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Zimbabwe: Amnesty pointe un manque de liberté avant les élections

Les élections générales prévues dans moins de trois semaines au Zimbabwe se tiendront dans un climat de restriction des libertés politiques, souligne vendredi un rapport d'Amnesty International.

L'ONG en appelle aux observateurs étrangers, notamment africains déjà sur place, pour qu'ils ne surveillent pas seulement les seuls bureaux de vote ou leurs abords car c'est très souvent en dehors de ce périmètre qu'on lieu les plus graves fraudes et violences, et qu'ils vérifient aussi si les électeurs ont été intimidés ou victimes de pressions.

Le scrutin du 31 juillet, censé tourner la page des graves violences électorales de 2008, n'est pas à l'abri du risque qu'elles se répètent, selon l'organisation de défense des droits de l'homme.

Plusieurs facteurs y contribuent, notamment l'absence d'impartialité des forces de sécurité, armée, police, services pénitentiaires ou de renseignement dont les dirigeants sont d'anciens combattants de la guerre d'indépendance, proches du président sortant et candidat Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980.

Amnesty donne maints exemples de la répression qui s'est abattue ces douze derniers mois "à un rythme allant en accélérant" contre les défenseurs des droits de l'homme ou des membres de la société civile, n'épargnant personne jusqu'aux simples associations d'éducation civique.

"Services de sécurité partisans"

Cela prend la forme de perquisitions, d'arrestations, de détentions prolongées ou de longs procès, sans nécessairement déboucher sur des condamnations mais avec comme effet de paralyser le travail de ces organisations, en forçant leurs responsables à aller régulièrement au tribunal, en les privant de l'argent perdu en frais de justice et en instillant la peur d'une longue incarcération.

Même les chefs traditionnels sont dans le collimateur du pouvoir s'ils s'aventurent à soutenir d'autres partis que celui du président Mugabe, et ils s'exposent à perdre tout projet de développement.

"Malgré la formation d'un gouvernement d'union nationale (en 2009) les services de sécurité ont continué à agir de manière partisane, ciblant les sympathisants du MDC (le parti du Premier ministre Morgan Tsvangirai, opposant de M. Mugabe), les militants des droits de l'homme, les avocats, les journalistes et autres critiques du gouvernement", indique le rapport.

Amnesty liste les nombreuses occasions en lesquelles des responsables sécuritaires ont publiquement dénigré le Premier ministre Morgan Tsvangirai, présenté comme le cheval de troie des intérêts économiques occidentaux, ou ont attaqué les organisations de la société civile, accusées de vouloir renverser le régime.

"La situation pourrait changer en 2013"

Au passage, Amnesty laisse entrevoir la possibilité que la situation dégénère davantage qu'en 2008, malgré les quatre années de répit apporté par la formation d'un gouvernement d'union nationale associant MM. Mugabe et Tsvangirai.

L'ONG n'a cessé de recevoir des témoignages de militants politiques en zones rurales victimes d'aimables rappels au souvenir des violences de 2008 qui avaient fait au moins 200 morts, 12.000 personnes torturées ou tabassées, et plus de 28.000 déplacés.

"Alors qu'en 2008, la majorité des violations des droits de l'homme ont été attribuées aux services de sécurité en complicité avec les sympathisants locaux de la Zanu-PF (le parti présidentiel), la situation pourrait changer en 2013 si la police échoue ou refuse de protéger les sympathisants des autres partis contre les agressions de la ZANU-PF", estime Amnesty.

En effet, malgré les appels au sommet de MM. Mugabe ou Tsvangirai à rejeter la violence, dans chaque camp les militants ont été appelés à un échelon inférieur à ne pas hésiter à se défendre en cas d'aggression ou de provocation.

Une consigne qui sur le terrain pourrait être interprétée comme un feu vert pour s'entretuer, selon l'ONG.

 

AFP

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