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Combats dans l'Est de la RDC, 130 morts en 24 heures selon Kinshasa

Les combat en cours dans l'Est de la République démocratique du Congo, les plus violents depuis neuf mois, ont fait 130 morts en 24 heures, a affirmé lundi le gouvernement, assurant que 120 rebelles et 10 soldats avaient été tués.

Lundi midi, de tirs étaient audibles depuis les quartiers nord de Goma, la capitale régionale du Nord-Kivu. 

Plusieurs chars de l'armée congolaise ont tiré en direction des positions du M23, a constaté un photographe de l'AFP. Ce journaliste a par ailleurs croisé un millier de réfugiés qui se pressaient vers Goma, dans un nuage de poussière.

En fin de matinée à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé a assuré à la presse que l'armée avait "infligé de très lourdes pertes" aux rebelles. Selon lui, 120 rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) et 10 soldats ont été tués. 

Mais aucun bilan n'a pu être obtenu auprès du M23 ni de sources indépendantes.

Ces nouveaux combats avaient commencé dimanche en début d'après-midi à une douzaine de kilomètres de Goma, dans les villages de Mutaho et Kibati. 

Le M23 est constitué d'ancien militaires congolais qui se sont mutinés et ont trouvé, selon la RDC et les Nations unies, un appui - en hommes et en munitions - auprès des gouvernements ougandais et rwandais. Mais ces deux pays voisins nient toute assistance au M23.

Depuis dimanche, rebelles et gouvernement congolais se rejettent l'initiative des combats.

M. Mendé a assuré que les rebelles congolais, "soutenus par des troupes régulières rwandaises", avaient "attaqué" les positions des forces armées.

De son côté, le M23 a affirmé qu'il condamnait "avec la dernière énergie cette reprise de la guerre à l'initiative du gouvernement congolais", dans un communiqué diffusé dans la nuit.

De son côté, le Rwanda a accusé lundi soir l'armée de RDC et la Force de l'ONU dans ce pays d'avoir "délibérément" bombardé deux villages rwandais frontaliers.

Discussions dans l'impasse

"Deux obus ont atterri dans les villages de Kageshi et Gasiza (...) à environ 8 km et 12 km au nord de Rubavu", nouveau nom de la ville rwandaise de Gisenyi, sans faire de blessés, a déclaré à l'AFP le général Joseph Nzabamwita, porte-parole de l'armée rwandaise.

"Il s'agit d'un acte de provocation délibéré", a-t-il dit, en rejetant l'hypothèse d'un accident, parce que selon lui aucun combat n'était signalé à proximité de la zone d'origine des tirs.

 

Discussions dans l'impasse

 

Les combats engagés dimanche près de Goma sont les plus violents depuis neuf mois.

En novembre 2012, le M23 avait occupé Goma pendant une dizaine de jours après avoir rapidement défait l'armée pourtant soutenue par les casques bleus onusiens. Les rebelles s'étaient retirés de la ville sous la pression des pays de la région, en échange de l'ouverture de négociations avec le gouvernement de Laurent-Désiré Kabila.

Mais ces discussions entamées en décembre à Kampala n'ont pas beaucoup avancé depuis, le gouvernement refusant qu'elles soient élargies au niveau politique et sociale.

Le M23 a cependant réaffirmé, dans son communiqué, "son attachement aux pourparlers de Kampala" qu'il considère comme "la seule voie susceptible de résoudre les causes profondes du conflit".

Les Nations unies, qui avaient été prises à partie pour leur incapacité à protéger les populations du Nord-Kivu en 2012, ont depuis imposé un accord-cadre signé à Addis Abeba le 24 février par tous les pays de la région: ils s'étaient alors engagés à ne pas appuyer les mouvements rebelles agissant dans l'Est de la RDC.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a également adopté en mars une résolution créant une brigade d'intervention de 3.000 hommes - en cours d'installation - chargée de neutraliser les groupes armés dans la région.

Par ailleurs, dans la même région de l'Est de la RDC mais plus au nord, les offensives d'une rébellion ougandaise à la fin de la semaine dernière ont poussé des milliers de Congolais à fuir.

Les rebelles ougandais des Forces alliées démocratiques (ADF-Nalu) avaient attaqué jeudi, et brièvement occupé, la localité de Kamengo, sur la frontière. Les troupes congolaises l'en ont délogés et les pourchasse depuis. 

Fuyant les violences, 65.000 Congolais ont cherché refuge en Ouganda, selon de nouvelles estimations communiquées lundi par la Croix-Rouge ougandaise.

AFP

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