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Mairie de Soubaka : Vers la dissolution du conseil municipal

Installé le 9 mars 2013, le maire de Soubaka, Bamassi Soulama, n'arrive pas à réunir son conseil municipal. Au regard des dispositions du Code général des collectivités territoriales, ce dernier a saisi le 1er juillet dernier l'autorité de tutelle qui est le haut-commissaire de la Comoé, Casimir Séguéda. Afin de jouer sa partition pour débloquer la situation, ce dernier est allé ce 13 juillet 2013 tenter une médiation. Les élus du parti n'ont pas effectué le déplacement de la maison des jeunes, laquelle a servi de cadre à la rencontre. Cela a permis à l'autorité de tutelle de tirer la conclusion que le conseil municipal, dirigé pas l'UPC, ne pourra pas fonctionner, d'où sa dissolution future.

 

«A entendre Moustapha Ouattara, le CDP, qui ne digère pas cet affront de leurs propres élus, aurait donné des consignes en vue de récupérer tranquillement leur mairie. L'ordre, dit-il, a été donné à leurs élus afin qu'ils boycottent les sessions du conseil municipal. Et les élus locaux, qui s'amuseront à  siéger, se verront remplacer par leurs suppléants. Faute de pouvoir réunir son conseil, l'on procédera à la reprise des votes», ainsi concluions-nous notre article sur les élections dirigées par le préfet de la localité, et qui, contre toute attente, portaient un maire UPC à la tête de la mairie de Soubaka.  Pourtant, ce parti n'avait que 5 conseillers municipaux contre 20 pour le CDP et 4 pour le RDB. Le 23 juin 2013, Léonce Koné annonçait, au cours d'une mission du CDP conduite par Achille Tapsoba, qu'il y a des mairies qui seront reprises par le CDP. Vu cela, on peut dire que les choses se précisent à Soubaka, localité située à 65 km de Banfora. Saisi depuis le 1er juillet 2013 par le maire incapable de réunir le conseil après deux sessions régulièrement convoquées les 5 et 6 juin 2013 et le 19 juin 2013, le haut-commissaire de la Comoé, qui disposait de 60 jours pour tenter une médiation, est allé ramener les protagonistes à la raison. Dans une salle pleine à craquer,  et qui témoignait de l'intérêt que les Soubakalais accordent à leur commune. Venu de Bobo à cet effet, ce dernier a tenu à préciser qu'il venait constater ce qui se passait sur le terrain, et qu'il ne venait pas imposer qui que ce soit. Sur les 29 conseillers municipaux, 7 ont seulement répondu à l'appel avec la présence d'un seul  issu du parti majoritaire. Ce qui a fait dire au haut-commissaire que «le conseil ne pourra pas fonctionner». Au regard des textes, l'on s'achemine donc vers la dissolution. Tenu de rendre compte à sa hiérarchie pour qu'une décision soit prise en conseil des ministres, Casimir Séguéda a  tout de même donné la parole aux acteurs.

Premier à s'exprimer, Héma Idriss Foumbié, chef de canton. Seul élu  du CDP qui n'a pas respecté la consigne du parti, et ex-président du conseil régional des Cascades, il dira qu'il est pour le bonheur de sa ville d'où sa démarcation des consignes du parti. Il dira qu'il n'a pas été compris et que pour cela, on l'a envoyé à l'abattoir. «Si vous êtes du parti au pouvoir, vous saurez ce que c'est», a-t-il dit. Les ressortissants de Soubaka ont suivi avec intérêt l'évolution de la situation dans leur mairie d'origine et les différentes rencontres n'ont pas pu permettre d'éviter la situation actuelle. «Le parti nous a trouvés ici, il ne doit pas nous diviser», a dit Héma Moussa, maire de l'arrondissement n° 7 de Bobo-Dioulasso, originaire de Soubaka. Il s'est également demandé si l'élection d'un nouveau maire va résoudre la crise ? Pour Ouattara Bamoussa, inspecteur de l'enseignement secondaire, la fronde des élus CDP n'a pas sa raison d'être, car avec leur majorité, ceux-ci peuvent imposer leur point de vue au conseil.

Du reste, les débats ont été très animés par moments et l'autorité a eu du mal à imposer le silence. Assimilant le vote du maire UPC à une gifle, un coutumier a dit qu'ils ont intimé aux conseillers d'aller leur ramener la clé qu'ils ont donnée à l'opposition radicale, d'où cette situation politique à Soubaka. Sur la question, le secrétaire provincial du CDP, Moustapha Ouattara, sera on ne peut plus clair. Faisant la genèse du blocage, on retiendra que cette crise est née suite à la mésentente entre 3 hommes. Hema Idriss Foumbié, candidat malheureux aux primaires du CDP face au maire sortant, Soulama Bakoye, le maire actuel, lui, étant un frustré du CDP parce qu'on n'a  pas voulu le classer 3e sur les listes et qui, contre toute attente, a adhéré à l'UPC. A entendre Moustapha Ouattara, il avait souhaité que ce dernier regagne un parti de la mouvance. «L'UPC est notre cible. Nos conseillers ne peuvent pas soutenir un maire de l'opposition qui va nous combattre en 2015, nous préférons la délégation spéciale à l'UPC», telle est la position du CDP. Après s'être contenté d'écouter les autres pendant près de deux heures d'horloge (15h35-17h41mn), le maire Soulama Bamassi a fini par venir à la charge. On retiendra de son intervention que c'est la déception, voire l'ingratitude du CDP, qui l'a amené à l'opposition. Des gens, qui avaient quitté le CDP pour le RDB, n'y sont revenus que le 20 août 2012, pendant la confection des listes,  ont occupé les premières places, lui barrant même la voie d'être sur une quelconque liste. Pourtant, «je suis plus CDP que tous, j'ai beaucoup fait pour le parti qui n'a pas été honnête avec moi. Ils m'ont voté à cause de mon intégrité», a-t-il dit en substance.

Les positions sont tranchées à Soubaka et l'on tend vers une reprise des élections, si l'Etat a les moyens. Autrement, ce sera une délégation spéciale. Sur le fait que les élus du CDP n'ont pas fait le déplacement de la Maison des jeunes, Moustapha Ouattara a expliqué que le haut-commissaire est venu pour constater une situation de crise et qu'il fallait qu'il la constate réellement.

 

Luc Ouattara

L'Observateur Paalga

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