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« Tamarrod Tunisie » répond à Sahbi Atig

Le Premier Ministre et Le Président de la République sont montés au créneau plusieurs fois par le fait du séisme qui secoue la région et les menace directement

Ils font les bouchées doubles et multiplient les nominations pour assurer une police et une armée obéissantes. Foutaise.

Ils n'ont rien compris. Pas même monsieur Sahbi Atig. Le chef de groupe à l'ANC, par 45 degrés mobilise ses troupes devant le Théâtre de Tunis pour rendre la prochaine contestation contraire au droit divin ! Répétant avec des mots moins savants les propos menaçants de Monsieur Sadok Chourou deuxième homme du Mouvement islamiste Tunisien proche des frères Musulmans.

Je dois dire à Monsieur Sahbi Atig que le mouvement tamarrod est un mouvement qui dépasse sa personne. Il dépasse ennahdha, le gouvernement, la classe politique et tout le monde.

Tamarrod est un mouvement historique qui ne s’attardera pas sur ce dit l’un ou ce que pense l'autre. C’est un mouvement irréversible.

il y a aura surement des faux pas, des incompréhension, et même des tentatives de récupération par tel ou tel chasseur de voix ... il y aura probablement des martyrs, Des leaders disparaîtront et d’autres apparaîtront.

Il y aura certainement ceux qui s'y verront meneurs. Pour un temps ... pour deux temps.

Mais comme dans tout mouvement profond et séculaire, l’important ne sont ni les dirigeants ni les opposants mais ce qu'il en résultera..à terme c’est-à-dire ses objectifs.

Et ses objectifs s’inscrivent parfaitement dans le sens de l’histoire. Je dois dire également à Monsieur Moncef Marzouki manifestement très affecté et très inquiet qu'il ne sert à rien de lutter contre le sens de l'histoire. C'est un geste désespérément inutile. je dois le dire aussi à monsieur Ahmed Nejb Ec-chebbi qui semble être toujours en retard de phase par rapport aux évènements : l'histoire a broyé des systèmes bien plus imposants. L'URSS se croyait inébranlable. Le NSDAP se voulait millénaire. La Pax Islamica se voulait éternelle.

Tamarrod, encore perdu dans ses repères, balbutiant ses premiers pas, donne de fausses hésitations.

Ce n'est ni une organisation, ni un parti, ni une structure préconçue. Il s'agit d'une expression spontanée.

Simple crête d'une montagne de glace sous la surface. On peut l'écrêter pour un temps. Il en sortira deux ou trois ... ici où là

Parce que tamarrod n'obéit qu'a la seule logique de la morale et de la justice, s'y opposer est aussi hasardeux que la chasse à la lumière.

Monsieur Sahbi Atig. Si vous entendez le vrombissement et la colère de la nature, un conseil ! Évitez de placer vos sentinelles et vos baroudeurs au-dessus de votre fort. Pensez plutôt à fuir le lit du fleuve. La nature reprend ses droits avec ou sans votre accord.

Vive la Tunisie, vive la morale , vive la justice et vivent tous les tamarrods tunisiens

Je vous rappelle la postion de tamarrod qui ne change pas ni avant ni après les menaces :

PREAMBULE

Au terme de deux années de discorde et d'errance, les représentants des tunisiens aboutissent à un projet de constitution totalement incohérent et de nature à mener inévitablement à une impasse constitutionnelle.

Le gouvernement rendu illégitime s'accroche au pouvoir. Un pouvoir usurpé.

Le mouvement Tamarrod est un mouvement spontané, composé essentiellement de jeunes patriotes. Il est issu d'une prise de conscience collective et du constat que la révolution de 14 janvier a été spoliée et détournée au profit d'un dessein régional sans rapport aucun avec les aspirations du peuple.

Le mouvement Tamarrod suit également avec intérêt un mouvement similaire en Egypte, bien que la situation en Tunisie soit plus dramatique.

LES CAUSES

Après le soulèvement du 14 janvier, le peuple tunisien conscient de son droit et de sa force, a érigé une haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution et de la transition démocratique, seule expression souveraine de son droit à rendre le pouvoir au peuple.

Cette instance légitime a procédé à l’élaboration d’un ensemble de textes aboutissant aux élections libres.

