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Egypte: un haut responsable américain appelle à l'apaisement

Un haut responsable américain a appelé à l'apaisement lundi en Egypte après des entretiens avec les nouvelles autorités au Caire, où les partisans du président déchu Mohamed Morsi et leurs adversaires ont à nouveau manifesté dans la soirée.

La priorité doit aller au dialogue et à la fin des violences, a affirmé le secrétaire d'Etat adjoint Bill Burns, selon la traduction en arabe de ses propos diffusée sur des chaînes arabes.

Il a par ailleurs exclu que l'Egypte vive un scénario comparable à celui de la Syrie, ravagée depuis plus de deux ans par une guerre civile.

Auparavant, M. Burns, venu apporter le "soutien des Etats-Unis aux Egyptiens", s'était entretenu avec les principaux responsables intérimaires, selon l'agence officielle Mena: le Premier ministre Hazem Beblawi, le président Adly Mansour et le général Abdel Fattah al-Sissi, le nouvel homme fort du pays, qui devrait rester ministre de la Défense.

Le mouvement Tamarrod, à l'origine des rassemblements de masse contre M. Morsi fin juin, a en revanche refusé de le rencontrer, invoquant le sentiment, largement partagé parmi les manifestants anti-Morsi, que Washington avait soutenu le président déchu jusqu'au bout.

"Les Etats-Unis n'ont pas été au côté du peuple égyptien au début du mouvement" qui a contribué à la chute de M. Morsi, a déclaré à l'AFP un responsable de Tamarrod, Islam Hammam.

Il s'agit de la première visite d'un haut responsable américain depuis le renversement de M. Morsi le 3 juillet par l'armée, après les manifestations monstres réclamant son départ. Les violences qui ont suivi ont fait une centaine de morts à travers le pays.

Cette visite survient dans un climat délicat entre les deux pays. L'Egypte est depuis des décennies un allié-clé pour les Etats-Unis, qui apportent à l'armée une aide annuelle de 1,3 milliard de dollars.

Washington s'est jusqu'à présent abstenu de parler de "coup d'Etat", ce qui entraînerait une suspension automatique de cette aide.

Washington a en outre demandé la remise en liberté de M. Morsi, détenu par l'armée, mais cet appel n'a pas trouvé d'écho au Caire.

Le nouveau pouvoir a assuré que l'ex-chef d'État se trouvait "en lieu sûr" et était "traité dignement", mais sans le laisser apparaître en public depuis son arrestation.

Les partisans de M. Morsi, qui dénoncent un "coup d'Etat militaire" contre le premier président démocratiquement élu, ont appelé à de nouveaux grands rassemblements lundi, en particulier aux abords de la mosquée Rabaa al-Adawiya, dans le faubourg de Nasr City, où ils campent depuis deux semaines.

En début de soirée, avant la rupture du jeûne, ils étaient déjà plusieurs dizaines de milliers sur place, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Je ne suis pas un membre des Frères musulmans (...) mais je suis là pour défendre mon vote", a déclaré Gamal Hassan, un pharmacien.

Une marche était annoncée vers le siège de la Garde républicaine, devant lequel 53 personnes ont été tuées il y a une semaine par des tirs pendant une manifestation pro-Morsi.

Les Frères musulmans veulent continuer de manifester "pacifiquement", a assuré à l'AFP un porte-parole, Ahmed Aref. "Nous avons une cause juste pour laquelle nous sommes prêts à nous sacrifier".

Les anti-Morsi, qui reprochent au président déchu d'avoir gouverné au seul profit des Frères musulmans et de ne pas avoir fait face à la crise économique, comptaient pour leur part se rassembler sur la place Tahrir.

Par ailleurs, dans le nord du Sinaï, où la situation sécuritaire s'est encore dégradée ces deux dernières semaines, au moins trois personnes ont été tuées dans la matinée et 17 autres blessées, dans l'attaque d'un bus transportant des ouvriers d'une cimenterie.

Dans ce contexte, M. Beblawi, qui n'a pas exclu d'intégrer des Frères musulmans dans son équipe, poursuit ses tractations pour constituer un gouvernement, dont il avait estimé pouvoir annoncer la composition mardi ou mercredi.

En visite à Paris, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a souligné que l'Egypte se trouvait "à un tournant critique".

"Il ne saurait y avoir de place pour la vengeance ou l'exclusion d'un parti ou d'une communauté importante", a-t-il ajouté, se disant "très inquiet" des arrestations dans les rangs des Frères musulmans dont plusieurs dirigeants sont par ailleurs visés par des mesures de gel de leurs avoirs.

L'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), une ONG locale, s'est pour sa part alarmée d'une recrudescence des violences contre les chrétiens coptes, accusés par certains islamistes d'avoir ½uvré au renversement de M. Morsi.

AFP

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