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Autant le dire… : Est-ce vraiment de l'Excellence ?

Les prix d'Excellence dans les écoles primaires et secondaires, publiques et privées ont débuté. Juste après la publication des résultats des examens et des fins d'années. Dans les arrondissements, les communes et les directions régionales et provinciales de l'Education nationale et des Enseignements secondaires, et même dans certaines écoles, on organise la récompense des « Excellents ».

Comme d'habitude. Ainsi, encadreurs, enseignants et élèves sont récompensés « pour les bons résultats obtenus au cours de l'année ». Ce qui paraît important et tout à fait normal car, tout travail bien fait mérite récompense et surtout la reconnaissance. Naturellement, une telle reconnaissance encourage les acteurs encadreurs, enseignants et surtout les élèves. Dans la mesure où la raison principale de ces récompenses est non seulement de les encourager à aller au-delà de ce qui est déjà fait, mais de stimuler les autres à en faire autant, sinon plus.

Seulement, depuis quelques années, on a l'impression que malgré ces récompenses et suite à ces « excellents résultats », les espoirs ne vont toujours pas dans le sens voulu. Autrement dit, les résultats sont de plus en plus catastrophiques dans nos écoles, tant au primaire qu'au secondaire. Les résultats des différents examens (Certificat d'études primaires, BEPC et BAC) sont là par exemple, pour nous le démontrer. Dans les Hauts-Bassins par exemple, sur un total de 9 451 candidats présentés au baccalauréat session 2013, ils étaient seulement 1 754 à être admis au premier tour et 1 108 au second tour. Soit un total d'amis de 2 862 ; ce qui donne un taux de 30,28 % alors qu'en 2012, ce taux était légèrement en hausse (30,76 %). Au Brevet d'études du premier cycle (BEPC), le taux d'admission était de 47,18 % en 2012. En 2013, il a chuté de plus de la moitié pour se retrouver à 21,41 %. Que deviendront tous ces enfants qui ne sont pas admis ? Si certains d'entre eux pourront redoubler, d'autres n'auront pas la même chance pour plusieurs raisons. Au Certificat d'études primaires, le taux de réussite dans le Houet était de 67,60 % et 65,9 % en 2012. En 2013, il est de 64,40 % et de 65,49 % (ces résultats étant susceptibles de modifications ». Si à ce niveau la fourchette est relativement maintenue, il y a tout de même un « mais », parce que les effectifs croissent d'année en année.

Dans les classes intermédiaires, les résultats ne sont pas non plus des plus intéressants. Au Lycée Ouezzin Coulibaly par exemple, l'un des établissements secondaires qui est la « référence » dans la région, on a renvoyé environ 1 700 élèves pour résultats insuffisants. Mais ces élèves se retrouveront en classe supérieure dans les établissements privés. Et pourraient être considérés, très prochainement comme des « Excellents » dont il faut reconnaître le mérite. Dans les établissements d'enseignement privé, ces résultats sont plus désastreux. Mais, contrairement aux établissements publics, là-bas il y a des « méthodes » pour faire passer beaucoup d'élèves en classe supérieure. Pour le reste, Dieu s'en chargera.

Aussi, il nous semble important de cultiver une autre mentalité de l'Excellence. Car, elle ne saurait se limiter seulement à un seul résultat obtenu par un candidat, un encadreur ou un enseignant en une année donnée. Parce que, il suffirait qu'un candidat ou un enseignant s'engage pour un prix d'Excellence dans une année et il l'obtiendra. Est-ce pour autant qu'il est « Excellent » ? La preuve en est que les élèves qu'on « gave de leçons » en classes d'examens et qui effectivement réussissent « ne vont pas loin » dès qu'ils arrivent dans la classe suivante (6e ou 2nde).

Si Excellence il doit y avoir dans nos écoles et établissements, elle doit véritablement aider, surtout l'enfant, à aller le plus loin possible, dans son cursus par un accompagnement et un suivi permanents. Pour l'enseignant, elle ne doit pas se résumer seulement à une course à des prix en fin d'année, mais, surtout dans la carrière. C'est en cela que nous aurons des « Excellents » dans la Fonction publique par exemple. Pour ne prendre que ce cas.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso