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Insécurité alimentaire au Centre- Nord : La volatilité des prix des céréales, une des causes principales

Nous faisions cas récemment d'une étude menée dans le Centre-Nord par l'Institut des Sciences des Sociétés (IN.S.S) sur la sécurité alimentaire. Les résultats de cette étude ont fait l'objet, ce 12 juillet 2013 à Kaya, d'un atelier de restitution présidé par le Professeur Basile Guissou, Délégué général du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST).

L'étude qui a débuté en septembre 2012 sur les sites de Kaya et de Nessemtenga, va durer quatre ans et a pour thème : « Assurer la sécurité alimentaire en période de volatilité des prix des denrées alimentaires ».

Elle est commanditée par Oxfam Grande Bretagne et menée par une équipe pluridisciplinaire du Département Socio-Economie et Anthropologie du Développement (DSEAD) de l'IN.S.S que coordonne le Pr Ludovic O. Kibora.

Après un an de recherches, les premiers résultats sont donc disponibles. Et le présent atelier avait pour objectif principal de diffuser ces résultats qui portent sur les comportements et attitudes des populations face à la volatilité des prix des denrées alimentaires dans la province du Sanmatenga.

« Les chercheurs burkinabè trouvent »

« Aujourd'hui, un regard sur le rétroviseur nous permet d'affirmer que de nombreux résultats ont été générés par la recherche aussi bien dans le domaine des sciences biophysiques (agronomie, environnement, matériaux, substances naturelles...) que dans le domaine des sciences économiques, sociales, humaines, politiques...

C'est donc pour nous une fierté de pouvoir dire sans détour qu'au Burkina Faso, les chercheurs cherchent et trouvent », assure le Pr Guissou.

« Les enjeux de la sécurité alimentaire dans nos pays sont énormes ; aussi les conclusions de cette étude devraient-elles à n'en pas douter, permettre d'éclairer davantage les décideurs dans la mise en ½uvre d'actions pour résoudre les problèmes liés à l'accessibilité des populations aux ressources alimentaires », a indiqué pour sa part le directeur de l'IN.S.S, Mamadou Lamine Sanogo.

Quant au coordonnateur de l'étude, le Professeur Kibora, il précise : « l'importance des résultats de cette étude, c'est qu'on a des situations qui vont au-delà de ce que font ressortir les statistiques nationales en matière d'accessibilité des populations aux ressources alimentaires.

Il y a des stratégies endogènes qui sont adoptées par les populations pour résister aux fluctuations des prix. Par rapport à ces stratégies endogènes il va falloir beaucoup plus de soutien de la part des décideurs pour qu'il y ait une sorte de sécurité sociale qui puisse les aider à tenir en cas de fluctuation des prix des denrées alimentaires. Vous avez par exemple des denrées qui n'ont pas les mêmes prix à Kaya qu'à Nessemtenga distante à peine de 7 km.

Dans cette situation, il ressort la question de la spéculation. S'il y a spéculation, cela signifie que les pouvoirs publics n'arrivent pas souvent à bien encadrer, à faire en sorte que les populations aient une accessibilité aux produits alimentaires. Ces difficultés de se nourrir se traduisent sur toutes les couches. Et nous avons essayé de toucher les couches les plus vulnérables »

Renforcer les stocks, contrôler les prix

Dans le rapport de l'étude, l'on note ceci : « Sur le marché, les prix des denrées alimentaires obéissent souvent à la dure loi des spéculations imposée par les commerçants. En situation de crise alimentaire, les populations ajustent leurs besoins en fonction de leur pouvoir d'achat.

Leur train de vie diminue, leur consommation de plantes comestibles augmente, et certains développent de nouvelles activités génératrices de revenus. La présence de nombreuses institutions nationales et internationales d'aide humanitaire et de secours d'urgence, soulagent les populations mais de manière et parfois inadaptés. Une solution à l'insécurité alimentaire consisterait à renforcer les stocks de sécurité alimentaires, à promouvoir l'agriculture, et à contrôler les prix ».

Grégoire B. BAZIE
Ph. IN.S.S
Lefaso.net


Réactions de participants

Pr Ludovic O. Kibora, coordonnateur général de l'équipe de l'étude : ''Consolider le document et diriger les recherches futures''

''L'atelier a été utile à plus d'un titre parce qu'il y a eu des contributions diverses. Vous avez vu, des gens qui sont intervenus et qui ont dit qu'il y avait des recommandations certes pertinentes mais qu'il fallait mieux les rédiger pour que chacun puisse savoir ce qu'il doit faire dans l'avenir. On a travaillé sur des documents souvent en anglais traduits en français, ce qui fait qu'il y a eu des erreurs, des fautes qui se sont glissées par-ci, par-là. Les contributions que les uns et les autres nous ont apportées vont nous permettre non seulement de consolider le document mais aussi de diriger les recherches futures dans le même domaine pour voir réellement ce qu'on pourra tirer comme résultats substantiels pour les communautés''

Dr Siaka Ouattara, représentant du département de sociologie de l'Université de Ouagadougou : ''Approfondir les rasions sociales de la fluctuation des prix''.

Cet atelier de validation nous a permis d'approfondir les raisons sociales, des perspectives que les populations émettent face à la fluctuation des prix qu'on constate souvent en périodes difficiles où il y a des spéculations souvent qui ne s'expliquent pas par rapport aux coûts des céréales. Mais, en s'approchant des populations pour avoir leurs discours, leurs perceptions de la situation, cela permet d'envisager des solutions. Cela permet donc aux décideurs et aux bailleurs de fonds qui accompagnent l'Etat de trouver des solutions et d'améliorer la situation. Si tout est bien suivi et appliqué, ce problème à l'avenir devrait quand même être résorbé.

Marie Thérèse Arcens Somé, Sociologue de l'IN.S.S :''Voir comment évolue le panier de la ménagère''

Cela fait plusieurs années déjà que nous travaillons au niveau de Kaya et de ses environs sur la question de la sécurité alimentaire. Cette étude retrace un peu la problématique de l'évolution des prix sur le marché. L'équipe des chercheurs a travaillé dans le village de Nessemtenga et dans le centre-urbain de Kaya pour voir un peu comment évolue le panier de la ménagère. Les résultats de l'étude révèlent des problèmes du coût de la vie, les difficultés des communautés, des ménages à se nourrir convenablement, c'est-à-dire en qualité et en quantité. Il ressort aussi qu'au village les coûts des produits sont assez bas mais dès qu'on arrive au niveau urbain, les prix montent juste à cause des commerçants qui veulent se faire des profits ».

Propos recueillis par GBB
Lefaso.net

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