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Ghana: un journaliste suscite le débat sur la liberté de la presse

Le rédacteur en chef d'un journal ghanéen a été libéré jeudi après avoir passé dix jours en prison sur ordre de la cour suprême parce qu'il avait critiqué la façon dont celle-ci gère la contestation du résultat de la dernière présidentielle.

Ken Kuranchie, rédacteur en chef du quotidien Daily Searchlight, a quitté la prison de Nsawam, à une quarantaine de kilomètres au nord d'Accra, jeudi matin, selon le porte-parole des prisons Francis Agyirey-Kwakye.

La cour suprême avait déclaré M. Kuranchie coupable d'outrage criminel la semaine dernière et l'avait condamné à 10 jours d'emprisonnement, un fait inhabituel dans un pays réputé pour avoir l'une des presses les plus libres du continent.

Sa détention a fait débat au Ghana sur la liberté d'expression, inscrite dans la constitution.

Pour les partisans de son emprisonnement, des critiques trop sévères sur la justice peuvent mener à des violences quand il s'agit des élections présidentielles, un sujet sensible.

Le NPP (Nouveau parti patriotique, opposition) a contesté les résultats de l'élection présidentielle de 2012, considérant que le scrutin qui a mené à la victoire du président John Dramani Mahama comportait des irrégularités et que son candidat, Nana Akufo-Ado, en est le véritable vainqueur.

Cette affaire a été très suivie par les médias, les délibérés de la cour étant diffusés en direct à la télévision et à la radio.

Sammi Awuku, un porte-parole du NPP, a été mis à la porte de la salle d'audience en juin par des juges énervés par ses critiques.

M. Kuranchie a alors publié un éditorial blâmant les juges pour avoir fait sortir M. Awuku. Le journaliste a été convoqué devant la cour puis envoyé en prison après avoir refusé de s'excuser.

Un porte-parole du NDC (Congrès démocratique national, au pouvoir) a aussi écopé de trois jours de prison pour des propos qu'il a tenus.

Tous deux ont été envoyés en prison pour avoir scandalisé la cour, une offense prise en compte par la loi sur l'outrage criminel, selon Kwame Karikari, directeur de la fondation des médias pour l'Afrique de l'Ouest, un groupe de réflexion basé à Accra.

Reporters sans frontières avait pourtant classé le Ghana comme le troisième pays d'Afrique en termes de liberté de la presse, derrière la Namibie et le Cap Vert.

Mais selon M. Karikari, les juges pensent que s'il autorisent trop de critiques quant à leur façon de gérer cette affaire, cela pourrait remettre en cause leur autorité et engendrer des violences.

Le Ghana, un pays de 25 millions d'habitants, est considéré comme un exemple de démocratie et de stabilité en Afrique de l'Ouest, mais selon l'opposition, la dernière présidentielle remet en cause cette réputation.

 

AFP

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