mis à jour le

AFFAIRE HISSENE HABRE Samuel Sarr charge Abdoul Mbaye et Me El Hadji Diouf

Le terme «recyclage» utilisé par Abdoul Mbaye pour justifier l'acceptation des dépôts de Habré en 1991 en sa qualité de directeur d'une banque est parti être un feuilleton politico-judiciaire pour éclabousser gravement le Premier ministre. C'est l'ex-ministre de l'énergie, Samuel Sarr qui vient s'interroger sur l'attitude d'un Premier ministre d'un gouvernement dont «l'axe programmatique principal est la bonne gouvernance», mais dont le passé «est souillé par la plus grande opération de pillage d'un pays frère par un ancien dictateur». Voilà un Premier ministre qui prétend se poser en «champion de la traque des biens mal acquis» contre des compatriotes et qui, pourtant, a admirablement «blanchi» l'argent volé par un dictateur (...), se désole Samuel Sarr. Selon le bras financier de Me Wade, conjoncture et temporalité ne sont pas opposables aux principes fondamentaux de la bonne gouvernance et de la morale. Samuel Sarr pense que le fer de lance de la lutte contre la corruption et l'impunité est d'abord l'exemplarité. «Or, quelle est l'image que renvoie présentement le Premier ministre?», s'interroge-t-il. Répondant à la question, il précise que cette image est celle d'un homme qui s'investit dans l'arbitrage d'un combat où il a été lui-même un des principaux protagonistes.

«On ne peut pas, sous peine de violer royalement les principes élémentaires de la logique, poursuivre des gens pour délit de détournement d'argent planqué à l'étranger et, en même temps, rester aux commandes d'un pays chargé de juger un homme ayant lui aussi détourné l'argent de son pays pour le planquer dans le même pays», soutient M. Sarr. Même si certains soutiennent qu'à l'époque, Abdoul Mbaye n'était pas décideur, qu'il était simplement le directeur d'une banque chargée par les autorités d'alors de sauver de l'argent volé, M. Sarr estime pour lui, ne serait-ce que sur le plan moral, cet acquiescement est suffisamment blâmable pour empêcher le Premier ministre de se poser en adepte de la bonne gouvernance. Car, selon lui, le symbole même de la mal gouvernance doit aujourd'hui être jugé pour crimes que ce Premier ministre a contribué à rendre impunis. De ce fait, «si l'argent volé au peuple tchadien grâce à la générosité des autorités sénégalaises aidées à l'époque par l'actuel Premier ministre n'est pas restitué avec les intérêts, le procès de Hissène Habré sera juste une mascarade», a-t-il martelé. Il ne va terminer sans s'attaquer au député Me El Hadji Diouf, par ailleurs, avocat de Habré, qui, dit-il, certainement, est rémunéré par l'argent volé au peuple tchadien !

Mouhamadou BA

Rewmi

Ses derniers articles: Remaniement ministériel du 1er Septembre : Comment Mimi Touré a court-circuité Eva Marie Coll  Aliou Cissé:  Nécrologie- Décès du journaliste Abdoulaye Sèye 

affaire

AFP

La star marocaine Saad Lamjarred entendue dans une autre affaire de viol

La star marocaine Saad Lamjarred entendue dans une autre affaire de viol

AFP

Afrique du Sud: une commission d'enquête blanchit Zuma dans une affaire de corruption

Afrique du Sud: une commission d'enquête blanchit Zuma dans une affaire de corruption

AFP

Affaire Karim Wade: 27 millions d'euros restitués

Affaire Karim Wade: 27 millions d'euros restitués