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«Il faut 1,5 million d’entreprises pour régler le problème de l’emploi»

Il faut 1,5 million d'entreprises pour satisfaire la demande nationale en matière de l'emploi. C'est l'estimation de M. Naït Abdelaziz, président de la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA), qui déclare que le secteur privé assure 76,9% de l'emploi. A propos de l'investissement dans le domaine de l'industrie, le président de la CNPA pointe un doigt accusateur sur les banques qui «ne jouent pas leur rôle». «Nous ne nous sommes pas satisfaits du financement de l'économie. Les banques ne prêtent qu'aux riches, les PME n'ont pas accès au crédit bancaire», a déclaré M. Naït Abdelaziz lors de la conférence de presse organisée hier au siège de l'UGCAA sur «Le secteur privé et l'emploi». D'après ce chef d'entreprise, l'origine du problème est dans le financement de l'économie. «Je refuse le dialogue des sourds. La manne pétrolière doit financer l'économie», insiste-t-il. Au niveau de l'Association des banques et des établissements financiers (ABEF), 1400 dossiers de rééchelonnement des dettes des entreprises sont déposés. Ces dossiers demeurent sans réponse. C'est pourquoi le président de la CNPA exige des banques des explications. «C'est la mise en ½uvre qui pose problème au niveau des banques», déplore M. Naït Abdelaziz. Ce dernier envisage également de soulever ce dossier lors de la prochaine tripartite prévue pour la rentrée sociale. Bien qu'il affirme que l'ordre du jour sera fixé par le gouvernement, le président de la CNPA focalisera sa participation à cette tripartite sur l'évaluation de la mise en application des décisions prises lors des deux dernière tripartites : celle du 28 mai 2011 et celle des 29 et 30 septembre 2011. «Nous sommes sortis avec 200 propositions négociées et admises par le gouvernement, notamment celle relative au rééchelonnement des dettes fiscales et au financement bancaire», rappelle M. Naït Abdelaziz, qui a décidé d'interpeller le Premier ministre sur la mise en application de ces propositions qui tardent à se concrétiser sur le terrain. Sur 500 000 entreprises, seules 10% ont bénéficié de financement dans le cadre du Fonds de garantie des crédits aux PME (FGAR). M. Naït Abdelaziz continue son réquisitoire sur l'application des décisions qui sont toujours à la traîne en dépit des instructions du gouvernement. 4,5 millions de dollars ont été alloués à la mise à niveau de 20 000 entreprises. «Il ne reste que 8 mois pour le plan quinquennal, on est arrivés à peine à la mise à niveau de 1500 entreprises. Nous allons interpeller le gouvernement pour remettre de l'ordre dans l'approche globale», envisage le représentant des patrons. Questionné au sujet de l'abrogation de l'article 87 bis lors de la prochaine tripartite, le représentant du patronat ne donne pas de réponse précise : «Je ne peux dire ni oui ni non. Ce dossier n'est pas clos. Mais la politique du salaire doit être revue de fond en comble. Le salaire doit être lié à la compétitivité de l'entreprise et à sa rentabilité.»