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N'Do Timothée, président du Conseil régional de la jeunesse du Centre-Ouest : « Quand je venais au CRJ-CO, je me suis fixé trois objectifs »

Très actif dans le domaine des mouvements associatifs, ses qualités et son leadership lui ont permis de se hisser à la tête du Conseil régional de la jeunesse du Centre-Ouest (CRJ-CO), et, ce depuis 2009 l'année de mise en place des Conseils régionaux de la jeunesse au Burkina Faso. Lui, c'est N'do Timothée, nous l'avons rencontré le jeudi 4 juillet 2013, au siège de la jeunesse, sis au côté sud-Est du Théâtre populaire de Koudougou offert par la mairie. Le fonctionnement du CRJ, ses difficultés, ses ambitions pour sortir la jeunesse Koudougoulaise et ses environs du chômage, sont entre autres, les questions que nous avons abordées avec lui au cours d'un entretien.

Justement, parlant de partenaires, quels sont ceux qui vous accompagnent ?

Comme vous l'avez si bien dit, aujourd'hui, nous sommes assis au siège du CRJ en train de faire cet entretien (Ndlr : l'entretien a eu lieu au siège, sis au Théâtre populaire de Koudougou). Donc je peux dire que c'est objectif qui a été atteint. Il a été équipé par le Conseil régional du Centre-Ouest avec 4 chaises, pour les deux directeurs, et l'électricité, qui est prise en charge par la mairie de Koudougou. Toute structure a besoin de savoir d'où elle vient et où elle va. Pour cela, nous avons élaboré un plan d'action où sont inscrits nos grands projets pour la jeunesse du Centre-Ouest. Dans son élaboration, nous sommes accompagnés par la « Coopération Suisse ». Le « Laboratoire Citoyenneté » nous accompagne aussi dans la gouvernance locale et la Cellule d'appui à la gestion des collectivités territoriales (CAGECT) intervient dans le domaine économique. Quant à Diakonia, il nous a déjà rassurés également. Au niveau, local, il y a la Direction régionale de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l'Emploi, le Conseil régional du Centre-Ouest et la mairie de Koudougou qui nous aident.

Vos difficultés ?

Elles sont d'ordres matériel et financier. Nous avons besoin de renforcer les capacités opérationnelles du CRJ avec des ordinateurs, des imprimantes, des photocopieuses. Il y a aussi le problème des cotisations des associations membres qui n'entrent pas. Pourtant ce sont les cotisations qui permettent à la structure de fonctionner en attendant d'avoir de grands moyens. Il arrive des fois que les jeunes viennent des autres provinces dans le cadre d'une activité du CRJ et au retour, il n'y a pas de transport. Et moi je suis obligé de payer les frais de ma « propre poche » ou encore, je vais négocier les transporteurs pour qu'ils puissent repartir.

Quelles sont les activités déjà réalisées par votre structure ?

Après le tour de prise de contacts suite à l'installation officielle du bureau du CRJ ; la première activité est celle de la conférence régionale sur les acquis des 8-mars, placée sous le thème : « les acquis des 8-mars antérieurs et implication de la jeune fille dans la vie associative ». La deuxième, est l'assemblée régionale de toutes les structures membres du CRJ. Cette assemblée a permis à la jeunesse du Centre-Ouest d'exprimer ses besoins à court et long termes. C'est sur la base de ces conclusions, que nous avons élaboré, notre Plan d'action.

Dans le but de faire connaître davantage le CRJ, la troisième activité a consisté à l'envoi de deux cents courriers aux élus et à tous les filles et fils de la région, ainsi qu'aux institutions locales et internationales. Je me souviens aussi que, l'installation a été diffusée sur la TNB et sur les ondes des radios locales. En outre, le CRJ dispose d'une adresse e-mail : [email protected], avec un site web en cours de création. Aussi, chaque fois que l'occasion se présente, nous avons toujours participé aux grandes rencontres tant au niveau national que local pour donner notre point de vue. Par ailleurs, nous avons une émission dénommée la « Voix de la jeunesse » que nous avons initiée en collaboration avec « Radio Palabre » qui a lieu tous les samedis de 17h à 18h, qui donne l'occasion aux jeunes de débattre sur des thèmes variés, de civisme, de citoyenneté, de paix et de chômage...

