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Ramadan : LES FEMMES AUX PETITS SOINS

Le « zaban » coûte entre 10 et 50 Fcfa l'unité selon la grosseur du fruit

Cette année, les prix abordables des fruits de saison, comme le « zaban », autorisent toutes les folies

Le mois de carême a débuté, mercredi dernier, dans notre pays. L'observation du carême entraine un certain changement d'habitudes, surtout nutritionnelles. Les habitudes surtout nutritionnelles changent. Le gros de ce travail revient à la maîtresse de maison. Elle assume le devoir de faire bien manger sa famille en concoctant des recettes bien à propos. L'épouse doit faire preuve d'imagination et de courage, car tout doit être prêt avant la coupure du jeûne aux environs de 19 heures. En la matière les « yéléni » de la cuisine se surpassent. Celles dont les époux aiment bien manger se transforment en véritables cordons bleus. Il est presque 19 heures nous sommes dans la famille Traoré. Ici c'est le calme plat. Tous attendent les coups de canon qui précèdent l'appel du muézin pour rompre le jeûne. Assis sur une natte, entouré de ses enfants et frères le chef de la famille Traoré peut bien s'estimer heureux. Et pour cause ! Mme Traoré a préparé spécialement plusieurs petits plats que son homme adore déguster après le jeûne. Elle a déposé devant les jeûneurs réunis de la bouillie, des carafes de jus savoureux, un plateau de salade de fruits. Mme Traoré n'a pourtant pas trop dépensé pour faire plaisir à sa famille. Le mois de carême coïncide cette année avec l'hivernage. Le panier de la ménagère est bien garni à moindre coût. En effet la saison des pluies oblige. On trouve abondamment du gombo frais, du piment, des feuilles vertes ainsi que des fruits de saison citées plus haut. Toute heureuse, Mme Traoré révèle qu'elle a même le choix entre le tamarin, le citron, la liane goïne (saba senegalinsis) ou « zaban » pour rehausser le goût de la bouillie ou la saveur des jus. Elle se souvient que l'année dernière elle ne pouvait pas se permettre ce luxe. « L'année dernière pour faire ma bouillie et le jus je déboursais entre 300 à 400Fcfa rien que pour le tamarin ou le citron, car le «zaban» n'était plus disponible sur le marché. Cette année avec moins de 100Fcfa j'ai obtenu une quantité qui peut me servir pendant deux jours » dit-elle. En plus de ces denrées abondantes au marché, Mme Traoré peut faire plaisir en achetant des oranges, de la papaye solo, de la mangue dont son mari raffole. En épouse avertie et sachant également que son mari ne consomme que des petits trucs notre maîtresse de maison ne lésine pas sur les moyens pour lui servir ce qu'il désire. Cette année elle dépense moins par rapport à ses budgets des ramadans passés. L'épouse dévouée n'est plus stressée à l'idée d'aller faire le marché. En bonne croyante, elle explique que cet état de fait lui permettra de conserver l'entente et la joie de vivre dans son foyer en ce mois béni. En effet, il est recommandé pendant ce mois aux deux époux de veiller à garder leur calme, à contrôler leurs émotions et leurs sautes d'humeur. Chacun doit réduire, autant que possible, les occasions de se disputer. gérer convenablement le budget. Le couple devient perspicace pour éviter les malentendus. Les incompréhensions bruyantes ou tacites ternissent les actes dévotionnels. Mme Traoré garde tout le sens de la mesure. Elle conseille aux autres femmes la retenue dans les dépenses. Ce mois se particularise par la montée en flèche des prix. L'épouse doit être soucieuse de gérer convenablement le budget de la famille. Elle doit tenir compte des capacités financières de son époux. « Certaines femmes imposent de longues listes de besoins. Elles alourdissent le fardeau de leurs conjoints, et le détournent des préoccupations les plus importantes. Ce comportement peut fatalement conduire à des disputes contre indiquées pendant ce mois de dévotion et de pardon», a conclu Mme Traoré. Comme notre première interlocutrice, Mme Touré Zenaï-nabou est heureuse et soulagée. Nous avons rencontré cette femme au marché d'Hamdallaye en commune IV. Munie d'un panier plein de condiments, elle était venue faire les achats pour préparer les repas prévus au menu de la coupure du jeûne et à l'aube. Mme Touré souligne que chaque année un budget spécial est voté par son mari pour faire face aux dépenses du mois béni. Comme dira l'autre «  A situation exceptionnelle des mesures exceptionnelles ». Les années passées un budget journalier de 5000 Fcfa était alloué à notre interlocutrice. La maîtresse de maison fait preuve de solidarité avec son mari. Les prix des denrées indispensables comme le tamarin ou le citron et bien d'autres n'ont pas grimpé. «  Non seulement les prix sont stables mais les produits sont disponibles en qualité et en quantité», selon Zenaïnabou. Elle a proposé à son époux de fixer ce budget à 4000 Fcfa. Cette somme permet même d'avoir des fruits comme le fruit du karité, des oranges et des mangues. Tel n'était pas le cas l'année dernière où tout était cher. Mme Touré avait de la peine à acheter juste ce qu'il faut. Nous sommes bien accueillis dans la famille Coulibaly. L'épouse Kany est très affairée dans la cuisine. Elle préparait du jus à base de « zaban » et de tamarin. Depuis plusieurs ramadans elle couvait le désir de servir ce mélange à son chef de famille à la fin de la journée de jeûne. Une recette qu'elle n'aurait jamais pu réussir n'eussent été la disponibilité et surtout le coût moins élevé des deux produits qu'elle utilise. Le « zaban » coûte entre 10 et 50 Fcfa l'unité selon la grosseur du fruit. Idem pour la mangue et l'orange. Mme Coulibaly est en train de concocter une salade de fruits à base de mangue, d'orange et de papaye. Une recette bien prisée par son conjoint et qui lui stimule selon elle, l'appétit. «  Mon mari n'a pas d'appétit lorsqu' il jeûne. Il boit de la bouillie au crépuscule et à l'aube. Mais il raffole des fruits. Il sera servi, cette année à moindre frais », se réjouit Mme Coulibaly. Tout Bamako prie pour que d'ici la fin du mois béni les prix ne grimpent et faussent les calculs des épouses dévouées et pieuses.

