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Maroc: le gouvernement islamiste cherche de nouveaux alliés

Les islamistes à la tête du gouvernement au Maroc, désormais orphelins de leur principal allié, l'Istiqlal, sont à la recherche d'un nouveau partenaire de poids, le scénario d'un remaniement étant le plus probable même si la tenue d'élections anticipées n'est pas à écarter.

Après deux mois de statu quo, le parti conservateur Istiqlal, principal allié du parti Justice et développement (PJD), a fini par mettre en oeuvre sa décision de retrait de la coalition hétéroclite formée par le PJD au lendemain de son succès électoral historique de fin 2011, en plein Printemps arabe.

Pour poursuivre leur première expérience au pouvoir, les islamistes ont à présent deux scénarios clairs devant eux: le remaniement, chemin a priori le plus court pour dénouer la crise, ou des législatives anticipées, "afin de dégager une nouvelle majorité par les urnes", résume auprès de l'AFP le politologue Mohamed Darif.

Le secrétariat général du PJD, la plus haute instance du parti islamiste, se réunit samedi pour évoquer la marche à suivre.

"Le scénario le plus probable reste le remaniement, ce qui signifie une nouvelle coalition avec un voire deux nouveaux partis", poursuit M. Darif. Les islamistes doivent en effet pallier la perte à la chambre des représentants de la soixantaine de sièges détenus par l'Istiqlal.

Selon la presse marocaine, des tractations ont déjà commencé avec le Rassemblement national des indépendants (RNI, 52 sièges).

Pas pire que ces derniers mois

Mais cette alliance risquerait toutefois fort d'être "contre-nature", note M. Darif. "Le RNI est un parti qui a voté à l'origine contre le programme du gouvernement mené par les islamistes. Le fait qu'il y adhère maintenant serait mal perçu", enchaîne-t-il.

Selon lui, "le programme gouvernemental adopté en janvier 2012 au Parlement, doit dans ce cas être revoté par les deux chambres".

La situation pourrait toutefois ne pas être pire que ces derniers mois, lors desquels la rivalité entre Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, et le nouveau patron de l'Istiqlal, le maire de Fès Hamid Chabat, a souvent été étalée au grand jour.

En annonçant le 11 mai son retrait à venir de la coalition, l'Istiqlal, parti de l'indépendance au Maroc, avait ouvertement reproché aux islamistes leur manque de concertation et d'action.

Au cours des semaines suivantes, le statu quo --dans l'attente d'un éventuel arbitrage du roi-- avait en outre fait craindre une paralysie gouvernementale, alors que le Maroc doit réaliser des réformes sociales urgentes pour répondre à une situation financière précaire (plus de 7% de déficit public en 2012).

"Un parti d'opposition"

Après ces tergiversations, ce sont finalement cinq des six ministres de l'Istiqlal qui ont présenté leur démission mardi. Seul le détenteur du portefeuille de l'Education, Mohamed El-Ouafa, n'a pas obtempéré, ce qui a conduit à sa suspension du mouvement, a affirmé à l'AFP le porte-parole, Adil Benhamza.

Pour le reste, "qu'il y ait un remaniement ministériel ou des élections anticipées, nous nous considérons déjà comme un parti d'opposition", a-t-il prévenu.

Au sein du PJD, certains responsables ne paraissent pas, pour leur part, foncièrement défavorables à l'hypothèse de nouvelles élections. 

"Elles permettraient de clarifier pleinement la situation actuelle, et c'est même le souhait de certains dirigeants de notre parti", a affirmé à l'AFP un député et dirigeant du parti islamiste, Abdelaziz Aftati.

Dans cette optique, le PJD garde une carte maîtresse en main: à défaut d'être intacte, sa popularité reste indéniable, dans un contexte régional pourtant peu favorable aux gouvernements islamistes.

Au cours des derniers mois, il a ainsi remporté plusieurs législatives partielles. Récemment, une enquête d'opinion a par ailleurs laissé apparaître qu'Abdelilah Benkirane disposait encore d'un large soutien dans l'électorat.

AFP

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