale (PARENA), Tiébilé Dramé, se retire de la course à l'élection présidentielle du 28 juillet. L'intéressé l'a annoncé hier au cours d'une conférence de presse qu'il a animée dans les locaux de son parti. Plusieurs autres responsables du parti ainsi que des militants et sympathisants ont assisté à la conférence.

Suite à son retrait de la course, le PARENA a aussi décidé de retirer la plainte qu'il avait déposée auprès de la Cour constitutionnelle aux fins d'annulation du décret de convocation du collège électoral. Tiébilé Dramé justifie sa décision par « la mauvaise organisation » de l'élection présidentielle. Selon le conférencier, l'établissement des listes électorales dans la Région de Kidal est loin d'assurer le vote des habitants de cette ville. « Ce qui s'est passé à Kidal le 10 juillet n'a été qu'une mise en scène parce que la Délégation générale aux élections avait exigé d'avoir les listes de Kidal au plus tard le 11 juillet, faute de quoi, elle ne pourra garantir la tenue de l'élection du 28 juillet », a soutenu le conférencier pour qui l'établissement des listes électorales à Kidal a été faite en quelques heures le 10 juillet.

Pour Tiébilé Dramé les conditions sont loin d'être réunies pour la tenue d'une élection présidentielle régulière et crédible sur toute l'étendue du territoire national le 28 juillet. Et pour cause. Le retour de l'Etat dans les cercle et communes des régions du Nord est loin d'être effectif. De même les cartes Nina qui serviront de cartes d'électeur ne sont pas encore distribuées dans les cercle de Kidal, Tessalit, ou encore Tin-Essako, a argumenté l'ancien ministre persuadé que Kidal ne votera pas pour cette élection cruciale quand bien même les Accords préliminaires de Ouagadougou était destiné à favoriser la tenue du scrutin présidentiel dans tout le pays. Il faut rappeler à ce propos que Tiébilé Dramé était le principal négociateur du gouvernement lors des discussions avec les groupes armés à Ouagadougou.

Autre constat du « parti du bélier blanc » : à 12 jours du scrutin, les cartes Nina n'étaient toujours pas été acheminées dans la plupart des camps de réfugiés dans les trois pays d'accueil de nos compatriotes (Burkina Faso, Mauritanie et Niger). Toujours selon Tiébilé Dramé, au total, moins de 10% des 200 000 réfugiés ont été inscrits sur les listes.

Dans 456 villages du Mali, le nombre d'électeurs potentiels varierait entre 1 et 10, assure-t-il. Il en serait de même dans plusieurs circonscriptions d'ambassades et consulats. Ainsi, le PARENA constate, par exemple, qu'au Caire en Egypte, seulement 10 électeurs potentiels ont été retenus sur les 400 enrôlés. A Alger et Rabat, les électeurs seraient seulement 5 sur 400 enrôlés. Sur 160 Maliens en âge de voter en Suisse, seulement 3 seraient sur la liste électorale.

En France dans le foyer de la rue Bara à Montreuil, a poursuivi Tiébilé Dramé, seulement 13 Maliens pourraient voter sur 800 Maliens majeurs. De même sur les 150 Maliens habitant les 6 foyers du 13ème Arrondissement de Paris, seulement 15 auraient été inscrits sur les listes.

« De nombreux Maliens sont privés de leur droit constitutionnel de participer au choix de celui qui sera chargé des destinées du pays. Nous n'avons pas confiance en un processus électoral bâclé, conduit dans l'autisme. Toutefois, nous ne voudrons pas le gêner », a commenté Tiéblé Dramé, dénonçant une fois de plus « la précipitation » et la « mauvaise organisation du scrutin ».

Tiébilé Dramé avait à plusieurs reprises demandé le report de l'élection présidentielle estimant que les conditions n'étaient pas réunies pour l'organisation d'un scrutin crédible à la date indiquée sur toute l'étendue du territoire national. Il avait introduit une requête auprès de la Cour constitutionnelle afin que la haute juridiction reconnaisse que l'organisation des élections dans les conditions actuelle constituait une violation de la Constitution.

Rappelons que l'ancien ministre né le 9 juin 1955 à Nioro du Sahel s'était déjà porté candidat à la magistrature suprême par deux fois. Une première fois en 2002 où était arrivé en 4è position sur 24 candidats et une deuxième fois en 2007 quand il s'était classé 3è sur 8 prétendants à Koulouba.

Be COULIBALY    

L'essor

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