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Galaye Ndiaye, patron de Sci la Linguère et frère de Aly Ngouille Ndiaye : " Pourquoi je ne suis pas allé en prison dans l’affaire Jaxaay "

Galaye Ndiaye est un entrepreneur. Il est aussi le frère, de même père et même mère que le ministre de l'Energie, Aly Ngouille Ndiaye. Galaye Ndiaye avait gagné un marché de construction de logements au Plan Jaxaay, un dossier pour lequel quatre personnes, dont le responsable libéral, Abdoul Aziz Diop, sont envoyés en prison par le Doyen des juges. Dans cet entretien, il explique pourquoi il n'a pas été retenu dans les liens de la détention et fait la genèse de cette affaire.

Votre entreprise, Sci la Linguère, a été citée dans l'affaire du plan «Jaxaay». D'aucuns s'interrogent sur la baraka qui vous a sauvé de la prison, alors que d'autres sont en détention. Qu'est-ce qui vous a tiré d'affaire ?

Lorsque nous avons été au courant des enquêtes, avec mes conseils, on savait déjà ce qu'on nous reprochait. Il m'est reproché d'avoir détourné plus de 66 millions FCfa ou d'avoir été complice dans le cadre de l'exécution d'un contrat de construction de logements que nous avions signé avec l'Etat. Et pour éviter tout amalgame, mes conseils et moi avons préféré consigner l'intégralité du montant, comme le prescrit la loi.

C'est peut-être parce que vous avez des choses à vous reprocher que vous avez consigné?

Non du tout, nous contestons l'intégralité des faits. Nous avions un contrat de 250 millions FCfa, et sur cette somme, nous avons reçu une avance de 39 millions FCfa qui a été entièrement cautionnée par la Banque de l'habitat. J'ai déposé une caution de 66 millions FCfa devant le juge et au moment où je vous parle, «Jaxaay» me doit un décompte de 23 millions FCfa net. Présentement, c'est l'Etat qui me doit de l'argent. J'en suis à 207 millions FCfa de travaux déjà effectués, alors que je n'ai reçu que 163 millions FCfa. Nous croyons à la justice. Nous sommes des justiciables et c'est pourquoi nous répondons aux convocations des juges. Nous avons des avocats et comptons nous battre sur le terrain judiciaire pour prouver que nous ne sommes pas coupables des faits qui nous sont reprochés.

Et pourquoi avez-vous opté pour le cautionnement et non pour les contestations sérieuses ?

Les contestations sérieuses se présentent doublement. A cette étape de la procédure, logiquement, on devrait, soit consigner ou être placé sous mandat de dépôt. On a préféré consigner et après, nous battre sur le terrain judiciaire.

Vous deviez construire combien de logements ?

40.

Vous en avez livré combien ?

A ce jour 29.

Pourquoi avez-vous accusé tout ce retard ?

Cela s'explique différemment, il y a beaucoup de causes. Au début du chantier, il n'y avait pas de problème de trésorerie, on travaillait normalement. Mais en 2009, entre mars et avril, moi j'avais un décompte de 45 millions FCfa, c'est-à-dire que les travaux ont été exécutés et le ministère a fait ses attachements, la facture était de 45 millions FCfa. On me l'a payée en 3 chèques différents et à différentes dates. Donc, c'est déjà une preuve que l'argent n'était pas disponible. Voilà ce qu'on nous a servi comme réponse. Après cette période, le plan «Jaxaay» a traversé des périodes de difficultés financières, on n'arrivait plus à payer et l'artifice qu'on avait trouvé, c'était de donner des acomptes pour payer les fournisseurs. C'est à ce moment qu'on a livré nos 15 premiers logements. Après, les travaux ont été bloqués parce que nous sommes des entrepreneurs et nous sommes payés suivant nos prestations. Nous prenons des engagements auprès des banques et des fournisseurs, ce qui doit amener les autres à suivre les factures. Nous avions donc pris des engagements dans les banques et les agios nous suivaient, et finalement, les travaux ont été à l'arrêt. Et lorsque le régime a changé, le coordonnateur qui a été nommé nous a donné une mise en demeure pour qu'on reprenne les travaux.

Quelle est la suite que vous aviez donnée à cette mise en demeure ?

