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Commune rurale de Téma-Bokin : Une session budgétaire tourne au vinaigre

Tenue le mardi 9 juillet 2013, la première session budgétaire du conseil municipal de la commune rurale de Téma-Bokin, dans la province du Passoré, n'a pas connu un dénouement heureux. Elle a été interrompue par des jets de pierres d'une foule qui a exigé des conseillers de surseoir à la rencontre.

On savait déjà que des tensions existaient entre les partisans du Congrès pour la démocratie et le progrès(CDP) et l'Union pour la renaissance/parti sankariste (UNIR/S), les deux forces politiques de la commune rurale de Téma-Bokin, depuis les élections couplées du 2 décembre 2012. Une fois de plus, cette rivalité a été mise à nue, le mardi 9 juillet 2013, à l'occasion de la première session budgétaire du conseil municipal. En effet, la rencontre a été interrompue par des jets de pierres d'une foule qui, selon nos informations, a intimé les 63 conseillers municipaux présents à la rencontre, d'y renoncer.

A écouter le premier adjoint au maire, Rasmané Sankara, c'est au moment de l'appel que Michaïlou Bâ de l'UNIR/PS a pris la parole pour exiger l'arrêt de la session, qui de son avis, ne devrait pas se tenir sans concertation entre les deux camps. C'est suite à son intervention, a-t-il poursuivi, qu'une quarantaine de personnes a franchi le portail, leur réclamant de surseoir à la cérémonie. « Le mot d'ordre a été immédiatement suivi par certains conseillers de l'UNIR/PS qui se sont invités à vider la salle. Ensuite, ils nous ont ordonnés nous aussi du CDP de sortir. Au même moment, ils ont commencé à lancer des pierres dans la salle à travers les deux portes », a-t-il relaté.

Pour lui, le boycott a été commandité par le parti de l'½uf, afin de saboter la session : « ils sont manifestement venus pour nous empêcher de nous rencontrer ». Pourtant, a-t-il indiqué, les conseillers CDP ont refusé de se plier et la session a bel et bien eu lieu. Et de poursuivre que ce sont les forces de l'ordre qui ont finalement intervenu pour dispercer la foule.

Du côté du parti de l'½uf, les faits se sont passés autrement. Pour le président de la section UNIR/PS de Téma-Bokin, Ousmane Sawadogo, des militants du CDP étaient présents dans l'enceinte de la mairie bien avant le début de la cérémonie. « Quand nous sommes arrivés, nous les avons trouvés en grand nombre près du bâtiment qui doit abriter la cérémonie. Nous avons tous assisté à la furie de la foule qui a commencé à jeter des cailloux pour exprimer son opposition à la tenue de la rencontre », s'est-il défendu.

Cependant, a-t-il reconnu, Michaïlou Bâ a effectivement sollicité la parole pour inviter l'exécutif municipal à privilégier les concertations avant de tenir les rencontres. A l'entendre, il a même demandé aux contrôleurs financiers de se retirer et de ne revenir qu'après que les deux camps se soient donnés la main.

Un cas de décès, des causes divergentes

Mais à en croire M. Sawadogo, les forces de l'ordre étaient sur les lieux avant même le début de la session. Après les échauffourées, la séance a été levée a-t-il affirmé. A ses dires, la gendarmerie leur a recommandé de choisir trois témoins qui viendront s'assurer de l'effectivité de l'arrêt de la rencontre, contrairement aux propos du premier adjoint au maire qui a soutenu la continuité de la rencontre malgré les jets de pierres.

Au-delà de cet incident regrettable, un cas de décès est à noter. Celui du vice-président du Conseil villageois de développement (CVD) de Téma, Ali Sawadogo, village situé à sept kilomètres de Bokin . Pour M. Sankara, le défunt est membre du conseil communal de l'eau et se trouvait dans la salle au moment des faits. « Il profite des rencontres de ce genre pour donner aux conseillers les rudiments sur les questions d'assainissement... », a-t-il expliqué. A l'en croire, il a dû quitté la cérémonie pour éviter de se faire lapider. « J'ai été interpellé quelques temps après qu'il s'est affaissé au milieu de la cour et nous l'avons amené à l'hôpital et les premiers soins lui ont même été administrés. Malheureusement, il a succombé », a-t-il poursuivi.

« Faux », a rétorqué Ousmane Sawadogo. Selon lui, le regretté était bien loin de la salle de la session : « Il n'était pas à la rencontre. Il était à quelques mètres comme beaucoup d'autres personnes. Peu après, il s'est écroulé avant d'être transporté d'urgence à l'hôpital ». Joint au téléphone, le président des jeunes de l'UNIR/PS, Ali Ouédraogo, a confirmé les propos de M. Sawadogo. Il a également mentionné qu'il a été mis sous perfusion. En plus, il a ajouté que le médecin traitant a révélé un cas de paludisme aggravé.

Selon M. Sawadogo, il se susurrait dans la ville que l'ex vice-président du CVD de Téma souffrait d'hypertension artérielle. Toutefois, à la gendarmerie, au commissariat de police comme au Centre de santé où le sieur Ali Sawadogo a perdu la vie, aucune information n'a filtré.

Pour l'instant, les deux camps se regardent en chiens de faïence. L'un souhaitant que l'autre face profil bas afin d'engager des concertations dans le sens de pacifier les relations tendues qui existent entre eux.

Asdara SAWADOGO
Sidwaya

Le Faso

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