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Autant le dire… : Vers un fiasco électoral au Mali ?

Malgré la situation de ni guerre ni paix au Mali, on s'achemine vers une élection présidentielle qui, visiblement risque ne pas apporter les solutions escomptées pour résorber définitivement la crise au Mali. A moins qu'on ait choisi délibérément d'avoir un président élu quelles que soient les conditions de son élection et les conséquences que cela va engendrer.

Il est vrai qu'un président intérimaire ne jouit pas de tous les pouvoirs pour gouverner un pays. Surtout que dans le cas du Mali, Dioncounda Traoré a dans l'antichambre un certain capitaine Haya Sanogo et ses hommes en treillis qui tirent sur les ficelles, et qui peut, à tout moment afficher ses intentions présidentielles.

La crise est loin d'avoir pris fin au Mali, notamment dans le septentrion où la ville de Kidal est pratiquement entre les mains des mouvements touaregs. Le gouverneur de la zone qui s'y est rendu en avion pour installer une administration qui aura tout le mal pour fonctionner en sait bien quelque chose. Même si on tente de faire croire à l'opinion nationale et internationale que tout va bien et ira de mieux en mieux. N'a-t-il pas été hué par des jeunes organisés pour « l'accueillir » et lui faire comprendre le message qu'à Kidal, il y a une autre administration ? C'est dire donc que dans cette localité, le scrutin du 28 juillet prochain est déjà un échec. Qu'adviendra-t-il si cette population de Kidal et sa région ne participe pas au processus électoral ? Le président élu y sera-t-il reconnu comme tel et bénéficiera-t-il de l'accompagnement de ces populations et des mouvements touaregs pour consolider la paix qu'on recherche tant ? Pour l'instant, personne ne peut donner une réponse satisfaisante à une telle question. C'est dire donc qu'il reste beaucoup de choses à faire et qu'organiser une élection présidentielle dans une telle situation est très risqué.

En outre, les conditions d'organisation même de l'élection ne sont visiblement pas remplies. D'abord, à peine sont-ils en train de sortir de la crise que les populations maliennes doivent se rendre dans des urnes, alors que les esprits ne sont pas suffisamment préparés. Il est vrai qu'au moment où les putschistes renversaient le président Amadou Toumani Touré, on était à quelques deux mois de l'élection présidentielle. Mais cela suffit-il, surtout que tout le processus est désorganisé, pour dire que les Maliens sont prêts à aller aux urnes ? Les politiciens peuvent le penser, mais les populations ont, en ce moment d'autres choses dans les têtes. Celles qui sont déplacées voudraient bien retourner chez elles d'abord, s'installer et reprendre leur vie. Avant d'aller aux urnes pour donner leur voix à un quelconque candidat.

Ensuite, sur quelle base organise-t-on une telle élection quand on sait qu'une élection, c'est bien un fichier électoral fiable, incontestable. Peut-être que la classe politique malienne s'est accordée. Mais, si l'élection est escamotée parce que le fichier n'aurait pas été fiable, cela remettra en cause sa crédibilité. Le président élu pourrait être contesté. Et la crise n'aura pas été résolue comme on le voudrait. On aura ainsi perdu de l'argent et de l'énergie pour rien.

Enfin, l'accord de paix de Ouagadougou n'est pas la solution définitive à la crise malienne. S'y baser pour aller à des élections, pourrait se comprendre comme si on mettait la charrue avant les b½ufs. Les parties en conflit au Mali ont bien besoin de vider tout ce qui est à l'origine de la crise malienne avant de porter leur choix sur un candidat qui sera compris et considéré comme le président de tous les Maliens, et qui de ce fait, fera en sorte que le Nord ne se sentira plus délaissé, à tout point de vue. Autrement, il bénéficiera d'une égale répartition des ressources du pays. En allant de façon précipitée à l'élection présidentielle, on prépare le Mali à retourner à une crise car, la solution de la crise ne se trouve pas seulement dans l'illégitimité du président actuel ni dans la légitimité de celui qui sera élu. Mais dans les c½urs des Maliens à s'accepter et à vouloir vivre ensemble, dans les mêmes conditions.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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