mis à jour le

Déminage en Casamance : les ex-otages s’interrogent sur leur avenir

(APS) - Les neuf démineurs libérés vendredi après-midi par César Atoute Badiate, un des chefs du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, rébellion), ont fait part samedi de leur inquiétude au sujet du processus du déminage humanitaire en Casamance.

''Vous avez tout parlé sauf de notre avenir. Ils (les responsables du MFDC) nous ont dit qu'il n'y aura pas de déminage en Casamance, sans le retour de la paix. Nous sommes des pères de famille. Nous avons opté de lutter contre la pose des mines'', a lancé l'un des ex-otages, en s'adressant au gouverneur de Ziguinchor, Cheikh Tidiane Dieng, lors d'une rencontre consacrée à leur suivi médical.

Après la cérémonie marquant leur remise aux autorités sénégalaises, qui a eu lieu à Mpack, les ex-otages ont été conduits en début d'après-midi à Ziguinchor, métropole du Sud et capitale régionale.

Un pool de médecins généralistes et un psychiatre sont chargés de les suivre sur le plan médical, a révélé Cheikh Tidiane Dieng.

''Nous vous retrouvons sains et saufs. Vous avez vécu le martyre pendant votre séjour dans la forêt, loin de vos amis, de vos proches dans l'incertitude du lendemain. Cette angoisse qui suscite la simple pensée que vos proches sont dans la hantise suffit pour vous rendre dés½uvrés. Mais vous avez fait preuve de courage et de foi en Dieu'', a souligné le gouverneur de Ziguinchor.

Jérôme Diédhiou, dit Ban Ki-moon, l'un des lieutenants de César Atoute Badiate, a réitéré, vendredi à Kassolol, en Guinée-Bissau, l'interdiction faite aux démineurs de dépasser la ligne rouge, affirmant que ''le déminage de la Casamance est tributaire du retour de la paix''.

Il s'exprimait lors de la cérémonie de remise des neuf otages à l'ONG bissau-guinéenne +Mom Ku Mom+ (Main dans la main, en créole bissau-guinéen).

''Ils ont dit que tant qu'il n'y a pas de paix, il n'y aura pas de déminage. Donc, la majeure partie de mes collègues sont des pères, nous allons être dans la galère'', a déclaré Souley Doucouré, chef d'équipe à Mechem, l'opérateur sud-africain pour le compte duquel travaillaient les otages.

Omar Diédhiou, un autre ex-otage, a, quant à lui, déclaré que les 12 démineurs enlevés le 12 mai dernier à Kaylou, dans le département de Ziguinchor, par l'aile combattante dirigée par César Atoute Badiate, comptent beaucoup sur le Gouvernement du Sénégal pour la poursuite du déminage humanitaire en Casamance.

Concernant le processus de déminage humanitaire, Robert Sagna, le président du Comité de réflexion pour la paix en Casamance, a fait savoir que des discussions ont été engagées avec César Atoute Badiate, l'un des chefs d'Atika, l'aile combattante du MFDC.

Selon lui,''des projets d'accord ont été formulés pour que le déminage humanitaire puisse être poursuivi en Casamance.

L'ancien maire de Ziguinchor a rappelé qu'une délégation représentant César Atoute Badiate à pris part à la rencontre qui s'est tenue à Sao-Domingos, en Guinée Bissau, en juin dernier, pour réfléchir sur l'avenir du déminage humanitaire en Casamance. Et il a rappelé que le Sénégal a ratifié la Convention d'Ottawa.

''Vous avez eu à échanger avec César Atoute. Il n'est pas contre le déminage. Il a posé des conditions et ce sont ces conditions qu'il faut négocier pour arriver à un accord permettant justement la poursuite de ce déminage humanitaire'', a-t-il expliqué aux démineurs.

Seyni Diop, du Centre national d'actions anti-mines du Sénégal (CNAMS), a rappelé que c'est le PNUD qui a signé un contrat avec l'opérateur sud-africain jusqu'à la fin de l'année.

Jean-Michel Thiam, un responsable de l'opérateur sud-africain, précise que Mechem est un prestataire de service qui apporte son expertise pour dépolluer les zones contaminées par des mines.

''Le CNAMS donne un ordre à Mechem d'aller dépolluer une zone contaminées. Si le CNAMS ordonne à Mechem d'aller déminer, nous le ferons. Nous avons obtenu un financement pour continuer nos activités au-delà de la période qu'on nous avait demandée'', a-t-il assuré.

Les neuf démineurs ont été récupérés vendredi dans le maquis par l'ONG bissau-guinéenne Mon Ku mon (Main dans la main, en créole bissau-guinéen), avant d'être acheminés vers 16 heures à Kassolol, une localité bissau-guinéenne située près de la frontière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau.

Ils ont par la suite été conduits à Sao-Domingos, où ils ont été accueillis par le préfet de cette localité, Rui Dacosta.

Les démineurs, qui étaient au départ au nombre de 12, avaient été enlevés le 3 mai dernier à Kaïlou, dans le département de Ziguinchor (Sud).

Les trois femmes membres du groupe ont été libérées, le 4 juin dernier, puis remis aux autorités sénégalaises.


Rewmi

Ses derniers articles: Remaniement ministériel du 1er Septembre : Comment Mimi Touré a court-circuité Eva Marie Coll  Aliou Cissé:  Nécrologie- Décès du journaliste Abdoulaye Sèye 

déminage

AFP

Le déminage du Mozambique prend du retard

Le déminage du Mozambique prend du retard

AFP

Le prince Harry "irrité" par les lenteurs du déminage en Afrique

Le prince Harry "irrité" par les lenteurs du déminage en Afrique

AFP

Le prince Harry en Angola pour inspecter des travaux de déminage

Le prince Harry en Angola pour inspecter des travaux de déminage

Casamance

AFP

Le Sénégal va lutter contre la coupe abusive de bois en Casamance

Le Sénégal va lutter contre la coupe abusive de bois en Casamance

Sénégal

Paroles de femmes casamançaises

Paroles de femmes casamançaises

Black power

Moi, Karamba Diaby, premier député noir d'Allemagne

Moi, Karamba Diaby, premier député noir d'Allemagne

avenir

AFP

Soudan du Sud: quel avenir pour la paix et l'ex-rebelle Riek Machar?

Soudan du Sud: quel avenir pour la paix et l'ex-rebelle Riek Machar?

AFP

Tunisie:

Tunisie:

AFP

Côte d'Ivoire: l'eldorado minier

Côte d'Ivoire: l'eldorado minier