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VIOL SUIVI DE MEURTRE SUR UNE FEMME DE MENAGE : Le gardien Abdou Traoré avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité à Saint-Louis

Jugé le 9 novembre 2009, par la Cour d'assises de Saint-Louis qui l'avait condamné aux travaux forcés à perpétuité, le gardien Abdou Traoré a été hier encore devant la barre de la Cour d'Assises d'Appel de Dakar pour être rejugé du crime de viol suivi de meurtre sur la femme de ménage Rouguiyatou Sy. Un second jugement à l'issue duquel, il a écopé de vingt ans de travaux forcés.

Non satisfait de la décision rendue par la Cour d'Assises de Saint-Louis, Daouda Traoré a tenté une seconde chance devant la Cour d'Assises d'Appel qui se tient actuellement à Dakar. En effet, les faits pour lesquels le gardien a été condamné aux travaux forcés à perpétuité se sont déroulés le 03 juin 2006. ce jour là, Abdou Traoré gardien au domicile de Alassane Sow, sis au quartier moderne à Ourossogui s'est présenté aux élements de la brigade mixte de gendarmerie de ladite localité pour les informer du meurtre de la femme de ménage de son employeur, la dame Rouguiyatou Sy. Une dame divorcée et mère de trois enfants. Il a ainsi accusé un nommé Mamadou Ndiaye, un charlatan habitant la maison contiguë d'être l'auteur du crime. Se rendant sur les lieux accompagnés de leur informateur, les gendarmes ont découvert au domicile de Alassane Sène, sous les arbres longeant la clôture mitoyenne, le corps sans vie de la jeune fille, présentant des blessures sur tout le visage. Ils ont remarqué des blessures suspectes sur le majeur de sa main droite, de son avant bras droit et une morsure sur son flanc droit.

Les perquisitions effectuées dans la maison occupée par Mamadou Ndiaye, le suspect désigné n'a pas permis de découvrir un élement utile à l'enquête. En revanche, au domicile de Alassane Sène occupé par Abdou Traoré et la victime, seuls en l'absence de leur patron parti en voyage à Dakar, les gendarmes ont découvert un seau rempli d'eau javelisée dans lequel étaient trempés des habits appartenant à Abdou Traoré. Sur les lieux, ses sandales tachetés de sang ont également été trouvés mais également une demande d'explication de son employeur le 25 avril 26 pour menaces, tentative de viol et agression sur la personne de Rouguiyatou Sy, sa lettre réponse et la lettre de mise à pied subséquente.

Il avait violé et tué la femme de ménage

Devant la barre, l'accusé qui nie toujours être l'auteur du meurtre de la domestique, soutient que les taches de sang trouvées sur ses chaussures sont de la peinture et que d'ailleurs lesdites chaussures ne lui appartenaient pas. Quant à sa blessure au doigt, Abdou Traoré dit s'être coupé en cherchant du bois. Selon lui, la conclusion des enquêteurs visant à dire que la victime l'a mordue, n'est pas vraie et les traces de blessures sur mon corps, y sont depuis son enfance. L'accusé a également nié les accusations selon lequelles, il voulait effacer les traces sur sa tenue de travail en la trempant dans un seau d'eau javellisée.

En réalité, dira-t-il à la barre, c'est parce que sa tenue de travail était sale, qu'il avait décidé de la laver. «Les gendarmes voulaient coûte que coûte m'inculper, mais je n'ai rien à faire dans ce dossier. C'est parce que je n'ai pas de témoin qu'on veut m'enfoncer», a-t-il dit à la barre. En effet, l'accusé est même allé jusqu'à dire que ses accusateurs pensent qu'il n'est pas un Sénégalais mais un Malien, c'est pourquoi on le traite de cette maniére.

