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Médias publics : Mardi très chaud à Ouaga

Comme prévu, les agents des médias publics (télévision, radio, presse écrite) ont organisé un sit-in devant le ministère de la communication, ce mardi 16 juillet 2013. Répondant ainsi au mot d'ordre lancé par leur syndicat, le SYNATIC, avec l'appui de l'association des journalistes burkinabè, l'AJB. Chants, slogans, remise de message ont ponctué la manifestation décrite par les organisateurs, comme celle du ras-le-bol- face aux mauvaises conditions de vie et de travail et contre l'immixtion du politique dans le traitement de l'information.

Il était un peu plus de sept heures ce matin lorsque notre équipe de reportage arrive sur les lieux de la manifestation. Sur place, les manifestants avaient déjà occupé les lieux. Munis de pancartes sur lesquelles sont inscrits des messages en forme de protestation, ils campent sous les fenêtres de leur ministre.

Pour eux, la coupe est pleine et ils entendent le dire haut et fort. La situation décrite par leurs leaders est la suivante : en plus de la non satisfaction des revendications liées à l'obtention de meilleures conditions de vie et de travail, ils affirment subir la pression constante de la hiérarchie pour orienter leur travail.

Non au dirigisme

La manifestation du 29 juin 1013 consécutive à la marche meeting de l'opposition est l'élément de trop pour les journalistes de la presse publique. Qui notent au passage et maintiennent que le secrétaire général du ministère de la communication s'est rendu au siège de la télévision nationale pour y indiquer la conduire à tenir dans le traitement de l'élément à diffuser.

Pour Sidiki Dramé, du SYNATIC, cette situation, tout comme d'autres du même genre, mettent constamment en danger les journalistes qui sont parfois pris à partie par la foule de manifestants qui les accusent ouvertement de sabotage.

La réponse du secrétaire général

Resté silencieux depuis le début de la polémique, Adama Barro, le secrétaire général du ministère la communication consent enfin à rencontrer les équipes de journalistes venus pour la couverture, à l'intérieur du bâtiment. Il dément formellement être allé à la RTB comme cela est dit. Et que ceux qui l'accusent, dit-il, en apportent la preuve.

Mais dans le même temps, il défend la tutelle des médias publics par le ministère. Ce qui implique selon lui, un droit de regard dans le contenu des informations diffusées.

En rappel, la veille, le ministre Alain Edouard Traoré a animé une conférence de presse sur le sujet. Tout en prenant la défense de son secrétaire général, AET assurait que le gouvernement se penchait sur les préoccupations des travailleurs.

Colère

Venus avec un message à l'attention du ministre, les manifestants ont visiblement été remontés en voyant descendre vers eux, celui que certains considèrent comme étant « la source du problème ».

De fait, Adama Barro aura eu bien de mal à se faire accepter par la foule. C'est finalement sous les sifflets et les huées qu'il est retourné à son bureau après avoir réceptionné ledit message.

Le cahier de compte-rendu introuvable ?

Face à la polémique au sujet de la marche du 29 juin et face au refus du directeur de la télévision nationale de s'exprimer sur la question, une solution est alors préconisée par des agents de la RTB présents sur les lieux.

Ils suggèrent que le cahier de compte-rendu des réunions de la rédaction, dans lequel sont consignées les remarques relatives au fonctionnement de la rédaction soit apporté afin de situer définitivement l'opinion.

Problème, c'est que selon une source rencontrée sur place, le cahier en question est demeuré introuvable à la TNB.

Autre affaire dans l'affaire, c'est celle du communiqué attribué à la rédaction de la TNB et qui affirme qu'aucune forme de pression n'a été exercée sur la maison par le ministère.

Problème, c'est que des journalistes rejettent ce communiqué qui, selon eux, n'aurait jamais été discuté, encore moins accepté par la rédaction. Certains disent l'avoir découvert à l'antenne comme la majorité des burkinabè.

Mobilisation et vigilance

De retour au siège de la bourse du travail, les manifestants ont fait le bilan de leur sortie. Pour eux, c'est une réussite qui témoigne désormais du fait que les temps ont changé.

Et pour cause, ont-ils souligné, les médias d'Etat entendent être désormais du côté du peuple. Tout en mettant en garde les autorités contre toute forme d'intimidation et de pression voire de sanctions à l'encontre des travailleurs qui ont pris part au sit-in, ils ont demandé à leurs militants de rester mobilisés et de se tenir à l'écoute.

Certes disent-ils promesse a été faite de les recevoir, mais eux attendent avant d'être situés. Et si d'aventure rien ne bouge, ils promettent de remettre la pression et de passer à une étape supérieure dans les heures qui viennent.

Juvénal Somé

Lefaso.net

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