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Ghana - Les faux médicaments envahissent les hôpitaux

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 30% des médicaments en vente au Ghana sont contrefaits. lPS Africa révèle le 25 août 2011 qu’après les marchés, ces médicaments ont même investi les hôpitaux du pays.

Le responsable de l’organisation des pharmaciens du Ghana Alex Dodoo a expliqué que les médicaments contrefaits ont été surtout utilisés par des patients sous traitement antibiotique. Après un premier traitement qui s’avère inefficace, ces derniers s’en remettent aux contrefaçons.

«Malheureusement, l’absence de statistiques ne permet pas de mesurer les dommages causés par ces médicaments sur le système de santé. Ils peuvent juste être perçus à travers les conséquences sur les patients», a ajouté le responsable.

Pourtant, les portes d’entrée des faux médicaments au Ghana sont connues:

«L’importation de médicaments est seulement autorisée à partir de l’aéroport international de Kotoka à Accra et du port de Tema près de la capitale, où une application effective des lois sur [ce commerce] est assurée», explique Martha Gyansa Lutterodt, la directrice des services pharmaceutiques.

Mais si les services aéroportuaires respectent la loi, d’où viennent ces médicaments contrefaits? De l’aveu de la directrice, la majorité arrive du Nigeria à travers des «frontières terrestres poreuses».

L’ampleur de la situation a en tout cas interpellé les autorités sanitaires du pays, qui ont multiplié les contrôles depuis deux ans. Car l’utilisation de ces médicaments constitue un réel danger pour la santé des populations, souligne Amedzro Thomas, responsable du contrôle sanitaire:

«Nous avons découvert que des antibiotiques vendus dans le pays présentent un risque mortel pour ceux qui les consomment, en raison de leur inefficacité. Nous avons trouvé quelques aphrodisiaques dont les principes actifs sont dix fois supérieurs à la limite légale.»

Le responsable explique que son service travaille avec les fabriquants depuis la conception des produits jusqu’à leur emballage. Pour les importateurs, le service envoie des agents sur le site de fabrication pour s’assurer de la qualité des produits destinés au Ghana.

Amedzro Thomas a cependant souligné les limites de son service, qui ne dispose pas de «personnel aux frontières terrestres», le maillon faible de cette chaîne de surveillance.

Lu sur IPS Africa