Quoiqu'il en soit, il faut noter qu'après les faits, le corps de l'inculpé laissait encore clairement voir les traces récentes de la lutte acharnée qui l'a opposé à sa victime, en l'occurrence des blessures manifestes. Des séquelles qui battaient en brèche les dénégations de l'accusé ainsi que ses explications légères. Estimant n'avoir jamais eu à courtiser la femme de ménage, A.Traoré déclarait que le 03 juin 2006, il a appercu Rouguiyatou Sy au domicile du marabout Amadou Ndiaye, assise en compagnie de ce dernier sous l'arbre, précisément sur un matelas. Vers 14h, après sa sieste, et alors qu'il partait arroser les fleurs, il a vu Mamadou Ndiaye déplacer le corps de la dame, qu'il avait enveloppé avec un matelas avant de le jeter par dessus le mur séparant les deux maisons. Il ajoutait à l'enquête qu'il a alors interpellé Mamadou Ndiaye sur son geste, mais il n'a reçu comme réponse que des insultes.

Cest ainsi qu'il est allé aviser les membres de sa famille avant de se rendre à la gendarmerie. Interrogé à son tour, Mamadou Ndiaye niait entièrement les accusations faites par Abdou Traoré. Il précisait qu'il ne séjournait à Ourossoguie que depuis un mois et qu'il ne connaissait pas bien le gardien de la maison voisine. Tout au plus, avait-il eu un jour à être témoin d'une violente dispute entre lui et la victime et il avait alors pris l'initiative d'en aviser leur patron pour éviter que le pire ne se produise. Pour cette raison d'ailleurs, ajoutait-il, Abdou Traoré ne lui adressait plus la parole.

Finalement, le marabout pointé du doigt par le gardien avait bénéficié d'un non-lieu, puisqu'il résulte des éléments de la procédure que lesdites accusations n'ont été étayées par un quelconque élément objectif du dossier. Douda Traoré a, quant à lui, été reconnu coupable du viol suivi de meurtre sur la dame Rouguiyatou Sy par la Cour d'Assises de Saint-Louis.

La Cour d'Assises d'Appel réduit la peine de l'accusé à 20 ans de travaux forcés

En prison depuis 7 ans, suite à sa condamnation à la perpétuité, pour viol suivi de meurtre, Abdou Traoré espérait naturellement un acquittement ou tout au moins une remise de peine devant la Cour d'Assises de la Cour d'Appel. Mais ce dernier qui accuse la gendarmerie d'avoir biaisé son dossier et d'avoir relâché le vrai meurtrier, même si tous les témoins l'ont quasiment chargé, n'a pas réussi à se tirer d'affaire.

Du moins, complètement. Il a, en effet, été condamné à l'issue de son procès à 20 ans de travaux forcés. Et pourtant, si cela ne tenait qu'à l'avocat général, la Cour allait confirmer sa peine, c'est-à-dire les travaux forcés à perpétuité.

Prenant la parole en premier, puisqu'ayant fait appel, Me Amadou Aly Kane , qui reste convaincu qu'il y a un crime et que l'auteur de ce crime doit être puni, a néanmoins, souligné que la question de l'imputabilité des faits, reste entière. Selon lui, la culpabilité de son client n'a pas été établie. "Il faut être fou, pour violer et tuer une dame et ensuite aller aviser sa famille, l'ami de son employeur et ensuite la gendarmerie", a dit l'avocat qui a également déploré le fait qu'aucune analyse d'Adn n'a été faite, pour retrouver celui qui l'a violée. «On n'a même pas fait une autopsie dans cette affaire. On ne part que de suppositions», a dit le conseil de Abdou Traoré qui a plaidé l'acquittement au bénéfice du doute.

Pour sa part, l'avocat général s'est insurgé contre le fait que la victime n'ait pas d'avocat, pour assurer sa intérêts. «Où sont les organisations féminines et les organisations des droits de l'homme?» s'est écrié l'avocat général.

Revenant sur les faits, le parquet général a soutenu que l'accusé a tendu un guet-apens à la victime, pour entretenir une relation sexuelle avec elle, avant de la tuer. D'ailleurs, renchérit-il, le père de la victime est mort de cela, il n'a pas supporté le supplice faite à sa fille. Toutes choses qui font que le parquet général a requis la confirmation de la décision rendue par la première instance.

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