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panneaux prosélytes à Béjaïa

Le commanditaire de l'opération, un industriel de la région, dit regretter l'initiative et réfute toute visée propagandiste. Des panneaux publicitaires à caractère religieux ont fait, ces derniers jours, leur apparition sur les routes nationales de Béjaïa, dans le chef-lieu de wilaya, à Akbou et à Remila. Cela a intrigué l'opinion publique et créé le buzz sur les réseaux sociaux, où l'on a dénoncé pêle-mêle une offensive salafiste, un prosélytisme religieux déplacé et une campagne de moralisation de mauvais goût. Il s'agit de deux affiches essentiellement. Sur l'une on peut lire, sur un fond rouge et noir qui donne à voir une grande bouteille de vin, le slogan suivant : «Non aux drogues et au vin». Un hadith du Prophète complète le message. Sur l'autre panneau le mot Essalat (la prière) est affiché en gros caractères. Le message accompagnateur rappelle qu'il s'agit là du premier devoir sur lequel Dieu questionnera ses créatures le jour du Jugement dernier. Habituellement, les panneaux publicitaires sont réservés aux industriels pour vanter la qualité de leurs produits. Là, nous sommes en face de messages à caractère religieux réalisés de manière tout à fait anonyme. Aucun nom, aucun sigle ne permet, en effet, d'identifier la personne ou l'organisme derrière ces messages qui tiennent plus de la morale, du prosélytisme que de la réclame à caractère économique. Beaucoup de choses ont été dites sur le sujet sans jamais répondre à l'essentiel. Qui a donc pris cette initiative et dans quel but ? Nous avons enquêté sur le terrain et fini par trouver l'agence de communication responsable des panneaux ainsi que la personne qui les a commandités. Joint par téléphone, le responsable de l'agence de communication à l'origine de cette campagne publicitaire peu commune a tenu à se justifier tout en émettant le souhait de garder l'anonymat. Voilà ce qu'il en dit : «Il s'agit d'une campagne commandée par une nouvelle limonaderie.Une convention a été signée avec les gérants de cette unité économique. On s'attendait à des slogans tels que 'Saha Ramdhankoum' ou bien Ramadhan Karim comme on a l'habitude d'en voir à chaque période de Ramadhan, mais voilà, on a été surpris par la tournure prise par les messages affichés et qui sont à l'initiative de l'opérateur économique qui les a commandés», dit le responsable de l'agence. Le résultat de cette démarche est sans équivoque : «Cela a heurté la sensibilité des gens et fait réagir beaucoup de monde. Nous avons émis le souhait de voir ces affiches retirées et cela sera fait ce soir ou demain matin au plus tard», ajoute-t-il. Joint également par téléphone, l'opérateur économique à l'origine des singuliers messages a bien voulu répondre à nos questions. Il s'agit d'un industriel qui opère dans le domaine de l'agroalimentaire et qui souhaite garder l'anonymat. Il est établi dans la haute vallée de la Soummam, fait travailler 160 ouvriers et précise d'emblée qu'il s'agit d'une «initiative personnelle» dont même ses propres frères et cogérants ne sont pas au courant. Très affecté par les très nombreuses réactions négatives que la campagne a suscitées, il dit regretter cette initiative : «Il s'agit vraiment d'une initiative personnelle que je regrette beaucoup d'ailleurs. Il n'y a aucun organisme, aucune association ni organisation salafiste derrière. Nous avons préparé une campagne de sensibilisation sur les méfaits des drogues et de l'alcool puis d'autres sur le respect dû aux parents ou encore la solidarité, etc., et cela devait durer le mois de Ramadhan avant de délivrer le message publicitaire avec nos propres produits. Seulement voilà, des gens malhonnêtes ont détourné notre campagne», affirme-t-il. Il précisera également que l'idée a été importée d'Arabie Saoudite et d'Indonésie, où ce genre de campagne est courant en tentant, au passage, de se justifier en affirmant que l'Algérie est un «pays musulman à 98% et que l'islam est religion d'Etat». En l'absence d'une réaction officielle des autorités concernées, d'autres questions demeurent posées. Existe-il un BVP, bureau de vérification de la publicité en Algérie, chargé, comme en France, d'opérer un examen des messages publicitaires avant leur diffusion ? Peut-on, avec son argent, quand on est industriel ou opérateur économique, acheter des espaces publicitaires et délivrer des messages à caractère idéologique, politique ou religieux ?     

El Watan

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