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Gnissa Isaïe Konaté, Ministre de la recherche scientifique et de l'innovation « Le développement agricole n'a pas de sens sans recherche agricole »

Quelle est la part qui revient à la recherche, ce maillon très important pour augmenter la productivité agricole ?

Il est assez difficile de préciser avec exactitude la part du budget qui a été consacré à la recherche. Au Burkina nous avons un institut principal, l'INERA, qui s'occupe des recherches agricoles. Mais il y a aussi des recherches qui se mènent dans d'autres départements.

Nous n'avons pas à la date d'aujourd'hui le chiffre exact qui est consacré à la recherche agricole. C'est seulement avec le CNRST que nous avons quelques chiffres précis. A la période 2004-2011 l'allocation budgétaire de l'Etat à la recherche a été de 4 milliards par an. Il faut noter qu'il n'y a pas eu une continuité dans les efforts de l'Etat à ce secteur. Pendant 15 ans, de 1990 à 2005, il a investi environ 20 milliards de FCFA dans la recherche à travers un crédit qu'il a contracté auprès de la Banque mondiale. L'investissement a chuté à la fin du projet à partir de 2005, pour revenir à une somme modeste de 4 milliards de FCFA, destinée aux charges du personnel et des factures. Grosso modo, le financement de la recherche agricole tourne autour de 0,1% du PIB. Il faut reconnaître que depuis la création du Ministère de la recherche scientifique et de l'innovation, l'Etat a repris ses efforts de financement.

Le financement reçu vous permet-il d'atteindre vos objectifs ?

Bien sûr que non. Notre objectif général est que la recherche agricole en particulier, permette dans un délai raisonnable, de transformer qualitativement notre système productif. Il s'agit d'augmenter la productivité agricole, c'est-à-dire que la production par unité de surface s'accroisse. Il faut donc produire autrement que ce que l'on a fait jusqu'aujourd'hui. Cela inclus bien les variétés de semences qu'on utilise, l'amélioration du milieu de culture (les sols) et les moyens de travailler le sol pour qu'il puisse supporter la production sur le long terme. C'est cela l'agriculture durable. Il est évident que le financement actuel ne permet pas d'atteindre ces objectifs. Nous nous sommes attaqués à ce problème en créant un fonds national de la recherche et de l'innovation pour le développement que l'Etat a appuyé. Ce n'est que 250 millions par an, mais ma conviction est que ce n'est pas le volume d'argent qui fait le succès. C'est plutôt l'engagement des acteurs et la continuité dans le financement. En matière de développement de la recherche, il faut éviter les interruptions.

Quels sont vos attentes et suggestions en termes de financement public du secteur agricole dans les années à venir ?

Elles sont importantes et nous les mettons toujours en parallèle avec les missions qui nous sont confiées. Le secteur agricole ne peut pas décoller sans la recherche agricole. La recherche est l'un des moyens qui permette de faire de l'innovation. Logiquement une partie conséquente de ces 10,2% du budget devrait aller à la recherche, pour atteindre les 1% recommandés par certaines instances. Mais cela n'est pas le cas. Le financement de la recherche agricole peut venir de différents secteurs. Il est possible que le secteur agricole lui-même puisse financer la recherche agricole afin de bénéficier des résultats. C'est ce qui se passe avec le coton où la recherche est financée en grande partie par les sociétés cotonnières. C'est une possibilité mais vous me direz que ce sera difficile pour les producteurs burkinabè. C'est vrai.

Aussi en dehors du budget, on peut imaginer que l'Etat envisage des taxes para-fiscales pour le financement la recherche. Mais il faut que les financements reçus aient des retombées. Les partenaires techniques et financiers sont une autre voie, mais il est préférable que ce soit un financement d'appoint. Car leur financement généralement se fait sous forme de projet qui s'arrête en même temps que la fin du programme.

De même, au niveau des programmes de développement agricole, on peut se fixer comme objectif de consacrer un pourcentage à la recherche agricole. Les projets que la Banque islamique de développement finance aujourd'hui, elle exige que 10% aillent à la recherche. Car le développement agricole n'a pas de sens sans recherche agricole. Si au Burkina Faso on prélevait seulement 5% dans le budget des projets de développement rural pour la recherche agricole, nous n'aurions pas aujourd'hui de problème de financement.

Aussi en dehors du budget, l'Etat peut envisager des taxes para-fiscales pour le financement de la recherche. Le Burkina Faso dépense de nos jours 100 milliards de FCFA dans l'importation du riz, pourquoi ne pas prélever un certain pourcentage pour financer la recherche et exiger d'elle des résultats. Pendant longtemps, les gens ont pensé que la recherche était un luxe pour nos pays.

A chaque niveau de développement de la recherche, parce qu'aujourd'hui au Burkina, nous n'allons pas nous mettre à rechercher l'origine de l'univers. Nous avons besoins de nos jours d'une recherche qui permette de résoudre les nombreux problèmes de développement.

Propos recueilli par S.S.H
Sidwaya

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