La première préoccupation de la jeunesse burkinabé et celle en particulier, du Centre-Ouest, est de trouver un emploi. Qu'est-ce que le CRJ va faire pour occuper les jeunes ?

Nous avons prévu des activités dans notre Plan d'action qui se situent à plusieurs niveaux. Notre objectif c'est de former dix jeunes dans chaque province et de les doter de matériel pour leur permettre d'être autonomes dans diverses activités. L'élevage de la volaille va concerner Léo et Sapouy, tandis que celui du porc sera confié à Koudougou et Réo, compte tenu des potentialités dont recèle chaque localité. Pour l'agriculture, notre slogan est : « il faut que les jeunes retournent à la terre, parce que la terre ne ment pas ». Et pour atteindre notre objectif, celui d'amener ces jeunes à faire carrière, nous allons d'abord les former en techniques agricoles. Ensuite les aider à avoir des terres propices à leurs activités, afin de produire suffisamment pour non seulement se nourrir, mais aussi vendre. Ils auront aussi, un soutien en intrants agricoles à prix subventionnés et des équipements. Enfin, la maraîcher-culture et l'exploitation du miel font aussi parties de nos ambitions. En effet, notre région a un potentiel fruitier, dont le secteur souffre malheureusement du manque d'organisation qu'il faut nécessairement mettre en place.

Vous venez d'égrener un nombre important de projets pour les jeunes. Est-ce que vous avez les moyens de votre politique ?

Je dirai que le premier moyen, c'est la volonté. Si les jeunes sont engagés, il faut maintenant aller à la recherche de l'argent pour financer les projets. Le document que nous avons élaboré sera soumis aux partenaires qui vont juger de sa pertinence. S'il se trouve que notre Plan d'action est convainquant, il n'y a rien qui puisse empêcher la concrétisation des projets de jeunes. Certes, le gouvernement a fait des efforts pour réduire le chômage, mais lui seul ne peut tout faire, il faut que les jeunes se mettent en tête que tout le monde ne peut être fonctionnaire donc, il y a lieu que nous aussi, nous jouions un rôle dans la réduction du chômage.

Quelle appréciation faites-vous de la première phase d'exécution du Programme spécial de création d'emplois (PSCE) pour les jeunes et les femmes ?

J'avoue que j'ai apprécié positivement ce programme. Mais au départ, nous avions eu beaucoup d'inquiétudes pour sa mise en ½uvre. On s'est d'abord posé la question de savoir si ce n'était pas à cause de la crise ? Franchement, sa mise en ½uvre a connu des difficultés, et pas des moindres. Néanmoins, le programme a permis une ouverture d'esprit des jeunes que nous sommes, avec l'initiation aux métiers professionnels comme le pré emploi, le stage. Il n'a pas été un échec car les débuts de tout programme enregistrent toujours des insuffisances. Le principal problème a été le manque de suivi-évaluation sur le terrain, par les structures en charges mais également, au niveau des bénéficiaires. Pour l'avenir, je souhaite que le programme soit réorienté de façon claire et fiable vers des secteurs précis.

Un mot pour clore cet entretien ?

Il faut que les jeunes se disent qu'il est possible à tous les niveaux de participer de façon efficace et responsable aux prises de décision. En outre, il faut qu'ils partent à la recherche de l'information parce qu'elle est capitale pour la vie. Que dirait-on d'un jeune qui n'est pas informé ? Je dirai qu'il est « déconnecté ». Aussi, je lance un appel aux autres structures associatives, aux étudiants, d'apporter leurs contributions à travers des critiques constructives. A la presse dans son ensemble, je demande de nous soutenir.

Entretien réalisé par Zanga Souleymane DAO [email protected]

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