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Ouaga-Bangui : Djotodia chez Compaoré

Après les pays d'Afrique Centrale, le nouveau Président (autoproclamé) de la République Centrafricaine (RCA), Michel Djotodia Am Nondroko - de son nom complet -, poursuit sa tournée sur le continent. Premier arrêt, en Afrique de l'Ouest : le Burkina Faso. Ce lundi 15 juillet 2013, Michel Djotodia a rendu visite au Président Blaise Compaoré dans son Palais Présidentiel à Ouagadougou.

C'est fait. Le gouvernement burkinabè a publiquement reconnu la légitimité du nouveau Président centrafricain en lui offrant l'honneur d'une visite officielle. Sur les marches du Palais Présidentiel, Blaise Compaoré en personne est venu saluer l'arrivée de Michel Djotodia sur le sol burkinabè.

Les deux chefs d'Etat se sont entretenus en présence de plusieurs ministres, dont, à leur tête, le Premier Ministre Luc Adolphe Tiao. La presse, elle, a dû attendre un peu avant d'entendre les premiers mots en terre burkinabè de l'ex-chef rebelle de la Seleka, autoproclamé Président de la RCA le 24 mars, puis officiellement élu pour un mandat de 18 mois par un Conseil National de Transition le 13 avril dernier.

C'est finalement devant les portes de la Résidence présidentielle que les chefs d'Etat, après avoir déjeuné ensemble, se sont adressés aux journalistes. Le Président Blaise Compaoré a, le premier, « réaffirmé l'amitié et les liens anciens » qui lient les deux pays. « Nous sommes en visite d'amitié », a de même affirmé le Président centrafricain Michel Djotodia, déclarant par ailleurs : « Nous sommes venus remercier notre frère, le Président Compaoré, pour son implication dans notre conflit interne, pour la énième fois... »

Un entretien notamment tourné autour de « l'évolution de la situation sécuritaire » en RCA

« Nous sommes venus bénéficier de ses expériences et de ses conseils, éventuellement des directives à suivre pour que la paix revienne », a-t-il poursuivi. Car si la RCA a changé de tête de file - l'opposition coalisée de la Seleka ayant pris Bangui le 24 mars dernier et ainsi fait fuir l'ancien Président François Bozizé - la crise centrafricaine n'en est pas moins résolue. « Nous avons saisi l'occasion pour expliquer à Son Excellence (NDLR : Blaise Compaoré) l'évolution de la situation sécuritaire chez nous et des dispositions que nous avons eu à prendre » a ainsi affirmé M. Djotodia.

« La sécurité est revenue », a-t-il assuré, balayant ainsi de récents témoignages selon lesquels l'insécurité - notamment sous forme de pillages et de rackets, souvent perpétrés par les forces armées de la Seleka - règnerait encore en République Centrafricaine. Sur ce sujet de sécurité, le Président centrafricain a simplement évoqué la question de la rébellion ougandaise de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) : « Le gros problème chez nous, ce sont les éléments de la LRA. Il est important de souligner que vers l'extrême Nord-Est et vers l'extrême Est, la LRA sévit encore. C'est un phénomène combattu de tout le monde, de toute la communauté internationale. Donc nous sommes là, et au moment où je vous parle mes hommes sont en train de gérer ces éléments », a-t-il ainsi déclaré.

« Il était de notre devoir, en tant que garant de la paix, de mettre Mohamed Daffhane sous les verrous »

Quant à l'arrestation - controversée - de Mohamed Daffhane, ex-ministre du gouvernement centrafricain, membre de la Seleka, le Président Djotodia a déclaré : « Depuis qu'il est arrêté nous vivons en paix, il n'y a pas de troubles. M. Daffhane est un de mes compagnons, qui n'a pas voulu respecter certains engagements et qui a donc été incarcéré. C'est lui qui menait des troupes - il était de connivence avec l'ex-régime - et donc il était de notre devoir, en tant que garant de la paix, de le mettre sous les verrous, pour que la paix revienne chez nous. Voilà tout. »

De son côté, le Président Blaise Compaoré a « salué les efforts qu'entreprend M. Djotodia, pour relever les défis nombreux et très lourds qui pèsent sur l'avenir de la RCA ». Le nouveau Président centrafricain s'est ainsi dit « rassuré » d'avoir « le soutien indéfectible [de M. Compaoré], et [de savoir] que le Burkina sera toujours à nos côtés ». Le Président du Faso « va nous aider à résoudre nos problèmes dans la crise Centrafricaine », a donc conclu M. Djotodia, précisant en outre que ce serait en tant que véritable « acteur » et non simple médiateur.

En effet, le Président du Faso a exprimé sa « disponibilité à accompagner la Centrafrique dans ses efforts pour retrouver la paix sociale et reconstruire le pays ». Et c'est enfin un appel que M. Compaoré a souhaité lancer, envers les autres chefs d'Etat africains : « Nous espérons que toute l'Afrique sera aux côtés [du Président Djotodia] pour ce même engagement ».

Jessica Rat

Lefaso.net

Le Faso

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