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Les subventions enrichissent importateurs et contrebandiers

La problématique des prix et du pouvoir d'achat a de tout temps été un enjeu politique de première importance pour laquelle le gouvernement n'a pas hésité à mettre largement à contribution les ressources du Trésor public et parfois à mettre en péril les équilibres budgétaires. Cette tendance à vouloir acheter la paix sociale, quel qu'en soit le prix, s'avère aujourd'hui suicidaire. Il est vrai qu'avec l'absence de vision et l'indigence chronique des politiques économiques et sociales, le populisme dont fait preuve actuellement le gouvernement ne fait qu'enrichir certains opérateurs véreux et contrebandiers, au détriment de la seule ressource dont dispose l'Algérie, à savoir les hydrocarbures. L'énergie, il en est justement question cette semaine. Dimanche, le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales a indiqué que la contrebande de carburants subventionnés par le Trésor public n'était plus un enjeu économique, mais un «problème sécuritaire». Simple approche policière de la problématique ou prise de conscience réelle des dangers encourus et induits par une politique de subventions stériles ? Car au-delà des équilibres budgétaires, ce sont de fragiles stabilités sociales qui en dépendent et qui se jouent. Dans un récent rapport, l'Apicorp (organe dépendant de l'OPEP) estimait que la politique des prix de l'énergie et des subventions ne pouvait déboucher sur rien de bon, si ce n'est sur une accélération de la demande interne, de la réduction des exportations en hydrocarbures et sur l'assèchement au final des réserves. Ce qui n'est pas pour aider au financement du budget de l'Etat ni des transferts sociaux. Or, l'énergie n'est qu'un pan du système de subventions publiques généralisées et qui constituent aujourd'hui plus de 30% du PIB. Depuis quelques mois, plusieurs ministres, à leur tête, ceux des Finances et du Commerce, se relayent pour plaider la cause d'une révision du système de subvention qui comprend aussi les produits alimentaires, l'habitat et le système de soins. Ces derniers s'appuient sur deux arguments ; le premier étant le fait que les équilibres budgétaires et l'augmentation exponentielle des dépenses de fonctionnement ne permettront pas, à terme, de financer ce système de subventions et de transferts sociaux estimés annuellement à 15 milliards de dollars. L'on juge, en second lieu, que les subventions encouragent les importations de produits alimentaires et de carburants en particulier, dont une majeure partie alimente les marchés des pays limitrophes, via des réseaux de contrebande extrêmement bien organisés. Certains observateurs du marché accusent même des importateurs et transformateurs de produits subventionnés, particulièrement de sucre et d'huile, de profiter de la politique de soutien des prix pour s'enrichir. Le fait est que ces derniers bénéficient d'exonération de droits de douanes et de TVA sur la matière première importée dans le cadre d'un dispositif mis en place, alors que les prix avaient flambé sur les marchés internationaux. La tendance des cours s'est inversés depuis, toutefois le dispositif est maintenu, permettant ainsi aux opérateurs de réaliser d'importantes marges dans la mesure où les prix sont fixés par l'administration. Il y a quelques jours, le ministre du Commerce tentait de rassurer sur cet aspect en affirmant que les opérateurs du secteur sont sous la surveillance du fisc et des services des douanes, et qu'un nouveau dispositif permettait le cas échéant au Trésor public de recouvrer une partie des exonérations consenties, lequel n'a pas encore été actionné. Force est de constater que depuis le renforcement des dispositifs de subvention, les importations de produits alimentaires notamment ne cessent d'augmenter. Les tout derniers chiffres des Douanes algériennes évoquent une hausse de près de 37% des importations de sucre, et de près de 9% pour le blé. C'est dire qu'au final, les subventions, qui devraient bénéficier aux ménages, particulièrement les plus démunis, permettent aux contrebandiers et aux importateurs véreux d'amasser des fortunes !  

El Watan

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