Le 23 octobre 2011, le peuple tunisien était appelé à choisir 217 représentants pour un mandat d'une année. Ce mandat est limité à la rédaction d'une constitution, la désignation d'un gouvernement provisoire pour expédier les affaires courantes et organiser les élections.

Le 27 novembre 2011, le peuple tunisien découvre pour la première fois ses représentants sortis des urnes.

Hormis une douzaine de figures historiques moyennement connues, les autres élus sont des figurants inconnus et pour la plupart sans aucune compétence.

80.12 % du peuple sont déçus par le résultat contraire à leur vote. Près de la moitié des électeurs renonce à son droit d'élection en raison du mode de scrutin à un tour et à une liste, mode inapproprié pour exprimer le choix du peuple.

En effet , si près d'un million et demi de voix représentant 19.88 % des électeurs portent le parti d'extrême droite religieuse au premier rang avec 41 % des sièges, le même nombre de voix dispersés sera perdu entre les 150 partis et ne remportera aucun siège.

Ce parti qui est arrivé en tête, complète sa majorité en constituant une troïka hybride avec le parti laïc radical.

De cette coalition de circonstance vouée à l'éclatement, le parti religieux a désigné un gouvernement contesté. Ingérable par son nombre insensé et inefficace par la carence cruelle de compétence.

La première mesure de l'Anc a été de transgresser le décret-loi portant sur sa création, sa mission et la durée de son mandat.

La troisième mesure a été de changer le régime républicain en régime parlementaire en flagrante transgression de ses propres règles inscrites dans la petite constitution et en contradiction avec les conditions requises du droit international stipulant la consultation du peuple pour les choix fondamentaux.

L'échec de l'Anc à répondre aux trois objectifs et seulement aux trois objectifs pour lesquels le peuple s'est soulevé, à savoir la dignité, la liberté et le droit au travail, est patent.

Aux grands sacrifices consentis pour libérer le pays de la dictature sont venus s'ajouter des souffrances, des déceptions, des crimes, des injustices, avec plus de chômage, plus de mépris, plus d'inégalité, sous un diktat encore plus amère que le précédent.

Les passe-droits, la corruption, et la misère généralisée sont traités avec arrogance, mépris, indifférence et incompétence manifeste.

La chose religieuse a fait irruption dans l'espace public avec son lot de violences, de terreur, de terrorisme, de dogmes exotiques parfois barbares souvent obscurantistes.

La déliquescence de l'état, l'absence manifeste de volonté d'assurer la sécurité et la compromission de l'institution religieuse, nouvellement créée et dotée d'un budget disproportionné, dans l'apparition de groupes terroristes tendant à changer l'identité nationale finissent par instaurer un climat de terreur.

La création de groupes de choc à l'appui du pouvoir en nombre indéterminé pose la question sur le financement occulte.

Au terme de près de deux années de diatribes et de tergiversations, le projet de constitution incohérent, irrecevable, liberticide et truffé de pièges, est imposé par la minorité au pouvoir.

Pendant ce temps le peuple dans sa très large majorité ne croit plus à une sortie de la crise morale économique et institutionnelle.

Non seulement rien n'a été fait dans le sens des trois objectifs de la révolution, mais aussi la classe dirigeante a engagé le pays dans une crise identitaire qui divise aujourd'hui le pays et dont personne n'a nul besoin.

De surcroit, la violence gagne chaque jour un peu plus l'espace public. L'insécurité atteint son point culminant avec l'assassinat politique et l'apparition de groupes armés rattachés au terrorisme international.

Le constat évident de la mise au pas de la justice renvoie même à une mise à l'index de la Tunisie par la communauté internationale.

Le ministre de la justice, par le fait du prince s'est arrogé un droit personnel au gré de ses humeurs à congédier sans recours une centaine de juges pour la plupart insoumis au diktat religieux. Il faut ajouter que par cette mesure et par l'annonce d'une seconde liste en préparation pour le renvoi de 100 nouveaux juges, la justice est devenue totalement à son service personnel.

Enfin , et devant la dérive et l'absence totale d'horizon, des jeunes se sont mis en ordre de contestation civile et non violente pour faire valoir le droit du peuple de disposer de lui-même et de choisir sa gouvernance.