Je suis allé le voir et il m'a confirmé que dorénavant, tout travail exécuté serait payé. Et puisqu'à cette étape, il y avait du travail qu'on pouvait faire sans bureau de contrôle, c'est généralement ce qui porte sur le gros ½uvre, on a fait cela. Maintenant pour les parties qui exigeaient les bureaux de contrôle, on était à l'arrêt, j'ai écrit trois lettres à Omar Sow, qui était précédemment chargé du projet, pour lui demander la réception de certains ouvrages. Je pense que finalement, il n'était plus en relation contractuelle avec les bureaux de contrôle. Cette situation s'est réglée entre fin mai et début juin 2013. Ensuite, le nouveau coordonnateur nous a dit de prendre attache avec le bureau Veritas pour continuer. Ce que nous avons fait. A la date du 25 mai, nous avons livré 14 autres villas.

Il vous reste combien de villas à livrer ?

11 villas.

Ce qui représente quelle somme?

Nous sommes payés 6,5 millions FCfa Ttc la villa, au moment où je vous parle, trois villas sont déjà coulées et enduites à l'extérieur, les autres sont au niveau du plancher.

Pour en revenir aux travaux, vous devriez livrer les maisons dans quel délai ?

Logiquement six mois.

Mais pourquoi tout ce retard ?

C'est ce que j'explique. Il faut que tous les engagements suivent pour qu'on respecte les délais fixés. Si chacun fait ce qu'il a à faire, il n'y a pas de problème. J'ai fait un premier «Jaxaay» en 2006 avec la construction de 70 logements en six mois. Pour la même période, lorsque ces 49 logements pataugeaient, la Banque de l'Habitat, suite à une avance que la banque avait cautionnée pour une société qui avait 300 logements sur «Jaxaay», avait repris ce chantier en régie. Deux de mes confrères m'avaient donné 75 lots, j'avais effectué les travaux en 5 mois et demi.

Est-ce que vous avez repris les travaux pour lesquels vous êtes poursuivis ?

Oui.

Quand est-ce que vous allez terminer les onze villas ?

Normalement, cela ne devrait plus faire 45 jours, mais ça dépend du corps de contrôle, s'ils mettent des observations, on est obligés de les lever avant de continuer.

Est-ce que c'est uniquement parce que vous avez payé la caution que vous n'avez pas été retenu par le juge ?

On a consigné l'intégralité de la somme, c'est une exigence de la loi.

D'aucuns disent que vous avez été privilégié parce que vous êtes le frère du ministre de l'Energie, Aly Ngouille Ndiaye ?

Dans ce cas, il aurait été plus simple de ne pas me convoquer, mais j'ai été convoqué au même titre que les autres. J'ai pris de l'argent que j'ai consigné, mieux que certains qui ont préféré faire des contestations sérieuses, comme ils disent. D'autres ont hypothéqué leur villa, mais mes avocats m'ont expliqué la procédure à suivre. Il ne faut pas oublier que j'ai aussi une maîtrise en Droit. On m'a conseillé de consigner et c'est ce que j'ai fait.

Comment appréciez-vous la convocation de votre frère et ministre dans cette affaire ?

Je ne préjuge de rien. Je sais que cette relation de parenté me suit comme un boulet de canon. Dans tout ce que je fais, il faut que les gens évoquent mon frère. De toutes les façons, il ne fait pas partie de la structure, il n'en est pas actionnaire. L'actionnaire principal est un cousin qui est en Italie qui a fait des études de médecine. Il a une entreprise là-bas qui emploie 400 personnes et qui a un chiffre d'affaires de près de 7 millions d'euros. C'est lui l'actionnaire principal de SCI La Linguère. Donc, si c'est un procès d'intention, je ne sais pas. Si j'avais une couverture quelconque, j'aurais pu ne pas être cité, mais j'ai été convoqué comme tout le monde et j'ai répondu à la Dic et devant le juge d'instruction.

Sous Wade, j'ai eu à faire un total de 235 logements. Pour le contrat que nous sommes en train d'exécuter avec le ministère de la Restructuration et de l'Aménagement des zones d'inondation, j'ai eu 100 villas à la suite d'une consultation restreinte. J'ai été parmi les entreprises retenues. C'est vous dire que j'ai été mieux servi sous Wade que sous Macky Sall. Donc, mon frère n'est pour rien dans cette affaire. Il n'intervient pas dans ces affaires.

NDIAGA NDIAYE L' Observateur




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