M. A. Traoré

DES CONSEILS PRATIQUES

Les personnes pratiquant le jeûne sont invitées à respecter quelques règles de base pour réduire au maximum les risques liés à la santé

Les musulmans du Mali ont commencé le jeûne mercredi dernier. Cela suppose que les pratiquants doivent se priver de manger et de boire de l'aube au coucher du soleil. Pour le bon déroulement du carême tout en conservant sa santé, il est indispensable pour le jeûneur de respecter certaines règles. Il est par conséquent important pour les uns et les autres de bien s'hydrater et de s’alimenter correctement au cours de la période de rupture du jeûne, car les journées sont plus longues et plus chaudes souvent en cette période d'hivernage. « Même si le temps est clément, le corps a besoin d'eau », argumente Dr Mamoutou Kané généraliste. Ce médecin recommande d'équilibrer l'alimentation. Les jeûneurs doivent éviter les aliments trop lourds qui perturbent l’organisme. Une alimentation saine riche en protéines et fruits doit être privilégiée, de même des aliments composés de sucres lents tels que les pâtes ou le riz. Le repas de l'aube qui scelle le jeûne peut également inclure des ½ufs. Si possible le jeûneur doit éviter les repas copieux. Il est conseillé, de dormir régulièrement et de bien s'hydrater. L’hydratation est essentielle dans la vie de tous les jours pour exploiter au mieux ses capacités physiques. Elle l’est encore plus pendant la période de jeûne. Cependant, conseille notre Toubib, il faut éviter de prendre le café, qui est un diurétique immediatement après la rupture du jeûne et avant la reprise. Il est aussi préconisé de boire à petites gorgées car l’eau peut rapidement couper l’appétit. Néanmoins il est primordial de boire au minimum 1,5 litre d’eau par jour, et ce de manière régulière. Pour ne pas s'affaiblir rapidement avertit le Dr Kané mieux vaut éviter le soleil et la chaleur et réduire les efforts trop importants. Le jeûne, est contre-indiqué pour un certain nombre de personnes sans avis médical. Les diabétiques doivent surveiller régulièrement leur taux de glycémie, s’hydrater en abondance et ne pas manger de sucreries sans avis médical. Le jeûne ne doit pas être la cause d'aggraver l’état de santé des personnes atteintes de pathologies. Les femmes enceintes ou celles qui allaitent, les personnes âgées, les patients atteints d’hypertension, de pathologies cardiaques ou d’asthme, des maladies gastriques sont le plus souvent exemptés de ramadan. Dans le cas contraire, ces malades doivent consulter leur médecin traitant en cas d’apparition de manifestations. Il est impératif pour une personne présentant un problème médical au cours d’une journée, et ne pouvant pas assumer un jeûne, de rompre immédiatement. Il reprendra après plusieurs jours, le temps nécessaire pour retrouver sa santé. Le toubib insiste sur le suivi de ces conseils. Ils favorisent le bon déroulement du ramadan et le bien être du jeûneur.

M. A. T

L'essor

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