L'action Tamarrod consiste simplement à retirer la confiance accordée le 23 octobre 2011 aux 217 membres de l'ANC devant son échec patent à diriger le pays.

Sur le fond le mouvement Tamarrod considère que la mission de l'ANC telle que définie par l'article 6 du décret-loi du 13 mai 2011 prend fin le 23 octobre 2012.

Il faut rappeler également que l'engagement signé par le principal parti au pouvoir ainsi que 11 autres partis les plus représentés de la société stipule que l'ANC et le gouvernement s'en remettront au peuple le 23 octobre 2012

Sur le plan de la légitimité fonctionnelle, le gouvernement par la voix du premier ministre même, Monsieur Mohamed Jebali, a déclaré que le pays est ingouvernable dans ces conditions et a démissionné en appelant à un gouvernement de salut public non partisan.

Pour ces raisons, et en dehors de toute appartenance à quelque parti que ce soit, ni parti ni aucune organisation, le mouvement spontané de la jeunesse Tamarrod voit ses rangs grossir de jour en jour avec l'adhésion du peuple.

Notre but consiste à rendre le pouvoir au peuple qui saura où quand, et comment résoudre ses problèmes, remettre de l'ordre dans le pays, et redonner l'espoir pour des jours meilleurs.

L'action Tamarrod prend naissance aujourd'hui, elle ne cèdera ni par l'intimidation, ni par la coercition, ni devant la force aveugle, encore moins par l'usure du temps.

Cette flamme continuera de guider le peuple sur la voix de la liberté jusqu’à ce qu'il recouvre ses droits. Tous ses droits.

ARGUMENTAIRE :

De la légitimité de l'action

Dans le préambule du décret-loi n° 2011-14 du 23 mars 2011, portant organisation provisoire des pouvoirs publics :

*le peuple a exprimé au cours de la révolution du 14 janvier 2011 sa volonté d’exercer sa pleine souveraineté.

*Il est souligné que le peuple Tunisien est souverain et exerce sa souveraineté par le biais de ses représentants.

Par souveraineté Jean Bodin entend :

« Un attribut essentiel de l’État : « La souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d’une République. » Aucun pouvoir n’est supérieur à la puissance souveraine qui ne peut être anéantie, mais elle n’est pas sans limite (s’exerce sur le domaine public et non privé).

Par le décret-loi n° 2011-72 du 3 août 2011 qui vient compléter le préambule, on y lit :

*« En rupture avec l'ancien régime basé sur l'arbitraire et le mépris de la volonté du peuple par l'accaparation du pouvoir. »

Le peuple tunisien affirme donc être le seul détenteur du pouvoir indivisible et intangible. Aucun pouvoir, aucune institution aucune force morale ou matérielle ne peut aliéner, partager, ou se substituer à sa volonté pleine et totale pour décider de son destin et conduire ses affaires.

Ce principe est le fondement même du droit réaffirmé dans la Charte des Nations unies issu de la philosophie des Lumières, notamment de la philosophie de Jean-Jacques Rousseau.

* Le peuple a le droit de disposer de lui-même.

*Il est la source du pouvoir.

Or nous nous trouvons aujourd'hui devant une Assemblée qui a outrepassé la volonté du peuple, qui s'est substituée à sa volonté et qui décide à sa place de la durée et de la teneur de son mandat. En abusant de la confiance que le peuple lui a accordée.

Le peuple source de tous les pouvoirs, et conscient de sa force, exerce pleinement son droit inaliénable et intangible de retirer la confiance de ses représentants, d'annuler toutes ses décisions qu'il déclare contraires à sa volonté et de décider de la suite des évènements en toute souveraineté.

Il appartient au peuple et rien qu'au peuple de se soucier de l'avenir du pays, de trouver sa voie et de se donner les moyens qu'il juge les plus indiqués pour gérer ses affaires.

Aucune ascendance morale ou personnelle ne saurait guider ou influencer ses choix.

Il est fini le temps où un individu, un groupe ou bien une force étrangère prétendent que le peuple est mineur, inconscient ou incompétent.

Il est fini le temps où un individu se dit investi du devoir de sauver le pays.

Il est fini le temps où le peuple se résigne à un paternalisme d’un autre âge.

Aucune légitimité ne saura se substituer à la légitimité du peuple.

Seul le peuple oblige